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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Pas grave C’est pour le moins déroutant, ce qui se passe. Quelqu’un pourrait-il m’expliquer comment les partis qui étaient d’opposition se sont transformés à la vitesse de l’éclair en partis qui appuient le gouvernement, et vice versa ? Parce que là, vraiment, je ne sais plus qui est pour qui et qui est contre quoi. Et puis comment peut-on dire que le gouvernement n’est plus constitutionnel alors que le président l’est ? Je n’ai pas la patience de lire la Constitution pour trouver des réponses à mes questions, je sais simplement que je suis fatiguée, écœurée de constater comment les politiciens manipulent les médias, qui, à leur tour, manipulent l’opinion publique. Et en parlant de médias, suivant le regard qu’ils portent sur l’événement, ils se plaisent à piper l’information pour qu’elle arrive déjà mâchouillée à la bouche des pauvres oisillons avides d’infos que nous sommes : un coup on saupoudre de sucre glacé, un coup on imbibe d’alcool à brûler. Nos yeux interloqués s’habituent doucement à de nouvelles formulations tantôt inesthétiques, tantôt incohérentes. Mais tout ça, c’est pas grave… Je préfère regarder le ciel, mesurer son bleu, écouter les klaxons dans la rue, du moment qu’elle est animée. Je me suis enduite d’un onguent magique, qui rend les oreilles et les yeux imperméables. La peau aussi sans doute. Dorénavant, elle se frottera aux senteurs de fiel sans broncher. Rien n’est grave. Un avion dans le ciel me fait un clin d’œil, je ne le vois plus. Je regarde les nuages. Je frotte les vitres, vue sur ma ville, j’apprécie l’horizon, je me prépare à assister au coucher du soleil de ma fenêtre paysage. Les tanks de ma ville assiègent ma ville, mais c’est pas grave. Je ne vois que le bleu du ciel. Il accueille en tandem le soleil qui s’éteint, écarlate, et le drapeau de mon pays taché de vert. De force. Pour un ultime bras de fer ? C’est pas grave. Encore un. La vie demeure figée dans mes yeux. Dans les yeux de tous les Libanais. Et ne me dis pas de baisser les volets : je ne le ferai pas. J’ouvre la porte et allume toutes les lumières. Michèle M. GHARIOS Il a suffi d’un mot… ... un seul mot pour que mille images terribles refassent surface. Des images que l’on pensait enfouies à jamais, enterrées avec un passé dont on s’était délesté avec soulagement tant son évocation, à elle seule, représentait le pire. Franc-tireur. Le mot de trop. Le mot qu’on aurait voulu ne pas lire, ne pas comprendre. Le mot qui a pris toute la place, a évincé la une, a transformé le texte en bombe à fragmentation. Franc-tireur ? Revenir à « ça » ? Plutôt mourir sans son aide ! De grâce, plus jamais ces années sombres, plus jamais ces humiliations, ces trottoirs côté « saufs » côté « dangereux », ces pancartes « Attention franc-tireur ! », ces routes compromises et d’autres plus « sûres », ces chemins empruntés dont on ne connaît ni la sécurité du parcours ni son issue. Cela suffit ! La pilule qu’on essaie de nous faire avaler est trop grosse. C’est une pilule de trop pour un peuple repu de violences répétées, de guerres d’autrui sur sa terre, de destructions, de reconstructions, d’espoirs, de désespoirs, de chapelets de malheurs égrenés sur son sol, sans arrêt et sans pitié. Que tous ceux qui pensent avoir raison reviennent à la raison et rappellent leurs milices à l’ordre. La rue ne servira qu’à engendrer la violence, des frictions si fréquentes que celle qui sera de trop fera basculer le pays dans la guerre civile, celle qu’on n’attendait plus, celle qui n’attendait que nous ; nous, divisés, aveuglés et à nouveau guidés par notre instinct de survie pour unique boussole. Arrive un moment où exacerbés par les tensions, vexations et provocations que l’on nous fait subir au quotidien, le choix entre vivre ou mourir n’en sera plus un. Nous choisirons le camp de la vie, celui des hommes libres, même s’il faudrait mourir pour y accéder. Que ceux qui se prétendent libanais tombent le masque : on ne peut se proclamer libanais et par ailleurs contribuer à la faillite économique de son pays à quelques mois d’intervalle : saboter volontairement sa saison d’été et celle des fêtes de fin d’année ; c’est-à-dire faire partir une année entière en fumée. Il y a des saisons « mortes » pour cela et le timing choisi ne peut être que celui des ennemis du Liban. Alors, messieurs les seigneurs de causes indéfendables, melting-pot détonant et artificiel qui ne convainc personne, dégagez vos tentes de notre centre vital, transposez votre folklore ailleurs et laissez-nous fêter, vivre ou mourir… en paix ! Bélinda IBRAHIM Drapeau ou pas ? L’appel du Premier ministre de tout le Liban et de tous les Libanais, Fouad Siniora, aux citoyens afin qu’ils accrochent le drapeau libanais sur leurs balcons et fenêtres, en signe d’appui au gouvernement libanais, est pour le moins curieux. D’une part, les opposants au gouvernement, voulant donner, eux aussi, la preuve de leur amour du Liban à travers ce geste se trouvent désormais dans l’impossibilité d’afficher le drapeau de leur propre pays, confisqué par les loyalistes ! Ils sont poussés de cette manière à afficher leurs drapeaux partisans et cela accentue le clivage entre les citoyens. D’autre part, cette décision a déplacé l’expression du désaccord politique, limité aux places publiques, vers chaque rue, chaque quartier, chaque immeuble, chaque palier... Des voisins vivant en harmonie depuis des années se regardent désormais avec méfiance. M. Siniora, vous êtes responsable avant tout de l’ordre public et de la paix civile. Jean A. EL-KOMEIH
Pas grave

C’est pour le moins déroutant, ce qui se passe.
Quelqu’un pourrait-il m’expliquer comment les partis qui étaient d’opposition se sont transformés à la vitesse de l’éclair en partis qui appuient le gouvernement, et vice versa ? Parce que là, vraiment, je ne sais plus qui est pour qui et qui est contre quoi. Et puis comment peut-on dire que le gouvernement n’est plus constitutionnel alors que le président l’est ? Je n’ai pas la patience de lire la Constitution pour trouver des réponses à mes questions, je sais simplement que je suis fatiguée, écœurée de constater comment les politiciens manipulent les médias, qui, à leur tour, manipulent l’opinion publique. Et en parlant de médias, suivant le regard qu’ils portent sur l’événement, ils se plaisent à piper l’information pour qu’elle...