La Bourse de Beyrouth a terminé la journée d’hier en net recul, les opérateurs se souciant toujours de la situation politique et ayant été refroidis par la montée des enchères entre les forces de l’opposition et la majorité parlementaire. Craignant donc les répercussions de l’appel lancé par l’opposition à des législatives anticipées sur la médiation du secrétaire général de la Ligue arabe pour résoudre la crise politique, nombre d’investisseurs ont continué à se débarrasser de certaines actions pendant que d’autres poursuivaient le rééquilibrage de leurs portefeuille-titres. Cela d’autant qu’ils venaient d’apprendre que le gouvernement avait publié le projet du tribunal à caractère international dans le Journal officiel.
Dans ce contexte, les actions A et B de Solidere ont lâché respectivement 0,37 et 1,41 % du terrain qu’elles avaient gagné la veille ainsi que le cimentier Holcim qui a cédé 2,77 %.
Quant aux valeurs bancaires, elles ont été diversement traitées, à la baisse sur les actions ordinaires de la Bank Audi (-5,97 %) et les certificats GDR de la BLOM Bank (-0,77 %) et à la hausse sur les actions de la Byblos Bank ordinaires (+1,64 %) et prioritaires (+1,09 %) et les certificats GDR de la Bank Audi (+1,43 %).
Par conséquent, l’indice BLOM des valeurs libanaises a dû abandonner 20,09 points ou 1,66 % à 1 188,71 points dans des échanges toujours médiocres, ne dépassant pas au total 61 767 titres d’une valeur de 1 388 275 $, dont 32 340 actions A et B de Solidere d’une valeur de 522 209 $.
Sur le marché libanais des changes, on a observé un certain ralentissement de la demande du dollar avec l’apparition d’une petite offre au haut de la fourchette d’intervention de la BDL à 1 514 LL, le faisant maintenir entre 1 513,50 et 1 514,50 LL.
Les Bourses en baisse, l’euro en hausse
La mauvaise surprise d’un bond inattendu des prix à la production en Allemagne (+4,7 % sur un an en novembre) et aux États-Unis (+2 % en novembre sur octobre), laissant craindre une poussée inflationniste des deux côtés de l’Atlantique, a pesé sur les Bourses. Les opérateurs se sont ainsi mis à prendre les gains que leur procure la récente hausse de plusieurs valeurs, nonobstant les bonnes nouvelles en provenance de la remontée de l’indice IFO qui mesure la confiance des hommes d’affaires en Allemagne à 108,7 points et des mises en chantier de logements aux États-Unis de 6,7 % en novembre.
Ce développement a, au contraire, soutenu l’euro face au dollar dans la mesure où les pressions inflationnistes pourraient contraindre la BCE avant la Fed à relever son principal taux directeur à plus de 3,50 % actuellement.
Élie KAHWAGI
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