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Actualités - Opinion

Au nom du peuple…

En cette première chronique de la nouvelle année, c’est d’avenir, d’espérance que j’aurais voulu vous entretenir, d’un avenir radieux, lumineux, d’un Liban réhabilité, réconcilié avec lui-même et avec les autres. En cette première chronique de la nouvelle année, c’est du retour à la sagesse du cœur, du réveil des consciences, de la lucidité des esprits que j’aurais voulu vous parler. Des retrouvailles au service d’une même cause, une unité qui puise sa force de la reconnaissance même des erreurs, des abus, des infamies passées. Mais les jours, les mois s’égrènent et rien ne change : à un bien triste décembre succède un janvier encore plus morose, et les cassandres officient en toute impunité, annonçant, sur un ton presque jubilatoire, les catastrophes, les désastres à venir. Une logorrhée intarissable qui déverse son poison à longueur de journée, qui inonde de ses relents nauséabonds les plateaux de télévision, les colonnes des journaux. Une nuisance délibérée qui séquestre toute une population, qui prend en otage le poumon du pays et qui menace d’en paralyser tous les organes, toutes les institutions. Tout cela pour des raisons aléatoires, hasardeuses, au nom de causes qui n’ont de consistance que par les mensonges qui leur sont accolés, les manipulations dont elles sont l’objet. Les cibles changent, l’objectif reste le même : hier, c’était le tribunal international ; aujourd’hui, c’est Paris III ; demain, cela pourrait être la Finul-bis. Un même objectif, une même ligne de conduite : une mobilisation qui se dit par le peuple et pour le peuple, et qui n’ambitionne, tenez-vous bien, qu’à paralyser les institutions supposées assurer les services à ce même peuple. Pauvre multitude mise à toutes les sauces, embrigadée dans des batailles souvent chimériques, menées par des Don Quichotte en manque de moulins à vent. Le rassemblement du centre-ville ? Un happening qui ne veut pas dire son nom, un rapt flagrant de l’intérêt public, une atteinte éhontée aux propriétés privées. « La nuisance de la place Riad el-Solh doit être immédiatement stoppée. » Ces propos, c’est l’ancien Premier ministre Sélim Hoss qui les a tenus, un Sélim Hoss qui ne peut être suspecté d’aucune complaisance à l’égard du gouvernement et dont l’avis est certainement partagé par l’écrasante majorité de l’opinion publique. Et ce n’est évidemment pas la CGTL, minée par ses divisions, pourrie par ses assujettissements politiques, qui peut se targuer de refléter la réalité sociale du pays. En se lançant dans l’engrenage des sit-in à motivation politique, la CGTL détruit ce qui lui reste de crédit, de représentativité. Qu’il y ait une crise socio-économique, cela personne ne le conteste : l’évidence frappe tous les jours aux portes des classes les plus démunies, victimes des appétences politiques de leurs meneurs, des conséquences dramatiques de la guerre de juillet. Et c’est précisément pour remédier à cette situation catastrophique que se tient Paris III, une conférence qui a pour but d’oxygéner un pays au bord de la banqueroute. Ruer dans les brancards comme le fait la CGTL et ses mentors politiques, c’est plus que cracher dans la soupe, c’est rejeter délibérément la main tendue de la communauté internationale, dans toutes ses composantes, c’est mordre cette même main qui a voulu nous aider à démasquer les assassins qui nous tuent, l’un après l’autre, depuis des années ; des assassins que certaines parties ne veulent pas voir identifiés parce qu’elles connaissent probablement leur identité et qu’elles veulent les protéger. Que cesse donc la « victimisation » dans laquelle se complaisent les détracteurs d’un État fort et souverain. La ficelle est devenue trop grosse et les mensonges ne trompent plus personne : les victimes, les véritables victimes sont les gens ordinaires, les anonymes, ceux qui ont perdu leurs emplois, leurs maisons à cause de l’aventurisme des uns, de l’irresponsabilité des autres, ceux qui ont perdu tout espoir dans un avenir meilleur. Les victimes sont tous ceux qui suivent régulièrement, en de tragiques processions, les cercueils des martyrs tombés sous les balles des assassins pour que vive le Liban. Transcendant son immense douleur, Amine Gemayel a trouvé, dimanche, les mots justes et simples pour exprimer le désarroi général, mais aussi l’attente de tous, un appel du cœur pour que s’arrête la violence, pour que les parties antagonistes reprennent le chemin du dialogue, reviennent à la table des négociations. Tribunal international, Paris III, tout peut être discuté, tout peut être examiné dans le forum adéquat : l’hémicycle parlementaire. Que Nabih Berry assume donc les responsabilités qui sont les siennes et redonne vie à l’Assemblée nationale. Dans le cas contraire, ce serait la voie ouverte à l’escalade, à la loi de la jungle, celle qui ne connaît ni justice ni État de droit. Mais dans l’embarcation où ont pris place les ténors de l’opposition, y a-t-il encore quelqu’un à même de redresser le gouvernail, ou est-ce le pilotage automatique, enclenché dès le départ au pays d’origine, qui décide de la direction à prendre ? Nagib AOUN
En cette première chronique de la nouvelle année, c’est d’avenir, d’espérance que j’aurais voulu vous entretenir, d’un avenir radieux, lumineux, d’un Liban réhabilité, réconcilié avec lui-même et avec les autres.
En cette première chronique de la nouvelle année, c’est du retour à la sagesse du cœur, du réveil des consciences, de la lucidité des esprits que j’aurais voulu vous parler. Des retrouvailles au service d’une même cause, une unité qui puise sa force de la reconnaissance même des erreurs, des abus, des infamies passées.
Mais les jours, les mois s’égrènent et rien ne change : à un bien triste décembre succède un janvier encore plus morose, et les cassandres officient en toute impunité, annonçant, sur un ton presque jubilatoire, les catastrophes, les désastres à venir.
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