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Politically (in)correct La politique, c’est l’art de gouverner. Gouverner, c’est organiser la vie d’une société en recherchant l’intérêt général. Tout homme politique devrait avoir la vision, le juste sens des proportions, l’esprit de synthèse et ce qu’on appelle couramment le leadership. La fonction première de tout homme politique est la représentation du citoyen. Ce dernier ne pouvant s’occuper directement de la chose publique, il la confie à un homme qui représenterait ses intérêts et travaillerait dans l’intérêt de tous. L’homme politique doit donc remplir certaines caractéristiques qu’on ne trouve pas nécessairement chez « l’homme moyen », notion empruntée au vocabulaire juridique. Il doit être digne de confiance et apte à contrôler ses tendances et ses impulsions, il doit être en mesure de choisir des mots adéquats afin de transmettre un message déterminé en veillant aux sentiments de la nation. Il doit constituer le modèle à suivre, puisque l’administré lui a accordé toute sa confiance et puisqu’il parle au nom de ce dernier. D’ailleurs, de là est née l’expression « politically correct » qui signifie le fait de se comporter d’une façon irréprochable dans le souci de concilier le fond à la forme. La chose sera dite, mais surtout, bien dite. L’homme politique se place à la tête d’une population pour la guider, la soutenir, l’encourager, la protéger, l’encadrer et défendre ses intérêts. Il est responsable envers ceux qu’il représente, puisque ceux-ci lui ont accordé le pouvoir. Sur notre scène politique aujourd’hui, nous voyons des hommes politiques qui ont perdu les qualités de la représentation. Ils utilisent un vocabulaire familier pour exprimer leurs opinions. Ils emploient un langage vulgaire pour se défier mutuellement. Ils prennent un ton arrogant pour préserver leur autorité. L’homme politique libanais a perdu son élégance. Il a perdu la noblesse qui faisait de lui un modèle. Il a perdu la subtilité qui caractérisait ses discours. Il a perdu la sensibilité dans le choix des mots. Il a perdu la perspicacité qui lui permettait de comprendre le peuple à qui il s’adresse. Il est difficile de l’écouter, impossible de le croire. La légitimité de son pouvoir est contestée. Ses agissements sont discutables. Il ressemble de plus en plus à l’homme moyen. Alors comment fonder son pouvoir désormais ? Et un pouvoir non fondé devrait être remis en cause. Je finis à peine mon texte et je remarque la grossièreté de l’erreur commise. J’ai failli oublier que si les actes des puissances publiques sont partout dans le monde « politically correct », les nôtres sont de nature et par hypothèse politically... (in)correct ! Karen AYAT C’est le ton qui fait une nation Que l’on soit partisan du 8 Mars ou sympathisant du 14 Mars, peu importe. Il est aisé de constater la différence entre, d’une part, l’inélégance d’un verbe haut, d’un poing levé, d’un jargon inesthétique, et, de l’autre, la classe d’un ton modéré, d’une attitude correcte, de paroles courtoises et succinctes. Dans sa dernière intervention, pour booster le moral de ses « fans », sayyed Hassan Nasrallah a choisi en exemple un critère on ne peut plus choquant, leur disant que puisque vous avez pu tenir tête pendant 33 jours à l’armée israélienne vous serez aussi capables de résister jusqu’à ce que le gouvernement capitule. Le sayyed se rend-il seulement compte que l’on ne monte pas un peuple contre un gouvernement qui porte la même nationalité que la vôtre, comme on le ferait contre son ennemi juré. Enfin, je trouve que plus on hausse le ton, plus notre argument perd du poids. D’ailleurs, le Premier ministre pour qui, au passage, j’ai beaucoup d’admiration, l’a dit récemment : il ne s’agit pas de déplacer beaucoup de vent et d’exprimer les choses avec véhémence mais, bien au contraire, de savoir s’exécuter en coulisse, le moment venu. Lina SINNO Arrêt sur peinture Un tableau entre les mains. Un paysage. Une forêt de pins. À l’envers, tout jauni, un mot griffonné à l’encre. Surprise ! C’est bien le nom du village de ma marraine, situé au cœur de la montagne libanaise à mille mètres d’altitude. Aussitôt mes souvenirs se déclenchent. Je revois cette bourgade, la mer en face, la bande côtière à l’horizon, les hauts sommets enneigés à l’arrière. Mes pensées fusent… Elles s’envolent au Transvaal, chez ma tante et sa sœur qui ont quitté ces contrées pour se fixer par-delà les océans. Mon voyage chez elles. Quarante journées et soirées passées à se rappeler leur enfance. La maison pleine de revues libanaises pour les maintenir à l’heure du pays natal. Les plats libanais. Les invitations au sein de la communauté libanaise. La dabké. L’accent des jeunes de la troisième génération… Retour au présent. Des Libanais quittent. Ils partent pour la Nouvelle-Zélande, le Canada ou le Chili. Ils laissent derrière eux leur terre, leurs racines. Ils le font pourquoi ? Le travail, le confort, la stabilité ? Nos prédécesseurs, pour leur part, ne trouvaient-ils pas leur bonheur dans le dur labeur au sein de cette montagne, ce littoral et cette vallée toute proche ? Eux si humbles, leurs visiteurs n’étaient-ils pas Lamartine, Renan, Barrès ou encore ce peintre anonyme venu se ressourcer dans ce pays du Levant ? Philippe EL-DAHER
Politically (in)correct

La politique, c’est l’art de gouverner. Gouverner, c’est organiser la vie d’une société en recherchant l’intérêt général. Tout homme politique devrait avoir la vision, le juste sens des proportions, l’esprit de synthèse et ce qu’on appelle couramment le leadership. La fonction première de tout homme politique est la représentation du citoyen. Ce dernier ne pouvant s’occuper directement de la chose publique, il la confie à un homme qui représenterait ses intérêts et travaillerait dans l’intérêt de tous.
L’homme politique doit donc remplir certaines caractéristiques qu’on ne trouve pas nécessairement chez « l’homme moyen », notion empruntée au vocabulaire juridique. Il doit être digne de confiance et apte à contrôler ses tendances et ses impulsions, il doit être en...