Décortiquant le « phénomène Aoun » tel qu’il s’exprime aujourd’hui, Samir Frangié déplore que la logique en œuvre sur le plan chrétien soit actuellement « une logique de minorité qui s’exclut de tout rôle aux niveaux national et régional ». « Cette mentalité de minoritaire n’est pas dans la tradition maronite au Liban. En 1920, les chrétiens ont fait le choix d’un Liban multiconfessionnel alors que partout dans le monde, à l’époque, les minorités réclamaient des foyers nationaux. En 1943, ils ont fait le choix de l’indépendance et de la rupture du cordon ombilical qui les liait à la France. En 1989, ils ont fait le choix de réenvisager un avenir commun avec l’islam. Cette tendance, qui fait que les chrétiens du Liban sont les seuls dans le monde arabe à jouer un rôle politique, est battue en brèche par cette logique qui s’apparente à une logique de secte. Mais la réaction qui se dessine dans le milieu chrétien par rapport à cette situation est très forte », indique M. Frangié. Or, selon lui, « le général Aoun s’est retourné contre l’esprit du courant qui s’était créé en son absence au Liban, qui était une dynamique moderne, courageuse, ouverte sur le monde, transcommunautaire ». « Peut-être que cette régression était inévitable. Les gens s’étaient arrêtés à deux épisodes dramatiques : 1990, le 13 octobre et l’exil du général, et 1994, l’incarcération de Samir Geagea. Il était peut-être nécessaire, dans une thérapeutique psychanalytique, de revenir en arrière pour revivre tout cela et dépasser ce traumatisme. Or, j’ai le sentiment que nous sommes en train de dépasser tout cela, et ce, pour la première fois, notamment grâce aux débats initiés par le synode maronite, dont les positions sont extrêmement courageuses et modernes », dit-il. En d’autres termes, la réintégration dans le système de MM. Aoun et Geagea est en train de permettre une reprise de contact avec la réalité de la part de l’inconscient collectif chrétien.
Décortiquant le « phénomène Aoun » tel qu’il s’exprime aujourd’hui, Samir Frangié déplore que la logique en œuvre sur le plan chrétien soit actuellement « une logique de minorité qui s’exclut de tout rôle aux niveaux national et régional ». « Cette mentalité de minoritaire n’est pas dans la tradition maronite au Liban. En 1920, les chrétiens ont fait le choix d’un Liban multiconfessionnel alors que partout dans le monde, à l’époque, les minorités réclamaient des foyers nationaux. En 1943, ils ont fait le choix de l’indépendance et de la rupture du cordon ombilical qui les liait à la France. En 1989, ils ont fait le choix de réenvisager un avenir commun avec l’islam. Cette tendance, qui fait que les chrétiens du Liban sont les seuls dans le monde arabe à jouer un rôle politique, est battue en...
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