Les forces irakiennes et américaines s’apprêtent à lancer une offensive, au moins limitée dans un premier temps, contre les miliciens chiites de l’Armée du mehdi du jeune imam radical Moqtada Sadr, a-t-on appris hier de source gouvernementale à Bagdad. Les hommes se réclamant de Sadr sont considérés par le Pentagone comme la menace la plus importante contre la sécurité en Irak. Les sunnites les accusent pour leur part d’alimenter la violence intercommunautaire et d’être manipulés par l’Iran. Plusieurs responsables gouvernementaux chiites laissent eux aussi percer leur impatience vis-à-vis des exactions attribuées à ces miliciens. « Ils mettent en péril tous nos efforts et nos réalisations », s’est plaint un dirigeant de l’alliance chiite qui domine le gouvernement de Nouri al-Maliki.
« Les Américains veulent la guerre avec l’Armée du mehdi car ils veulent se débarrasser de cette milice. Il semble qu’ils vont réussir à en avoir une », confiait ainsi un diplomate occidental qui n’est ni américain ni britannique. « Ces gens ne comprennent que le langage de la force et c’est ce qu’ils vont avoir. On n’a pas encore décidé d’une bataille décisive, mais des opérations limitées viennent de débuter », confirmait-on de source gouvernementale irakienne. « Il y aura des opérations limitées et ciblées contre les membres de l’Armée du mehdi. Le terrain réserve des surprises, mais il faut s’attendre à des opérations autour du 5 janvier. Je ne peux en dire plus », a déclaré pour sa part à Reuters un responsable de l’alliance au pouvoir.
L’Armée du mehdi a mené à deux reprises en 1994 des soulèvements contre l’occupation américaine, mais s’était ralliée depuis au processus de normalisation politique encouragé par Washington. Toutefois, depuis la rencontre entre Maliki et George Bush, et la prorogation par l’ONU de la présence américaine, le mois dernier, les ministres et députés de « sadristes » se tiennent à l’écart des institutions. Maliki a en outre promis à de multiples reprises depuis sa prise de fonctions, il y a huit mois, de dissoudre les milices. Mais le Premier ministre, qui doit son poste au soutien de Sadr, passe pour chercher une solution négociée avec le jeune imam, qui exige un calendrier de retrait américain. Nassar al-Roubaïé, chef du groupe de Sadr au Parlement, a d’ailleurs déclaré à Reuters que son courant travaillait avec les autres groupes chiites à un tel projet de calendrier. « Cela aiderait à mettre fin à notre boycottage », a-t-il précisé.
Roubaïé a déclaré que Sadr n’avait pas l’intention de se laisser entraîner dans l’affrontement que souhaite, selon lui, l’état-major américain. Mais pour d’autres dirigeants chiites, Sadr n’a d’autre choix que de se dissocier clairement des chefs « militaires » de sa milice, qu’il a déjà désavoués dans le passé, sans pour autant convaincre de sa sincérité.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les forces irakiennes et américaines s’apprêtent à lancer une offensive, au moins limitée dans un premier temps, contre les miliciens chiites de l’Armée du mehdi du jeune imam radical Moqtada Sadr, a-t-on appris hier de source gouvernementale à Bagdad. Les hommes se réclamant de Sadr sont considérés par le Pentagone comme la menace la plus importante contre la sécurité en Irak. Les sunnites les accusent pour leur part d’alimenter la violence intercommunautaire et d’être manipulés par l’Iran. Plusieurs responsables gouvernementaux chiites laissent eux aussi percer leur impatience vis-à-vis des exactions attribuées à ces miliciens. « Ils mettent en péril tous nos efforts et nos réalisations », s’est plaint un dirigeant de l’alliance chiite qui domine le gouvernement de Nouri al-Maliki.
« Les Américains...