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Actualités - Opinion

Les partants continuent à nier avoir agi à cause du tribunal

Une simple coïncidence. C’est ce que soutiennent les formations chiites, au sujet du rapport entre la démission de leurs ministres et l’approbation du statut du tribunal à caractère international. Mais ils semblent oublier qu’en décembre dernier, ces ministres avaient boudé le gouvernement pendant sept semaines quand il avait été question du tribunal, au lendemain de l’assassinat de Gebran Tuéni. Au bout du compte, cependant, le Hezbollah et Amal ne veulent pas, ne peuvent pas, paraître s’opposer à la justice, d’une part. Ni, surtout, s’inscrire en faux contre la légitime volonté de tous leurs compatriotes, comme du reste du monde (à quelques exceptions près) de connaître la vérité. La fraction opposante qui monopolise la représentation chiite affirme donc qu’elle se trouve motivée par d’autres considérations, d’autres causes. Dont l’impossibilité de parvenir à un accord sur ce cabinet d’union nationale qu’elle réclame vainement depuis quelque temps. Avec le concours des dignitaires religieux de leur communauté, les deux partis tentent de convaincre l’opinion publique qu’il n’existe pas de lien entre la démission de leurs ministres et le tribunal international. Tout en relevant à ce dernier sujet qu’il est normal que l’on veuille discuter de certains détails. Ajoutant que cela aurait été dans un esprit d’entente, pour parvenir à un accord. Comme cela s’était produit lors du débat sur la demande de mise en place du tribunal. L’on avait alors convenu localement qu’il ne serait pas une sorte de TPI, pas une instance totalement étrangère, mais à caractère international, c’est-à-dire incluant également des juges libanais. Prétextes Répliquant à ces alibis, des députés du 14 Mars soulignent que pour bien montrer qu’ils ne ciblaient pas le tribunal, les ministres chiites auraient dû assister à la séance consacrée au statut. Y faire leurs remarques, voter contre s’ils le souhaitaient. Et, ensuite, soulever la question de l’impasse dans la gestation du cabinet d’union. Protester à ce propos puis démissionner, en avançant cette même raison. Ils se seraient de la sorte lavé les mains du tribunal et auraient largué d’avance le reproche d’avoir cherché à le torpiller à tout prix. Mieux encore, selon ces députés, la partie chiite aurait bien fait d’attendre, d’espacer de quelques jours, avant de claquer la porte, pour éviter toute équivoque sur ses motivations. Et pour parer, ou minimiser, l’accusation de ne faire que le jeu de Damas. Étant entendu que le président Bachar el-Assad est hostile à la procédure judiciaire dans l’assassinat du président Rafic Hariri, au point d’avoir demandé à l’ONU de cesser ses investigations dans cette affaire. C’est ce que soutient la revue britannique The Economist, qui attribue en outre à un conseiller de Tony Blair, ayant rencontré récemment la direction syrienne, le constat que le tribunal international est actuellement le plus grand souci, la première priorité, pour le régime de Damas. Lucarne Certains continuent à placer leurs espoirs de détente, sinon de solution, dans le président Nabih Berry. Conciliateur en chef jusqu’à l’instant précis où, contrairement à ses assurances de la veille, ses ministres ont démissionné, il a affirmé à ce propos : « Nous nous sommes comportés démocratiquement. Comme nous n’avons pu régler la question de la participation que nous demandions, nous avons estimé qu’il était opportun de recourir au principe démocratique qui veut que la majorité gouverne, tandis que la minorité s’oppose. » Il a d’autre part relevé qu’il existe des dizaines de personnalités chiites capables de remplacer les ministres démissionnaires. Mais, selon des pôles politiques, il devait sans doute plaisanter en avançant cette idée. Car, indiquent-ils, il connaît la réalité mieux que personne. À savoir qu’il n’y aurait aucun chiite acceptant d’être désigné… comme ennemi numéro un des deux partis qui tiennent politiquement les rênes de la communauté. Il y aurait des remous de rue et probablement, selon les mêmes sources, le président Lahoud refuserait de signer un quelconque décret de remplacement des ministres démissionnaires. D’autant qu’il proclame noir sur blanc, dans sa lettre solennelle à l’ONU, que le gouvernement Siniora est devenu illégitime. Ce n’est donc pas lui qui risque de le renflouer. Il reste que les propos de M. Berry sur le remplacement semblent confirmer que son point de vue est que le gouvernement reste légal et constitutionnel, malgré les démissions. Du moment qu’il s’y trouve toujours une majorité des deux tiers. En effet, la Constitution ne considère un gouvernement comme tombé que dans les cas suivants ; si son chef démissionne ou décède ; s’il perd plus du tiers de ses membres ; lors de l’avènement d’un nouveau président de la République ou d’une nouvelle Chambre ; enfin, suite à un vote de défiance au Parlement. L’entourage du président de la Chambre a produit un communiqué laissant dans le flou s’il a exprimé ou non une telle opinion. Pour se démarquer de la sorte du Hezbollah dont les partisans soutiennent, comme Baabda, que le gouvernement n’a plus ni crédibilité ni légitimité. Émile KHOURY

Une simple coïncidence. C’est ce que soutiennent les formations chiites, au sujet du rapport entre la démission de leurs ministres et l’approbation du statut du tribunal à caractère international. Mais ils semblent oublier qu’en décembre dernier, ces ministres avaient boudé le gouvernement pendant sept semaines quand il avait été question du tribunal, au lendemain de l’assassinat de Gebran Tuéni. Au bout du compte, cependant, le Hezbollah et Amal ne veulent pas, ne peuvent pas, paraître s’opposer à la justice, d’une part. Ni, surtout, s’inscrire en faux contre la légitime volonté de tous leurs compatriotes, comme du reste du monde (à quelques exceptions près) de connaître la vérité. La fraction opposante qui monopolise la représentation chiite affirme donc qu’elle se trouve motivée par d’autres...