L’euro ne doit pas être accusé de tous les maux de l’Europe, a déclaré hier Jean-Claude Trichet, réagissant ainsi indirectement aux critiques dont la BCE fait l’objet de la part d’une partie de la classe politique française, engagée dans la campagne pour les élections présidentielle et législatives de 2007.
Lors de son audition par la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, le président de la BCE a relativisé la portée de ces déclarations, assurant que la politique menée par la Banque centrale européenne avait le soutien du peuple français.
« J’ai dirigé la Banque centrale indépendante de la France pendant cinq ans avant la création de l’euro. Après quatre ans, nous avions obtenu le taux le plus élevé de crédibilité en Europe. Pendant toute cette période, 70 % de la population française a soutenu notre politique monétaire », a-t-il dit.
« J’ai toutes les raisons de croire que nous avons le même niveau de soutien du peuple français et de l’ensemble de la zone euro. La dernière indication dont je dispose est que, à la question est-il important que la BCE soit indépendante des gouvernements pour assurer la stabilité des prix, la réponse a été positive à 73 % dans la zone euro et à 75 % en France, soit un peu plus que la moyenne », a-t-il observé.
Il a ainsi estimé qu’il était « injuste » de faire de la monnaie européenne un bouc émissaire et de l’accuser de freiner la croissance de l’Union.
Des voix se sont élevées récemment en France, dans la majorité comme dans l’opposition, pour remettre en cause le rôle de la BCE et demander qu’elle ait pour objectif de soutenir la croissance autant que de lutter contre l’inflation.
Le dogme de l’euro fort
Ségolène Royal, la candidate du Parti socialiste à l’élection présidentielle, demande que la BCE soit plus responsable devant les politiques et le Premier ministre Dominique de Villepin a appelé de ses vœux une clarification du rôle de la Banque centrale dans la politique de change.
Thierry Breton, le ministre français de l’Économie, a ainsi été amené mardi à corriger le tir en affirmant que si la « volatilité » de l’euro avait été « excessive » et « dangereuse », elle était maintenant « derrière nous ».
Ces propos intervenaient notamment au lendemain d’une nouvelle charge du ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, contre la BCE et le « dogme » de l’euro fort.
Lors de son audition, Jean-Claude Trichet a par ailleurs réaffirmé que des variations soudaines et abruptes des taux de change ne seraient ni dans l’intérêt de l’Europe, ni dans celui des États-Unis, ni de l’économie mondiale.
Il a notamment souligné que la Banque centrale européenne ne faisait pas campagne en faveur d’un accroissement du rôle de l’euro comme monnaie de réserve de change.
« Comme vous le savez (...) nous ne faisons pas campagne en faveur d’un usage international de l’euro », a-t-il dit. « Une volatilité excessive et des mouvements désordonnés sur les taux de change pèsent sur la croissance économique », a-t-il ajouté.
L’euro enchaîne les records face au yen et a atteint ces dernières semaines des plus hauts depuis 20 mois face au dollar. La BCE va rester vigilante et fera tout le nécessaire pour contenir l’inflation, a par ailleurs déclaré Trichet dans un entretien à Bloomberg.
« Nous devons être constamment vigilants. Nous avons des risques à la hausse en matière d’inflation », a-t-il estimé. « Notre message est très, très clair : nous ferons tout le nécessaire pour assurer la stabilité des prix. »
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Lors de son audition par la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen, le président de la BCE a relativisé la portée de ces déclarations, assurant que la politique menée par la Banque centrale européenne avait le soutien du peuple français.
« J’ai dirigé la Banque centrale indépendante de la France pendant cinq ans avant la création de l’euro. Après quatre ans, nous avions obtenu le taux le plus élevé de crédibilité en Europe. Pendant toute cette période, 70 %...