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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Ma terre n’est pas à vendre Une situation paranoïaque et des acteurs schizophrènes, qui entraînent dans leur sillage tout un pays et une foulée d’échéances. Voilà le bilan. Mais l’on se demande : qui donne le droit de prendre le pays en otage et son peuple en bouclier ? Qui donne le droit d’investir les rues et d’y installer des quartiers généraux permanents ? Qui donne le droit de paralyser les institutions, les compagnies et les commerces, mettant des milliers de personnes au chômage forcé ? Qui donne le droit de jongler avec l’économie et le tourisme du pays au fil des saisons les plus critiques, les plus vitales ? La charge est lourde, messieurs, et certains en paieront bientôt le lourd tribut. Et gare au dérapage qui ne rejaillira que sur ceux qui ont aiguisé les armes. Le recours à la rue n’est l’apanage de personne et la propriété personnelle d’aucun courant, d’aucune idéologie. La rue appartient aux revendications du peuple et non aux avides de pouvoir, usant de manipulations et pensant pouvoir monopoliser l’échiquier libanais au profit des jaloux et des assassins. Ma terre de miel et d’encens n’est pas à vendre et son cèdre ne pliera pas. La route que les martyrs ont tracée est la seule rue que nous connaissons. Leurs voix « qui défient la mort » sont le seul discours que nous entendons. Leur foi en la cause du Liban libre et souverain est la seule tente sous laquelle nous nous abritons. Et le courage qui grandit en nous est la seule arme que nous brandissons face à vous. Pour vous dire clairement : notre Liban n’est pas à vendre ! Muriel MATTA Limassol Le rat des villes et le rat des champs Autrefois le rat des villes invita le rat des champs d’une façon fort habile à s’emparer du Liban. Sur l’ignorance d’un peuple en noir, les deux convives vinrent s’asseoir, je laisse à penser l’histoire ce que ces rats lui firent croire. Le régal fut un festin rien ne manquait à la partie les moutons bêlant de faim voyaient disparaître leur patrie... Nelly Maroun DECONDE Paris La révolution blanche Le Liban est-il en train de disparaître ou de renaître ? Telle est la question que se posent la majorité des Libanais en ces moments critiques. Mais si l’on revient à notre histoire moderne, voilà qu’elle se répète sur le même théâtre qu’est notre grand Grand Sérail. Construit vers la fin du XVIIIe siècle, ce monument historique, connu sous le nom turque al-Quislah ou Quartier de soldats, deviendra en 1887 le siège du gouverneur Ali Pacha, également wali de Beyrouth. Après la Première Guerre mondiale et le départ des Turcs après quatre siècles de domination, le Sérail passera au Haut-Commissariat français. De Gouraud à Helleu, il faudra attendre jusqu’à 1941 pour que le gouvernement présidé par Sami el-Solh prenne en charge ses fonctions et pour que cheikh Béchara s’y installe comme premier président de la République après l’indépendance. Puis on assistera au divorce économique avec la Syrie, à la révolution blanche et au départ du président el-Khoury en 1952, à l’insurrection et la contre-insurrection de 1958, à l’extraordinaire lame de fond que fut le nassérisme puis le chéhabisme, et au poids de la Résistance palestinienne qui nous causera la guerre de 1975. Tirez donc, messieurs, les leçons du passé. L’ère des pachas est révolue. Les 430 salons et salles du Sérail fraîchement rénovés font face actuellement à plus de 430 tentes. Et une révolution blanche serait nécessaire pour que le Liban puisse élire ses trois nouveaux présidents, loin de toute pression étrangère. Antoine SABBAGHA À propos des dictateurs « L’ex-dictateur Augusto Pinochet est mort sans avoir été jugé », titrent les journaux. Une phrase qui donne la chair de poule et qui devrait inquiéter les dictateurs de notre région. On pourrait remplacer le nom, le prénom, par d’autres noms qui nous projettent dans la réalité régionale où la justice se meurt, et qu’il serait encore temps de ressusciter pour parvenir à changer la deuxième partie du titre qui donnerait : « L’ex-dictateur Augusto Pinochet est mort après avoir purgé sa peine. » Et que justice soit faite. Les dictateurs sont des criminels. Vautours et puis corbeaux, mangeurs d’hommes, charognards, la mesquinerie les caractérise. Ils sont tellement haïs qu’ils sont amenés à se protéger de leur propre personne. Ils craignent tout et tout le monde. Tant qu’ils ont le pouvoir, ils sont protégés et s’en vont gais, gais, dans la nature... en attendant d’être couverts de honte. Ils regardent se dresser les murs qui les encerclent jusqu’à les étouffer. Mais la clé de voûte de leur prison choisie étant faite de cire, elle fondra tôt ou tard sous le soleil de la vérité. Et c’est alors que leur empire s’effondrera. Michèle M. GHARIOS
Ma terre n’est pas à vendre

Une situation paranoïaque et des acteurs schizophrènes, qui entraînent dans leur sillage tout un pays et une foulée d’échéances. Voilà le bilan.
Mais l’on se demande : qui donne le droit de prendre le pays en otage et son peuple en bouclier ? Qui donne le droit d’investir les rues et d’y installer des quartiers généraux permanents ? Qui donne le droit de paralyser les institutions, les compagnies et les commerces, mettant des milliers de personnes au chômage forcé ? Qui donne le droit de jongler avec l’économie et le tourisme du pays au fil des saisons les plus critiques, les plus vitales ? La charge est lourde, messieurs, et certains en paieront bientôt le lourd tribut. Et gare au dérapage qui ne rejaillira que sur ceux qui ont aiguisé les armes.
Le recours à la rue n’est...