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Actualités - Opinion

CITOYEN GROGNON Conviviales soirées

Les soirées conviviales à la libanaise se clôturent inévitablement par d’interminables discussions politiques, où l’on manie, sans art aucun, la critique, l’ironie, le dénigrement même. Où l’on finit par se disputer jusqu’à l’insulte, même entre amis de longue date. Il y en a toujours un, ou une, qui accapare la conversation pour se lancer dans une diatribe contre tel ou tel politique. Et puis un, ou une autre, qui lui tient le crachoir et finit par monter au créneau face au reste des convives, médusés. On lance alors des accusations sans avancer la moindre preuve. On crache sa haine avec venin. On emploie les mêmes rengaines stéréotypées, la même et sempiternelle langue de bois que l’on reproche tant à nos chers politiciens. L’on est contre celui-ci. L’on est contre celui-là. L’essentiel est d’être contre, tout simplement. L’objectif est de détruire, de saper, sans comprendre, sans aller de l’avant. La soirée s’anime, s’envenime plutôt. Les amis de toujours en arrivent à se dévisager avec méfiance. Avec mépris parfois. Le ton monte. Il y a de l’électricité dans l’air. « Comment peut-il être de tel bord ? » se demande-t-on. « Comment pouvez-vous être aussi aveugle ? » répond l’autre. La faille se dessine et s’élargit. Elle sépare ces mêmes amis de toujours, ces mêmes proches, ces mêmes familles, comme elle le fait chaque jour un peu plus, de manière insidieuse. Un véritable gâchis ! Lassés, certains finissent par décrocher, par discuter chiffons, enfants, santé ou par raconter des blagues, histoire de détendre quelque peu l’atmosphère. Imperturbables, les autres poursuivent inlassablement leurs querelles de chiffonniers, crachant sans discontinuer leur rejet de l’autre, jusqu’à vous en donner la nausée. Au nom de je ne sais quelle appartenance politique, les amis de toujours se transforment en ennemis jurés. La soirée tire à sa fin. On se quitte d’un air pincé, se serrant à peine la pince, s’embrassant du bout des lèvres, le cœur plein de rancœur. N’avait-on réellement aucun projet constructif à partager ce soir-là ? Dur, dur de réaliser que l’on n’a absolument rien appris du passé ! Anne-Marie EL-HAGE

Les soirées conviviales à la libanaise se clôturent inévitablement par d’interminables discussions politiques, où l’on manie, sans art aucun, la critique, l’ironie, le dénigrement même. Où l’on finit par se disputer jusqu’à l’insulte, même entre amis de longue date.
Il y en a toujours un, ou une, qui accapare la conversation pour se lancer dans une diatribe contre tel ou tel politique.
Et puis un, ou une autre, qui lui tient le crachoir et finit par monter au créneau face au reste des convives, médusés.
On lance alors des accusations sans avancer la moindre preuve. On crache sa haine avec venin. On emploie les mêmes rengaines stéréotypées, la même et sempiternelle langue de bois que l’on reproche tant à nos chers politiciens.
L’on est contre celui-ci. L’on est contre celui-là. L’essentiel est...