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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Jusqu’à quand ? Ma petite-fille Maya (8 ans) m’a envoyé un mail pour me faire part de sa joie de venir passer le congé de Noël chez nous, ici, et elle me demandait si « le Liban est arrangé ». Inquiète, elle se rappelle d’avoir dû quitter en catastrophe cet été. Mon autre petite-fille (15 ans) a dit à sa maman qu’elle ne voulait plus revenir à Beyrouth avant d’avoir son nouveau passeport canadien. N’est-ce pas triste, ce genre de réaction ? Jusqu’à quand pensez-vous que nos enfants et petits-enfants vont continuer à venir passer leurs vacances (au moins ça...) chez nous ? À mon avis, pas pour très longtemps, et ce n’est pas moi qui vais les encourager. Malheureusement avec ce qui se passe et à lire les déclarations de nos responsables, nous perdons tout espoir de voir une quelconque solution à l’horizon.. Sally TRABOULSI Une « téta » très triste Réponse à Diana Casas Un courrier comme celui de Diana Casas (L’Orient-Le Jour du 16 novembre) ne peut me surprendre, même si je regrette de ne pouvoir en approuver le contenu. Comme elle, je suis chrétien, et comme elle, libanais d’adoption (même si je n’ai pas encore pu obtenir la nationalité libanaise, malgré mes trente années passées au pays du Cèdre, mais c’est une autre histoire). Comme elle, je regrette le départ des Libanais, et principalement les chrétiens. Comme elle, je respecte profondément toute personne capable de risquer sa vie pour une cause qu’elle estime juste – et cela, même dans le cas où je pense qu’elle se trompe. Mais – et là commencent nos divergences – je ne professe pas le même respect pour celui qui est prêt à sacrifier, non seulement sa vie, mais aussi celles de femmes et d’enfants pour une cause qui ne les concerne en rien. N’oublions pas que Hassan Nasrallah nous a confirmé lui-même que – je cite : « Le Hezbollah ne se bat pas pour le Hezbollah ni même pour le Liban, mais pour la nation islamique. » Je ne peux non plus rejoindre Diana Casas lorsqu’elle « refuse que l’on dise que le coupable, c’est le Hezbollah » parce que « les bombes venaient de l’autre côté de la frontière ». Celui qui ouvre la cage d’un tigre et le lâche sur la ville peut difficilement se laver les mains du sang des victimes du fauve. Yves PREVOST D’une République à l’autre Dépêche d’agence : « Le chef de l’État sortant Joseph Kabila a été déclaré vainqueur de l’élection présidentielle au Congo-Kinshasa. Dénonçant une élection qu’ils disent frauduleuse, les partisans de Bemba ont menacé de mettre un terme aux accords promouvant le règlement des conflits par le dialogue et revendiqué la victoire avec 52 % des voix, ce que la CEI a qualifié d’imposture. » Dans la capitale du Congo-Kinshasa, la tension est à son comble, les partisans de Bemba menaçant de recourir à la rue afin de faire appliquer leurs revendications. L’Union pour la nation n’acceptera pas un hold-up électoral qui vise à voler au peuple congolais la victoire, écrit la coalition dans un communiqué. « Nous voulons défendre et nous continuerons à défendre les intérêts de la population jusqu’au bout. Il n’y a pas en démocratie de compromission », a déclaré Bemba sur l’une des chaînes de télévision qu’il possède. République bananière, disiez-vous ? PS : toute ressemblance avec un parti politique libanais serait l’agrume... euh, pardon, le fruit d’une pure coïncidence, indépendante de notre volonté. Joseph KARAM Se battre pour les autres Encore une fois, on aura eu la preuve que le Liban est vraiment la transposition chez lui des guerres des autres. Après les conflits arabo-israélien, syro-libano-saoudien, irano-américain, chiites vs sunnites, par milices et partis interposés, et d’après un rapport de l’ONU confidentiel et pourtant publié par le... Washington Post, des combattants somaliens se seraient battus aux côtés du Hezbollah durant le conflit de juillet dernier. Bref, à l’image du conflit entre l’Éthiopie et les milices islamiques somaliennes qui ont déclaré le jihad contre ce qui fut la patrie du négus, voilà qu’on a réussi à faire qu’un conflit entre Falachas israéliens (c’est-à-dire pour les plus incultes d’entre tous les juifs d’Abyssinie) et Somaliens se transpose d’une certaine manière au Liban. À force, on pourrait faire du Liban-Sud le centre du monde des guerres. Importons aussi Kim et ses fameuses bombes de Corée, et aussi le Darfour. Et tant qu’à faire, nous pourrions aussi demander aux sentiers très lumineux et autres Khmers rouges maoïstes ou staliniens d’abandonner leur jungle pour venir en villégiature chez nous, sans pour autant perdre la main sur le commerce des âmes. Relançons ainsi l’industrie touristique, les conflits des autres semblant si bien prendre racine chez nous, sans engrais, le terreau y étant déjà assez bien fertilisé par nous autres Libanais, avec ou sans dialogue. Le monde connaîtra ainsi une période de paix historique. Pendant qu’au Liban, on se battra, comme toujours, pour les autres... François EL-BACHA Comme en 1989 ? J’ai aujourd’hui, après la « guerre de libération des prisonniers » provoquée par le Hezbollah en juillet 2006, l’impression de revivre l’automne de l’année 1989. En ce temps-là, le Liban venait de sortir exsangue de la guerre dite « de libération », lancée à la surprise générale par Michel Aoun en mars 1989, et qui s’était soldée par des milliers de morts et des destructions massives sans qu’aucun centimètre du territoire ne soit libéré. L’accord de Taëf mit un terme à cette guerre vaine sans vainqueurs ni vaincus. Le général Aoun se mit alors à s’en prendre au gouvernement du président Élias Hraoui, aux députés, à des partis politiques, à la presse, à l’Occident, aux pays arabes, voire même au patriarche maronite. Espérons que les Libanais feront preuve cette fois de sagesse. Marwan ABI RACHED
Jusqu’à quand ?

Ma petite-fille Maya (8 ans) m’a envoyé un mail pour me faire part de sa joie de venir passer le congé de Noël chez nous, ici, et elle me demandait si « le Liban est arrangé ». Inquiète, elle se rappelle d’avoir dû quitter en catastrophe cet été. Mon autre petite-fille (15 ans) a dit à sa maman qu’elle ne voulait plus revenir à Beyrouth avant d’avoir son nouveau passeport canadien. N’est-ce pas triste, ce genre de réaction ? Jusqu’à quand pensez-vous que nos enfants et petits-enfants vont continuer à venir passer leurs vacances (au moins ça...) chez nous ? À mon avis, pas pour très longtemps, et ce n’est pas moi qui vais les encourager. Malheureusement avec ce qui se passe et à lire les déclarations de nos responsables, nous perdons tout espoir de voir une quelconque solution à...