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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Double pays Vendredi 1er décembre, an 2006. Une salle rectangulaire. De grandes vitres lumineuses donnant sur Beyrouth. Vingt paires d’yeux fixés sur Sorj Chalandon. Le journaliste-écrivain, frétillant d’authenticité, d’humanisme et de réalisme, tient la salle en haleine. Ses mots sonnent vrais et simples, dénués de tout détour, de tout artifice. Réalisme, respect, objectivité, sans cynisme. Toute parcelle de réalité semble être digne d’intérêt. Attentive, intéressée, vivante, positive, je réfléchis à ses propos. Soudain, la confusion. La cacophonie s’amplifie. Des klaxons fusent de partout, des chants à tue-tête, des appels pour participer à la démonstration, des cris excités. Un air de fête foraine ou une frénésie d’avant-désastre? Double vision, double perception, double pays. Mes pensées convergent vers la guerre civile libanaise. Loin de moi le pessimisme. Mais je ne peux que me sentir dégoûtée par les chemins tordus que certains politiciens empruntent, au grand risque de précipiter le pays vers l’abîme. Roula DOUGLAS Deux messes... Deux messes ont été célébrées, l’une à la cathédrale Saint-Georges à la demande du CPL, l’autre au Grand Sérail. Des messes, mais séparées, car on estime, contrairement à Henry IV, que le Liban ne vaut pas une messe unique. Chacun appelle Dieu à le soutenir, mêlant donc la religion à la politique, ce qui est courant au pays du Cèdre, chacun semble vouloir lancer une croisade contre les autres, entre protestants réformateurs et catholiques orthodoxes de la pensée politique. La continuité de ce chemin de Croix par la division est synonyme de danger. Nous nous devons d’arrêter cette Inquisition: «Si tu n’es pas avec nous, tu es contre nous»; soyons constructifs, personne n’est seul prophète dans son pays, on ne détient pas la vérité absolue, celle qui nous absout de toute faute, mais charité ordonnée commence avant tout par soi-même. Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre, mais de première pierre il n’y en aurait pas, parce que nous sommes tous des pécheurs, nous avons tous commis des fautes. Soyons donc chrétiens, tendons la joue au lieu d’appeler au sacrifice, tendons la main en signe de paix. Les valeurs chrétiennes veulent la réconciliation et non la division, et si les deux camps se retrouvaient le temps d’une messe, réunis dans la même ferveur, ce serait la plus belle des cérémonies en ces temps actuels. François el-BACHA Le silence de M. Abi Nasr À l’adresse de M. Nehmetallah Abi Nasr. Je trouve regrettable que depuis les démonstrations de l’opposition contre le premier gouvernement souverain du Liban on ne vous entend pas. Je trouve vraiment incompréhensible votre silence, vous dont la voix n’a jamais été étouffée face à l’occupation syrienne. Le discours du président Bachar el-Assad concorde au mot près avec les slogans des manifestants et les discours du général. Le fait de dire que c’est une coïncidence est une grande sous-estimation de notre intelligence. Je vous prie de nous dire clairement ce que vous pensez de tout cela. Votre engagement et votre responsabilité sont d’abord envers le citoyen qui vous a élu avant d’être envers votre rassemblement autour du général Aoun. Rami KHOURI

Double pays

Vendredi 1er décembre, an 2006. Une salle rectangulaire. De grandes vitres lumineuses donnant sur Beyrouth. Vingt paires d’yeux fixés sur Sorj Chalandon. Le journaliste-écrivain, frétillant d’authenticité, d’humanisme et de réalisme, tient la salle en haleine. Ses mots sonnent vrais et simples, dénués de tout détour, de tout artifice. Réalisme, respect, objectivité, sans cynisme. Toute parcelle de réalité semble être digne d’intérêt. Attentive, intéressée, vivante, positive, je réfléchis à ses propos.
Soudain, la confusion. La cacophonie s’amplifie. Des klaxons fusent de partout, des chants à tue-tête, des appels pour participer à la démonstration, des cris excités. Un air de fête foraine ou une frénésie d’avant-désastre? Double vision, double perception, double pays.
Mes...