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Actualités - Reportage

Assassinats en série en Russie

En Russie, il ne fait clairement pas bon s’opposer au régime. Cette année, les meurtres se sont enchaînés, rappelant les tristes années 70 et 80, quand l’exécution des dissidents était commune. Cette année, la série noire a débuté le 13 septembre, avec l’assassinat d’un responsable de la Banque centrale de Russie, Andreï Kozlov. Ce dernier faisait un métier à risques puisqu’il était en charge de la lutte contre la criminalité financière. Quelques semaines plus tard, le 7 octobre, ce fut au tour d’Anna Politkovskaïa de tomber sous les balles d’un assassin qui l’attendait dans son immeuble. Anna Politkovskaïa faisait également un métier dangereux. Journaliste dont la célébrité dépassait largement les frontières russes, elle affichait clairement son opposition au régime de Vladimir Poutine et n’hésitait pas à dénoncer les exactions commises par les forces prorusses en Tchétchénie. Alors que de nombreux journalistes, soumis à de terribles pressions, avaient renoncé à s’opposer à la politique de Poutine, Politkovskaïa continuait, malgré les risques, à faire son métier comme elle l’entendait. Un engagement qu’elle a payé de sa vie. Après la célèbre journaliste, ce fut de nouveau au tour d’un banquier d’être tué. Quelques semaines après Politkovskaïa, Alexandre Plokhin, un des responsables de la Banque du commerce extérieur, la VTB, était assassiné. Puis ce fut Alexandre Litvinenko, empoisonné au polonium 210. Une affaire rocambolesque, allant de l’Angleterre à la Russie, en passant par l’Allemagne. Une affaire dont un écrivain avait affirmé que s’il l’avait proposée en scénario à un éditeur, ce dernier lui aurait ri au nez. À chacun de ces assassinats, dont on ne sait qui les a commandités, ni s’ils ont un lien entre eux, le Kremlin est égratigné et l’image de Vladimir Poutine altérée. D’où les différentes interprétations et analyses : des assassinats commandités par des proches du Kremlin pour faire taire les voix dissidentes, des meurtres organisés par des extrémistes, allergiques à tout ce qui pourrait remettre en cause la grandeur russe... L’on peut encore penser à des actes isolés, chacune des personnes assassinées ayant en effet de nombreux ennemis qui pouvaient leur en vouloir à mort. On peut enfin imaginer un scénario selon lequel ces assassinats, pour les plus médiatiques du moins, visent à fragiliser Poutine. Quel que soient les commanditaires des crimes, le résultat est le même : l’image de la Russie en ressort passablement écornée. L’on savait qu’en matière de démocratie, la Russie n’était pas un modèle. En 2006, elle relevait carrément de l’État mafieux.
En Russie, il ne fait clairement pas bon s’opposer au régime. Cette année, les meurtres se sont enchaînés, rappelant les tristes années 70 et 80, quand l’exécution des dissidents était commune.
Cette année, la série noire a débuté le 13 septembre, avec l’assassinat d’un responsable de la Banque centrale de Russie, Andreï Kozlov. Ce dernier faisait un métier à risques puisqu’il était en charge de la lutte contre la criminalité financière. Quelques semaines plus tard, le 7 octobre, ce fut au tour d’Anna Politkovskaïa de tomber sous les balles d’un assassin qui l’attendait dans son immeuble.
Anna Politkovskaïa faisait également un métier dangereux. Journaliste dont la célébrité dépassait largement les frontières russes, elle affichait clairement son opposition au régime de Vladimir Poutine et...