Minuit et 33 minutes. Les doigts crispés et le regard vissé à mon écran encore vierge de tout mot, j’essaie de contrôler ce qui me serre la gorge. Mais, je dois avouer que j’ai du mal à le faire. Sentiment trop violent, trop complexe aussi pour être réduit À de simples qualificatifs tels que la déception, la douleur, la tristesse. Après tout, si cette page blanche m’inspire tellement, c’est certainement parce qu’elle décrit mieux qu’autre chose l’état d’âme ambiant : la consternation, le manque de parole. Car, en effet, il n’y a pas de mots, pas de formulation assez pertinente pour décrire l’événement.
Un meurtre de plus. Un assassinat de trop. Une énigme trop longue, des enjeux trop lourds.
Là encore tant de choses et de pensées traversent mon esprit que je ne sais plus par où commencer. Ma main tremble, mes yeux sont fatigués par la lumière presque insultante que me renvoie l’écran ; ils se froncent de plus en plus pour s’y adapter et mieux faire face à cette lutte intérieure entre un moi épuisé et un moi révolté au point d’avoir besoin de se libérer de ce qui le ronge.
Je n’ai pas envie de parler de politique, je ne sais pas le faire. Pas envie non plus de parler de partis, de choix, d’engagements, je suis apathique. J’ai envie de parler d’hommes, d’un pays. De leur pays. D’hommes, de vies perdues, de sang versé et de larmes versées.
J’ai envie de parler de familles martyrs, d’injustice, d’assassins. Provoquer la mort de quelqu’un pour qui ? Pour quoi ? Frapper une nouvelle fois un peuple qui a déjà tant subi ? Approfondir davantage la cicatrice encore toute fraîche causée par toutes ces années de guerre et ces innombrables assassinats ?
Comme un Cluedo qui met en jeu tellement de personnages et d’intérêts complexes que le détective n’arrive pas à s’y retrouver. Ce qu’il ignore, c’est qu’à ce rythme, il n’y parviendra jamais.
Le flot de mes idées est soudainement interrompu par la vue qui s’offre à mes yeux : une ville plongée dans l’obscurité, noyée dans le silence obscur. De mon balcon qui surplombe l’autoroute je vois un spectacle auquel j’avais déjà assisté il y a peu : le vide, l’inertie. Car si la nuit s’habille de noir, le silence qui l’accompagne, lui, signale le deuil. Le deuil national.
Le vide, l’obscurité, le silence. Une atmosphère, un état d’âme qui est, une fois de plus, celui de la nature et des hommes. Une fois de plus, une fois de trop ce soir.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Minuit et 33 minutes. Les doigts crispés et le regard vissé à mon écran encore vierge de tout mot, j’essaie de contrôler ce qui me serre la gorge. Mais, je dois avouer que j’ai du mal à le faire. Sentiment trop violent, trop complexe aussi pour être réduit À de simples qualificatifs tels que la déception, la douleur, la tristesse. Après tout, si cette page blanche m’inspire tellement, c’est certainement parce qu’elle décrit mieux qu’autre chose l’état d’âme ambiant : la consternation, le manque de parole. Car, en effet, il n’y a pas de mots, pas de formulation assez pertinente pour décrire l’événement.
Un meurtre de plus. Un assassinat de trop. Une énigme trop longue, des enjeux trop lourds.
Là encore tant de choses et de pensées traversent mon esprit que je ne sais plus par où commencer. Ma...