Réfutant tous les arguments relatifs au tiers de blocage et à la participation au pouvoir avancés par l’opposition, Samir Frangié enchaîne sur le caractère anachronique du discours de Naïm Kassem le 10 décembre dernier. « Le discours de cheikh Kassem n’a cours qu’à Téhéran. Il est tout à fait idéologique et appartient à une ère révolue. Le monde d’aujourd’hui n’est plus divisé en blocs idéologiques : il n’y a plus le bien d’un côté et le mal de l’autre. Les États-Unis sont une force politique qu’il faut prendre en considération. Ils commettent des erreurs sur certains aspects et, dans d’autres, ils jouent un rôle positif. Cette logique binaire, qui est à l’origine de tous les radicalismes et de toutes les violences dans le monde, le Liban l’a dépassée depuis longtemps. Et le discours parallèle de Michel Aoun est un discours revendicatif qui ne justifie en rien toute cette dynamique insurrectionnelle. Le fait d’avoir deux discours aussi différents montre à quel point ce mouvement de protestation ne repose sur rien de véritablement solide », note-t-il.
Samir Frangié se livre ensuite à une analyse comparée entre le 14 mars 2005 et le 10 décembre 2006 sur le plan sociologique, relevant la dichotomie entre l’individualité génératrice du printemps de Beyrouth et le retour à une logique réductionniste, fondée sur une fusion entre l’individu, la communauté religieuse, le parti et le culte du chef charismatique, qui se manifeste actuellement. « Au printemps de Beyrouth, les gens sont descendus dans la rue sur base d’une décision individuelle. Il y a eu émergence, pour la première fois dans l’histoire du Liban, d’une opinion publique. Là, nous sommes dans un phénomène de symbiose entre le peuple et son chef, où le choix de la cause est moins important que la défense de celui qui incarne cette cause. Souvent, on finit par sacrifier la cause au profit du personnage qui prétend l’incarner », dit-il.
Réfutant tous les arguments relatifs au tiers de blocage et à la participation au pouvoir avancés par l’opposition, Samir Frangié enchaîne sur le caractère anachronique du discours de Naïm Kassem le 10 décembre dernier. « Le discours de cheikh Kassem n’a cours qu’à Téhéran. Il est tout à fait idéologique et appartient à une ère révolue. Le monde d’aujourd’hui n’est plus divisé en blocs idéologiques : il n’y a plus le bien d’un côté et le mal de l’autre. Les États-Unis sont une force politique qu’il faut prendre en considération. Ils commettent des erreurs sur certains aspects et, dans d’autres, ils jouent un rôle positif. Cette logique binaire, qui est à l’origine de tous les radicalismes et de toutes les violences dans le monde, le Liban l’a dépassée depuis longtemps. Et le discours...
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