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Tchourkine tient-il vraiment à la vérité ?

L’affaire avait commencé par une lettre adressée par le délégué permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vitali Tchourkine, à Serge Brammertz, le chef de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri. Le diplomate russe, dont le pays assure la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, demandait à M. Brammertz de connaître quels sont les dix pays qui ont refusé de coopérer avec la commission. La proposition de M. Tchourkine a rencontré une opposition de la part de onze pays membres du Conseil, dont les États-Unis et la France. Une source diplomatique au palais Bustros s’est étonnée de la requête présentée par M. Tchourkine. En vérité, plusieurs pays européens et arabes n’ont pas livré d’informations à la commission, certains pour protéger leurs réseaux d’informateurs, d’autres pour des raisons relatives à leur système judiciaire qui refuse de livrer pareilles informations. Que veut véritablement M. Tchourkine ? Très probablement, la Russie cherche à embarrasser les États-Unis, qui détiennent des photos du crime prises par satellite, et la France, qui abrite sur ses territoires le témoin-clé dans l’affaire, Mohammad Zouheir es-Siddiq. En renversant l’équation, si M. Brammertz acceptait de collaborer avec le diplomate russe et répondait à sa réponse, cela poserait un point d’interrogation sur la discrétion de la commission et mettrait sa crédibilité en jeu. Ce n’est donc pas sans raison que la proposition Tchourkine a échoué à New York. Si elle devait faire avancer l’enquête, Serge Brammertz l’aurait fait sienne il y a belle lurette. Khalil FLEYHANE

L’affaire avait commencé par une lettre adressée par le délégué permanent de la Russie auprès de l’ONU, Vitali Tchourkine, à Serge Brammertz, le chef de la commission d’enquête internationale sur l’assassinat de Rafic Hariri.
Le diplomate russe, dont le pays assure la présidence du Conseil de sécurité de l’ONU, demandait à M. Brammertz de connaître quels sont les dix pays qui ont refusé de coopérer avec la commission.
La proposition de M. Tchourkine a rencontré une opposition de la part de onze pays membres du Conseil, dont les États-Unis et la France.
Une source diplomatique au palais Bustros s’est étonnée de la requête présentée par M. Tchourkine. En vérité, plusieurs pays européens et arabes n’ont pas livré d’informations à la commission, certains pour protéger leurs réseaux...