Un quart de siècle après son 10e et dernier titre de champion de France, l’AS Saint-Étienne retrouve les sommets de l’élite du football national, grâce à une politique constructive et patiente.
À l’entame de la nouvelle saison en août dernier, les Verts s’affichaient en outsiders ambitieux avec un mot d’ordre lancé par l’un des cadres, le défenseur Vincent Hognon: «Notre objectif? Bouleverser la hiérarchie.»
Une moitié de championnat plus tard, la mission semble remplie avec une place sur le podium, résultat d’un jeu porté vers l’offensive: 20 buts marqués en 10 matches à Geoffroy-Guichard.
Pourtant, le pari pris cet été tenait de la gageure après une nouvelle intersaison fiévreuse, rythmée par un changement d’entraîneur – nomination d’Yvan Hasek à la place d’Élie Baup, poussé vers la sortie – et l’arrivée de huit nouveaux joueurs, le tout sur fond de bataille dans les étages présidentiels.
Mais les décideurs, en place depuis deux ans, ont eu l’intelligence de trouver un terrain d’entente, après des affrontements larvés qui avaient une nouvelle fois fragilisé le club.
Bernard Caiazzo, chef d’entreprise parisien, pionnier du marketing téléphonique, qui emploie 3000 personnes et réalise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros, et Roland Romeyer, industriel stéphanois, sont les deux coactionnaires de l’équipe.
Chacun a investi cinq millions d’euros à titre personnel et les deux hommes se partagent désormais le pouvoir après avoir fixé des objectifs sages.
«Notre ambition, c’est le top 5 dans les cinq ans, précisent-ils en chœur. Étape par étape, l’ASSE doit devenir une équipe phare de l’élite du foot français.»
Valeurs sûres
En parallèle, les deux hommes font confiance à un staff technique complémentaire.
Ivan Hasek, le Tchèque, apporte ainsi sa rigueur et son expérience avec un credo martelé inlassablement.
«À Saint-Étienne, nous ne pouvons être moyens, déclare-t-il. Chacun doit avoir le maximum d’ambitions.»
Son message sonne agréablement aux oreilles des joueurs.
«Son discours porte sur le don de soi, le travail, l’humilité, témoigne Julien Sablé. Ce sont les valeurs de la région stéphanoise.»
Comme son voisin lyonnais l’avait fait en rappelant son ancien attaquant, Bernard Lacombe, en 1989, l’ASSE est allée chercher un héros de l’époque dorée, Laurent Roussey.
Élevé dans les valeurs « vertes », cadre de la dernière équipe numéro un en 1981, l’ex-prodige du foot français amène son expérience du haut niveau, acquise aux côtés de Claude Puel à Lille.
Le message du staff, fait de rigueur et de travail, rejaillit sur un club qui retrouve enfin unité et humilité, après 25 années ponctuées par les crises.
Il y eut l’affaire de la caisse noire en 1982 puis celle des faux passeports en 2001, mais également la valse des présidents (10 au total depuis Roger Rocher) et celle des entraîneurs, 20 se sont succédé sur le banc.
Et comme son aura, 30 ans après la finale de Glasgow, ne s’est jamais démentie, l’ASSE peut encore surfer sur une nostalgie certaine, mise au service d’un marketing bien utilisé dans un budget de 40 millions d’euros, désormais bénéficiaire.
Conséquence : les finances, abonnées au rouge depuis des années, permettent un recrutement ambitieux, qui vise des joueurs au fort potentiel.
Mais à l’image des velléités de départ au mercato d’hiver de Frédéric Piquione – six buts et six passes décisives – tenté par le voisin lyonnais, l’ASSE va devoir gérer une nouvelle étape de son retour sur le devant de la scène.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un quart de siècle après son 10e et dernier titre de champion de France, l’AS Saint-Étienne retrouve les sommets de l’élite du football national, grâce à une politique constructive et patiente.
À l’entame de la nouvelle saison en août dernier, les Verts s’affichaient en outsiders ambitieux avec un mot d’ordre lancé par l’un des cadres, le défenseur Vincent Hognon: «Notre objectif? Bouleverser la hiérarchie.»
Une moitié de championnat plus tard, la mission semble remplie avec une place sur le podium, résultat d’un jeu porté vers l’offensive: 20 buts marqués en 10 matches à Geoffroy-Guichard.
Pourtant, le pari pris cet été tenait de la gageure après une nouvelle intersaison fiévreuse, rythmée par un changement d’entraîneur – nomination d’Yvan Hasek à la place d’Élie Baup, poussé vers la...