Petites annonces
Si la situation actuelle venait à persister, voici les annonces que l’on pourrait lire dans nos journaux :
Offres d’emploi
- École au Metn cherche maîtresse pour expliquer aux moins de 10 ans la politique contemporaine au Liban.
- Fabricant de valises pour jeunes Libanais émigrants cherche responsable marketing.
- Société de transport demande conducteur de bus pour transporter manifestants déchaînés.
- Ambassade occidentale recrute secrétaire pour accueillir demandeurs de visa.
- Parti politique cherche société de sondage capable de calculer avec précision la majorité populaire libanaise.
Demandes d’emploi
- Jeune Libanais, à voix de stentor, capable d’animer des manifestations géantes. Prix spécial pour les manifestations « millionnaires ».
- Fabricant de drapeaux géants, à prix très réduits, avec une offre spéciale pour chaque deux drapeaux de partis alliés : le troisième est gratuit.
- Docteur en psychologie appliquée à l’économie demande emploi pour remonter le moral de toute personne ayant investi au Liban ces dernières années.
Khalil CHÉHADÉ
Majorité et minorité
Que le monde entier soutienne le gouvernement libanais, c’est là notre grande fierté, la communauté internationale s’étant enfin penchée sur notre petit pays, qui a subi durant plus de quatre décennies les influences néfastes de ses voisins et frères, y compris syrien, n’en déplaise à certains (voir la lettre de Fadi Majid Hassoun du 14 décembre 2006).
Oui, le CPL a perdu en popularité, surtout après son alliance avec un Hezbollah qui a entraîné le pays dans une guerre aussi stérile que néfaste, dont le seul résultat a été de détruire notre infrastructure et notre économie.
En pays démocratique comme le nôtre depuis 2005, jamais opposition n’a pu prétendre représenter la majorité, étant minoritaire par définition. Pour être logiques et nous baser sur des chiffres, nous ne pouvons que nous référer aux dernières élections législatives, tenues pour légales et constitutionnelles, et auxquelles tous les partis ont participé, y compris le Hezbollah et le CPL. Quant à exiger des législatives anticipées à chaque renversement d’alliances au sein du Parlement (surtout si c’est pour satisfaire des ambitions personnelles, être élu président par exemple...), cela reviendrait à organiser une trentaine de scrutins pendant la durée de chaque législature.
Joseph Salim ABILLAMA
Le monde parfait de Gandhi
Soyons positifs. Il semblerait, à froid, que l’apprentissage de la démocratie au Liban relève, encore d’un processus semé d’embûches car au concept élémentaire de manif se greffe le spectre menaçant d’une guerre civile. Normal, avec la peur que ceux qui manifestent au nom de la démocratie ne soient pas à la hauteur de ce concept dans son application quotidienne et globale.
Aujourd’hui, au-delà d’une vision simpliste de deux courants clairs et nets, ceux pour et contre, et de la surenchère médiatique, des déchaînements puérils des uns et des autres, le citoyen a de plus en plus conscience de l’enjeu et ne veut plus être manipulé. Tout le monde sait que l’on essaye de monter tous les Libanais les uns contre les autres, chrétiens entre eux et musulmans entre eux, pour ensuite les scinder en mille autres morceaux. Et tout le monde sait que le crime profite aussi bien à la Syrie qu’à Israël, preuve en est que les voilà tous les deux qui montent au créneau pour prendre le parti de l’un contre l’autre et donc nourrir la rancœur entre les belligérants. Si, de plus, tout le monde voit dans ces turbulences un essai de plonger le Liban dans un nouvel Irak, pourquoi personne ne réagit-il pas ? Il semblerait que cela implique une nouvelle prise de conscience et, le mot est simple, il s’agit de confiance.
« Laisse tomber ton épée et tu n’auras plus peur », avait dit Gandhi dans son monde parfait…
Nayla H.
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