L’investiture triomphale de Ségolène Royal a sonné l’alarme au sein du parti majoritaire UMP, qui voit en la candidate socialiste à la présidentielle une menace de poids, au moment où « chiraquiens » et partisans de Nicolas Sarkozy se déchirent.
Pour l’entourage du ministre de l’Intérieur Nicolas Sarkozy, Mme Royal est « une rivale dangereuse ». D’autant plus que sa large victoire, au terme de primaires qualifiées de réussite démocratique, contraste avec les divisions de l’UMP. « Toute division à droite est à présent mortifère », a averti le sénateur UMP Roger Karoutchi, alors que plusieurs députés de droite mettaient en garde hier contre la menace Royal. Or les passes d’armes ont repris ces dernières semaines entre le camp de Nicolas Sarkozy et les fidèles du président Jacques Chirac. Le Premier ministre Dominique de Villepin et la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, deux rivaux potentiels de Nicolas Sarkozy, tentent de contrecarrer l’ascension de l’ambitieux ministre, partisan de « la rupture ».
Piques, commentaires ambigus, les deux camps échangent des amabilités et jeudi, quand les militants socialistes votaient pour choisir le représentant socialiste, la journée a viré au règlement de comptes. Devant quelque 2 500 délégués réunis pour parler du projet de l’UMP pour les législatives de 2007, Mme Alliot-Marie, qui envisage de participer à la course présidentielle, a affiché des positions en total décalage avec le discours sarkozyste. Elle a recueilli un concert de sifflets, à côté d’applaudissements.
Nicolas Sarkozy, qui s’emploie à mettre le parti en ordre de bataille derrière lui, a ironisé sur le « test de popularité » réalisé par la ministre de la Défense. Il a répondu pied à pied à ses critiques, notamment sur la « discrimination positive » qu’il prône et sa conception toute-puissante de la fonction présidentielle. Même s’il n’en pense pas moins, le Premier ministre Dominique de Villepin s’est lui gardé d’attaquer frontalement Nicolas Sarkozy. Quant à l’entourage de Jacques Chirac, il laisse planer l’incertitude sur les intentions du président, qui aura 74 ans dans quelques jours. Sa femme Bernadette a envisagé à mots couverts une nouvelle candidature dans une interview parue cette semaine.
En attendant d’y voir plus clair, le ministre de la Santé Xavier Bertrand a appelé les chiraquiens à « cesser d’envoyer des flèches contre leur propre camp ». Deux candidats UMP au premier tour de la présidentielle, cela impliquerait « forcément zéro candidat UMP au second tour », a-t-il relevé.
Audray KAUFFMANN (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats