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Actualités - Opinion

Suspense politique autour du rôle de Berry

Donnant le « la », le président Fouad Siniora souhaite que le président Nabih Berry substitue au terme de « divorce », qu’il a employé à Téhéran, le vocable de « retrouvailles ». Au sujet, bien évidemment, des relations entre la minorité opposante et la majorité au pouvoir. En réponse à ce vœu, le président de la Chambre indique qu’il est en faveur de la poursuite des contacts, malgré la surchauffe ambiante. Le chef du gouvernement a appelé M. Berry vendredi pour le prier d’annuler la démission des ministres Amal. Il lui a en outre dépêché son conseiller M. Mohammad Chatah, accompagnant le ministre Marwan Hamadé, pour proposer un report de la séance du Conseil des ministres de samedi à mercredi, à condition que les ministres chiites reviennent sur leur démission. Cette initiative a fait chou blanc, comme on sait. Ni l’opposition ni M. Berry ne l’ont acceptée. Ils ont rejeté de même l’idée de constituer un comité mixte de juristes pour étudier le dossier du statut du tribunal international. Engagement Pour le moment, le président de la Chambre, à part sa disposition à dialoguer, ne lâche que peu de lest. Il se trouve derechef résolument engagé aux côtés du 8 Mars. Au point de soutenir qu’il n’a encore reçu aucune proposition sérieuse de la part du camp majoritaire, ajoutant qu’il juge comme étant de simples manœuvres tactiques les offres avancées, citées plus haut. Le plus important est qu’au stade actuel, M. Berry précise qu’il n’a lui-même plus l’intention de développer une quelconque initiative sans s’être assuré préalablement de son succès. Il dit être échaudé par l’échec de ses précédentes tentatives de conciliation. Mais, en même temps, ses proches soulignent avec insistance qu’il est plus que jamais nécessaire de reprendre langue avec l’autre bord, à partir des points qui avaient été atteints au sujet d’un cabinet d’union nationale approuvant le statut du tribunal international. Ils affirment cependant que les suggestions du président Siniora et d’autres pôles, dont M. Walid Joumblatt, ne leur paraissent ni suffisantes ni convaincantes. Lecture En privé, selon un politicien qui lui a rendu visite, le président Berry voit dans le conflit local le reflet de la lutte extérieure des axes. Il partage, signalons-le, le point de vue d’un ancien ministre des Affaires étrangères. D’un côté, les Américains face aux Iraniens. De l’autre, une rivalité d’influence opposant, au Liban même, la Syrie au tandem des modérés arabes, l’Arabie saoudite et l’Égypte. À son avis, tel que rapporté par ce témoin, les protagonistes étrangers se trouvent tacitement d’accord pour utiliser la scène libanaise. Comme lice de leurs désaccords, mais également comme carte de pression réciproque. D’où une déduction logique : pour qu’une formule intérieure de règlement ait ses chances, il faudrait que le climat extérieur se rétablisse à la détente et au consensus. Sollicitations Le visiteur cité mais aussi un grand nombre de politiciens ont pressé le président Berry de reprendre son rôle de médiateur. Pour un package deal mettant un terme à la crise locale. Ils ont indiqué, dans leurs vœux, qu’il ferait sans doute bien de commencer par une visite discrète au président Bachar el-Assad et les autres dirigeants syriens pour voir s’il y a moyen qu’ils favorisent un règlement au Liban ainsi qu’une amélioration des rapports bilatéraux. Il est en effet clair pour ces professionnels que sans un feu vert syrien, il n’y a pas d’issue à la crise politique libanaise. En cas de succès à Damas, le président Berry, ajoutent ces cadres, s’adresserait à Amr Moussa pour faire contribuer l’Égypte et l’Arabie saoudite aux efforts d’arrangement et les consolider. Et pour paver la voie, éventuellement, à une reprise du dialogue entre les Syriens et les Américains. Ce qui prémunirait la scène libanaise des effets de la lutte des axes. Le panier Quant au panier global que le président Berry pourrait proposer, selon le politicien cité, il comprendrait les points suivants : la formation du tribunal international ; la mise sur pied d’un cabinet d’union nationale ; une présidentielle rapprochée, produisant un président de consensus n’appartenant ni au 8 ni au 14 Mars ; une nouvelle loi électorale favorisant la petite circonscription ; et des législatives anticipées. Le tout étant lié, et la solution facilitant la tenue de Paris III ainsi que le redressement économique. Il reste que le président Berry répond invariablement à tous qu’il n’est plus disposé à s’entremettre, en engageant sa crédibilité, sans garantie de succès. Il n’a pas d’objections majeures quant au panier en question. Mais il certifie encore une fois que toute idée resterait précaire sans une couverture extérieure. Consensuelle. Gemayel Rappelons enfin que le président Amine Gemayel s’efforce de son côté de mettre au point une initiative politique de règlement. Il devrait, selon des sources Kataëb et d’autres témoins qui lui ont parlé, proposer prochainement un document de travail. Après une rencontre avec le général Michel Aoun, qui doit lui rendre une visite de condoléances. Probablement à son domicile de Sin el-Fil. Philippe ABI-AKL
Donnant le « la », le président Fouad Siniora souhaite que le président Nabih Berry substitue au terme de « divorce », qu’il a employé à Téhéran, le vocable de « retrouvailles ». Au sujet, bien évidemment, des relations entre la minorité opposante et la majorité au pouvoir. En réponse à ce vœu, le président de la Chambre indique qu’il est en faveur de la poursuite des contacts, malgré la surchauffe ambiante.
Le chef du gouvernement a appelé M. Berry vendredi pour le prier d’annuler la démission des ministres Amal. Il lui a en outre dépêché son conseiller M. Mohammad Chatah, accompagnant le ministre Marwan Hamadé, pour proposer un report de la séance du Conseil des ministres de samedi à mercredi, à condition que les ministres chiites reviennent sur leur démission. Cette initiative a fait chou blanc,...