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Courrier Un casino pas très royal

L’Amérique l’accueille avec un enthousiasme démesuré alors que les quelques autres continents s’en plaignent. A priori, cette question semble stupide. Mais honnêtement, sommes-nous hostiles à l’acteur anglais Daniel Craig, car il est trop musclé pour incarner le rôle de James Bond? Et sans doute sommes-nous trop marqués par les autres merveilleux Connery, Moore, Brosnan et la clique (qui d’ailleurs étaient de loin plus charismatiques et passaient visiblement moins de temps à la gym)? Ou encore, sommes-nous peu habitués au changement puisque le Bond des trente dernières années n’était pratiquement jamais un blondinet au corps façonné, mais un homme au vrai sens du terme? Et ce n’est pas fini. À part Mr. Craig, les marques viennent parader d’une manière assez vulgaire: l’incessante publicité pour Sony, qui a visiblement déversé des millions pour voir son label défiler tout au long du film, ne se fait plus d’une manière retenue comme dans les volets précédents. Rolex ou Omega? Laquelle préférez-vous ? Et la partie de poker qui n’en finissait plus. Et les sauts désordonnés entre l’Afrique et les intérieurs londoniens, de l’harrassante M au «Chiffre» trop méchant (qui frôle l’absurde et l’idiotie à la longue) et l’action impétueuse, déchaînée, acérée que jadis nous connaissions, où serait-elle passée? Serait-il trop injuste de ma part de dire que ce film n’est pas une réussite? Dans tous les cas, et quelles que soient les circonstances, je suis sûr que je me trouverais toujours obligé de partir voir le dernier Bond, que ce soit avec Daniel Craig ou de nouveaux venus pas très adéquats pour le rôle, histoire de comparer la nouvelle intrigue à la saga antérieure. Pour Casino Royale, je me sens un peu solitaire à dire que cette légende est à son déclin. Élias ABOU CHARAF

L’Amérique l’accueille avec un enthousiasme démesuré alors que les quelques autres continents s’en plaignent. A priori, cette question semble stupide. Mais honnêtement, sommes-nous hostiles à l’acteur anglais Daniel Craig, car il est trop musclé pour incarner le rôle de James Bond? Et sans doute sommes-nous trop marqués par les autres merveilleux Connery, Moore, Brosnan et la clique (qui d’ailleurs étaient de loin plus charismatiques et passaient visiblement moins de temps à la gym)? Ou encore, sommes-nous peu habitués au changement puisque le Bond des trente dernières années n’était pratiquement jamais un blondinet au corps façonné, mais un homme au vrai sens du terme? Et ce n’est pas fini. À part Mr. Craig, les marques viennent parader d’une manière assez vulgaire: l’incessante publicité pour...