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France Affaire Clearstream : Villepin met Chirac hors de cause

Le Premier ministre français Dominique de Villepin a, devant les juges, nié toute volonté de manipulation dans l’affaire Clearstream et affirmé que le président Chirac était resté totalement hors de l’affaire. Dans son audition chez les juges, publiée en partie dans Le Monde de samedi et en totalité dans l’Est républicain, sur cinq pages, il s’est présenté en victime de l’affaire. « Je regrette l’instrumentalisation politique et médiatique qui a été faite (de ce dossier), qui a modifié en profondeur la perception que l’on pouvait avoir du rôle de certains acteurs et en particulier du mien », a-t-il dit. Répondant à près de 170 questions pendant 17 heures, il a réfuté un par un les éléments de la procédure que lui présentaient les juges Jean-Mari d’Huy et Henri Pons, susceptibles d’accréditer l’idée d’un complot contre le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, et de conduire à une mise en cause pour « recel de faux », « usage de faux », voire « dénonciation calomnieuse ». Les deux magistrats enquêtent sur une manipulation ayant consisté en la remise à la justice en 2004 de faux listings de la société financière luxembourgeoise Clearstream, laissant croire que des centaines de personnalités, dont Nicolas Sarkozy, rival de Dominique de Villepin, possédaient des comptes occultes à l’étranger. M. de Villepin a nié avoir eu en main les listings : « À aucun moment, cette liste que vous me présentez ne m’a été donnée et je ne l’ai pas consultée, je n’ai pas pris de listing, je n’ai pas regardé de listing », a-t-il ajouté. Il a assuré aussi n’avoir pas demandé d’enquête : « Je n’ai pas confié au général Rondot de mission. Je lui ai demandé de me tenir informé (...) des développements qui pouvaient concerner le ministère des Affaires étrangères. » Le Premier ministre a affirmé aussi ne pas connaître le cadre d’EADS Imad Lahoud, à qui l’accusation impute la falsification. Contrairement à ce qu’a indiqué aussi le général Rondot, selon lequel Dominique de Villepin se prévalait sur l’affaire d’instructions directes de Jacques Chirac dès janvier 2004, le chef du gouvernement a assuré n’avoir jamais parlé directement de Clearstream avec l’Élysée. Selon lui, le chef de l’État avait seulement donné des instructions générales. « Le président de la République avait insisté auprès de moi pour que je sois vigilant sur tout ce qui touchait la moralisation de la vie économique internationale. » Enfin, M. de Villepin a livré une explication particulière sur une phrase qui lui est imputée dans les notes du général Rondot : « Si nous apparaissons, le PR (président de la République) et moi, nous sautons. » Cette phrase, a dit M. de Villepin, serait en fait une version déformée d’une menace que lui aurait adressée M. Sarkozy en octobre 2004, quand il a eu vent de l’affaire. « Si vous apparaissez le président et vous-même comme cachant un rapport, vous sautez », lui aurait alors dit alors l’actuel président de l’UMP. Après cette audition, M. de Villepin est susceptible techniquement d’être mis en examen, mais le parquet et la plupart des avocats de l’affaire jugent que cette mesure est juridiquement quasi impossible.
Le Premier ministre français Dominique de Villepin a, devant les juges, nié toute volonté de manipulation dans l’affaire Clearstream et affirmé que le président Chirac était resté totalement hors de l’affaire. Dans son audition chez les juges, publiée en partie dans Le Monde de samedi et en totalité dans l’Est républicain, sur cinq pages, il s’est présenté en victime de l’affaire. « Je regrette l’instrumentalisation politique et médiatique qui a été faite (de ce dossier), qui a modifié en profondeur la perception que l’on pouvait avoir du rôle de certains acteurs et en particulier du mien », a-t-il dit. Répondant à près de 170 questions pendant 17 heures, il a réfuté un par un les éléments de la procédure que lui présentaient les juges Jean-Mari d’Huy et Henri Pons, susceptibles d’accréditer...