Ségolène Royal n’aura mis que 14 mois pour s’imposer comme la candidate du Parti socialiste français à l’élection présidentielle d’avril-mai 2007, au nez et à la barbe de rivaux pourtant plus expérimentés. D’aucuns ont évoqué une « guerre-éclair » tandis que certains de ses adversaires de droite ont parlé de « hold-up » sur la campagne socialiste. C’est son élection à la tête de la région Poitou-Charentes (Sud-Ouest), en mars 2004, qui la fait entrer dans le camp des présidentiables. Elle incarne alors le sursaut d’une gauche qui ne s’est pas encore relevée de la claque du 21 avril 2002, lorsque le candidat socialiste Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle, devancé par le président sortant Jacques Chirac et le leader de l’extrême droite Jean-Marie Le Pen.
Jusqu’en septembre 2005, Ségolène Royal s’investit méthodiquement dans sa région, dont elle veut faire un laboratoire d’idées pour le pays. Puis le 22 de ce mois, jour de ses 52 ans, elle se dit pour la première fois prête à se lancer dans la bataille de l’investiture. Pendant des semaines, elle distille les petites phrases montrant sa disponibilité. Les sondages sont déjà excellents.
En février 2006, Mme Royal lance un site Internet, Désirs d’Avenir, qui doit encourager la « démocratie participative ». Pour acquérir une nouvelle dimension, la compagne du leader du Parti socialiste François Hollande entame dès l’hiver une série de voyages, du Chili au Sénégal, via des capitales européennes. Forte de sa popularité et de l’engouement des médias, elle se redit « prête », avançant des idées qui font débat et contraignent ses rivaux à se positionner sur son terrain.
Qualifiée de « madone des sondages », elle annonce un état-major de campagne ouvert à des sensibilités diverses du parti. Les ralliements commencent à affluer. Ségolène Royal subit néanmoins, en y répondant à peine ou pas du tout, de dures critiques de son camp.
Le 29 septembre dernier, elle annonce officiellement sa candidature à l’investiture socialiste, dans un lieu symbolique, Vitrolles (Bouches-du-Rhône, Sud) ville reprise à l’extrême droite par le PS à l’automne 2002. Ségolène Royal entame ensuite les six semaines de campagne interne sans plaisir. Estimant qu’« une femme doit toujours faire ses preuves plus qu’un homme », elle redoute une opération destinée, selon elle, à la faire trébucher. Et à briser le lien direct qu’elle estime avoir tissé avec les électeurs. Touchant une corde sensible dans l’opinion, elle est finalement sortie de sa réserve dans les derniers jours de la campagne pour critiquer le « machisme » de ses deux adversaires : elle assure que M. Strauss-Kahn lui a conseillé de « rester chez elle au lieu de lire ses fiches-cuisine » lors des débats télévisés et que M. Fabius s’était ironiquement inquiété de savoir qui allait « garder les enfants » dans le couple qu’elle forme avec François Hollande. Sur la défensive, tous deux ont été contraints de démentir immédiatement.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Ségolène Royal n’aura mis que 14 mois pour s’imposer comme la candidate du Parti socialiste français à l’élection présidentielle d’avril-mai 2007, au nez et à la barbe de rivaux pourtant plus expérimentés. D’aucuns ont évoqué une « guerre-éclair » tandis que certains de ses adversaires de droite ont parlé de « hold-up » sur la campagne socialiste. C’est son élection à la tête de la région Poitou-Charentes (Sud-Ouest), en mars 2004, qui la fait entrer dans le camp des présidentiables. Elle incarne alors le sursaut d’une gauche qui ne s’est pas encore relevée de la claque du 21 avril 2002, lorsque le candidat socialiste Lionel Jospin avait été éliminé dès le premier tour de l’élection présidentielle, devancé par le président sortant Jacques Chirac et le leader de l’extrême droite...