L’annonce par la NASA cette semaine de son intention d’établir une colonie d’astronautes sur la Lune autour de 2020 semble promettre de fantastiques avancées dans l’exploration du système solaire, mais demandera un effort financier considérable et une coopération internationale. Le projet de la NASA, dévoilé après des consultations avec 13 agences spatiales dans le monde dont celle de Chine ainsi qu’avec des entreprises privées, voit notamment cet avant-poste lunaire comme une étape pour les astronautes en route vers Mars.
Cette colonie sur la Lune devrait extraire du sol lunaire de l’hydrogène, de l’oxygène et d’autres substances pour produire de l’eau et du carburant pour les moteurs de fusée. Le projet prévoit d’abord des équipages de 4 personnes effectuant de courts séjours pour construire la station, jusqu’à ce que les modules d’habitation et la fourniture d’électricité permettent des missions prolongées qui iront jusqu’à 6 mois et prépareront les voyages vers Mars. Le projet inclura d’autres agences spatiales, a annoncé la NASA, tout en se réservant la conception et la maîtrise du projet.
« Personne ne croit qu’il y a suffisamment d’argent aux États-Unis pour entreprendre une telle aventure seuls », a déclaré à l’AFP le directeur de l’institut spatial à l’Université George Washington, John Logsdon. Pour ce projet, la NASA est en discussion avec l’Agence spatiale européenne et les agences spatiales russe et chinoise, ainsi que les agences spatiales nationales d’Allemagne, d’Australie, du Canada, de la Corée du Sud, de la France, de l’Inde, de l’Italie, du Royaume-Uni et d’Ukraine. « Chacun bien sûr a ses intérêts propres, mais on sent une forte volonté de travailler ensemble sur ce projet », a ajouté M. Logsdon.
L’effort financier nécessaire pour concrétiser ce qui n’a jusqu’à présent existé que dans l’imagination des écrivains de science-fiction est immense, et les États-Unis notamment risquent de ne pouvoir le faire qu’après 2010 et la fin du programme de navette spatial. « Pour l’instant, ce n’est qu’un projet sur le papier. Les décisions qui donneront les fonds nécessaires ne seront probablement prises que dans 5 ans », a ainsi estimé John Logsdon.
Les industriels, quant à eux, se réjouissent déjà de ce qui devrait être une manne pour eux, avec les commandes pour les divers équipements nécessaires. « Nous voyons cela comme une chance fantastique », a déclaré Pat Schondel, vice-président pour l’exploration spatiale chez Boeing, le constructeur de la navette.
La colonie serait installée près du pôle sud de la Lune, qui jouit d’une longue exposition solaire, idéale pour produire de l’électricité. Ce projet est la suite de la déclaration de 2004 dans laquelle le président George W. Bush avait dévoilé sa vision d’exploration de l’espace, avec un retour sur la Lune et, au-delà, la conquête de Mars. Les Américains ont foulé le sol lunaire pour la dernière fois en 1972.
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