Rendez-nous leurs voix
Je pense que ce que j’écris tout haut, plus d’un doit le penser tout bas.
Il y a des hommes, des leaders, de vrais, qui nous manquent chaque jour et à chaque instant fatidique. Ce sont les martyrs de l’indépendance qui même au-delà de la mort continueront de nous inspirer. Pour ma part, celui dont « la voix défie la mort » est la personne dont le discours et les idées me manquent chaque jour… J’en appelle aux médias, surtout télévisés, qui contribuent indirectement à étouffer la voix des martyrs. Au lieu d’assourdir les spectateurs avec les voix de certains politiciens dont la teneur du discours est aussi pauvre que leurs stratagèmes et manigances, les médias devraient jouer un rôle plus actif et plus stratégique, qui va dans le sens du havre de souveraineté auquel tous les vrais Libanais aspirent.
Rendez-moi Gebran et ses idées lancées dans le cadre d’émissions télévisées, que j’aimerais écouter au moins une fois par semaine. Rendez-moi Samir, Pierre et les autres. Matraquez-nous avec la profondeur de leurs discours et l’honnêteté de leurs débats télévisés.
C’est alors que j’allumerai plus fréquemment mon poste télé, que je garde éteint par répit pour mon intelligence, qu’essaient d’insulter en vain certains.
Muriel MATTA
Limassol
Lettre à Monsieur Bush
Vos petits protégés israéliens, jeunes gens sympathiques au visage d’angelot, ont détruit mon pays, massacré des enfants et sont sortis vaincus, un grand sourire aux lèvres en faisant le signe de la victoire. Véritable révélation cet été 2006 où je compris tout le sens du mot « terroriste ». Il paraît que les petits chérubins, encore traumatisés, ont besoin de récupérer. En attendant, nous sommes très flattés de vous voir appuyer avec véhémence le gouvernement Siniora. Devrions-nous comprendre devant tant d’insistance que vous comptez sur nous pour poursuivre la guerre inachevée de vos enfants chéris ? Alors s’il vous plaît, Monsieur Bush, dans vos prochaines livraisons de munitions, n’oubliez surtout pas d’ajouter les armes phosphoriques et les bombes à l’uranium. Quant au nombre de plus en plus grand d’enfants libanais atteints de leucémie et de cancer de la peau, nous comptons sur votre indéniable générosité et vos dons financiers pour leur venir en aide. Mille mercis Monsieur le Président…
Comment ? Il y a un insoumis tout d’orange vêtu qui déjoue vos plans et vous défie ? N’est-il pas en train, au contraire, de jouer votre propre jeu, Monsieur le Président ? Intégrer le Hezb dans le système, lui donner des droits, l’occuper, n’est-ce pas le détourner de vos alliés israéliens ? Et du même coup, n’est-ce pas nous éviter à nous, malheureux Libanais, pris au piège, un conflit confessionnel imminent ? Ne nous abandonnez pas, M. Bush, de grâce ! Tout le monde sait que vous êtes un scénariste et un manipulateur accompli. Face à vous, cet insoumis orange ne fait pas le poids. Vous finirez bien par lui faire endosser vos prévisibles échecs. Et vous réussirez comme d’habitude à vous approprier la sauvegarde du Liban, la victoire, le succès. Non, personne ne peut vous voler la vedette. Et je parie que d’ici à la fin de votre mandat, pour avoir tracé le destin de tant de pays, pour avoir transformé le Moyen-Orient en un paradis de rêve, on finira par vous décerner un superprix Nobel de la paix.
Nohad FARHAT
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