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Les ciné-clubs

Lady Vengeance, de Park Chan-wook (2004) Lady Vengeance est le troisième volet d’une « trilogie de la vengeance » initié par Park Chan-wook en 2002 avec Sympathy for Mr. Vengeance et poursuivi en 2004 avec Old Boy. Diplômé de philosophie, le cinéaste pense la violence comme processus rédempteur et offre une vraie analyse et méthode de leur rapport. Théorie sur la juste vengeance dans Sympathy for Mr. Vengeance (qui a le droit à la vengeance ?), sur la vengeance conditionnée dans Old Boy (le mal doit-il engendrer la vengeance ?), dans Lady Vengeance, il offre une vision pessimiste sur la rédemption, inaccessible pour son personnage. Il précise d’ailleurs dans une note de presse que Lady Vengeance « comprend son erreur (...) elle réalise que la violence n’a aucune vertu rédemptrice ». Chan-wook revient à la source du mal, la pulsion de violence : est-elle vraiment créée par le désir de vengeance ? N’est-ce peut-être pas l’inverse ? La première du film a eu lieu en Corée le 18 juillet 2005. Il a ensuite pris le box-office d’assaut. Trois semaines plus tard, le film a rapporté plus de 20 500 000 $ et a été vu par près de 4 millions de spectateurs, ce qui en fait le plus grand démarrage de l’année en Corée. Le film se classe aujourd’hui parmi les succès de l’histoire du cinéma coréen. Contrairement aux deux premiers volets qui mettaient en avant des personnages masculins, ce film-ci tourne autour d’une femme. C’est à l’actrice Lee Yeong-ae qu’est revenue la lourde tâche de reprendre la main. Lee Young-ae est une des plus grandes et des plus populaires comédiennes coréennes. Célèbre dans toute l’Asie grâce à diverses séries télé comme Jewel in the Palace ou à des films comme One Fine Spring Day, l’ange de la vengeance retrouve Park Chan-wook (après une collaboration dans Joint Security Area) pour un rôle détruisant totalement son image lisse de femme douce et chaleureuse. Contre-emploi réussi pour l’actrice qui incarne là parfaitement un démon, un démon sensuel, violent et avide de vengeance. Autre visage familier pour les aficionados de Chan-wook, l’acteur de Old Boy, Choi Min-Sik, qui se retrouve cette fois du côté des ennemis. Pour ce qui est du style, du thème et de l’atmosphère, la patte bien particulière du cinéaste reste la même. À l’image des précédents volets, le mécanisme de la vengeance est toujours aussi bien huilé. La violence, quant à elle, se veut plus que jamais gênante, rehaussée par une mise en scène nerveuse. Viennent se greffer à cela des plans aussi esthétiques qu’inventifs, mais également un élément tout à fait surprenant, le burlesque. Qu’on aime ou qu’on déteste, le cinéaste offre une expérience cinématographique saisissante, qui ne laissera certainement personne indifférent. L’histoire : à 19 ans, la jolie Geum-Ja, timide Coréenne faisant tourner les têtes des hommes, s’accuse du kidnapping et du meurtre d’un enfant de cinq ans. Elle se forge pourtant une toute autre réputation en prison, où, aidant les prisonnières à surmonter la peur et l’enfermement, elle obtient le sobriquet de « Geum-Ja au grand cœur ». Pourtant, la jeune fille, qui semble avoir trouvé la rédemption dans le catholicisme et la prière, attend sardoniquement sa sortie de cellule. Car chacun de ses actes, chacune de ses bonnes actions sert un plan de vengeance diabolique, qui doit l’opposer au mystérieux professeur Baek. Dès sa libération, après treize ans d’emprisonnement, Geum-Ja se lance sur ses traces... Avec Lee Young-ae , Choi Min-sik , Kwon Yea-young , Kim Si-hu et Nam Il-woo. Ciné-club de l’ALBA, vendredi 17 novembre à 17h15 Le maître de musique, de Gérard Corbiau (1988) Gérard Corbiau entre à la RTB en 1968 où il réalise une cinquantaine de films pour des magazines de reportages comme Neuf millions, À Suivre et Faits divers. En 1980, il rejoint le service musique-opéra-ballet de cette maison. Il réalise alors des portraits de musiciens et des contes musicaux. Par deux fois, la critique de la télévision le remarque pour l’originalité de sa vision sur les rapports entre la musique et la fiction, et lui décerne l’Antenne de Cristal pour Sax (1981) et À la recherche de S (1983). Mais sa passion pour le cinéma reste intacte. En 1987, il franchit le pas en réalisant Le Maître de musique, son premier long-métrage. À travers la musique, le cinéaste nous plonge dans le drame humain d’un homme dont la voix est la seule dignité. De la bande son au décor, en passant par les voix et la mise en scène inventive, tout participe à rendre l’histoire captivante. L’univers bien particulier de la musique continuera d’ailleurs à poursuivre le cinéaste. En 1994, Corbiau réalise effectivement son projet le plus ambitieux jusqu’alors, Farinelli, il Castrato, où il ressuscite la vie et la voix de Carlo Broschi, dit Farinelli, fameux castrat du XVIIe siècle (le film remporte le Golden Globe du meilleur film étranger et décroche le César du meilleur décor et du meilleur son). Six ans plus tard, il met en scène Benoît Magimel dans Le roi danse. Dans ce film, Corbiau présente une facette méconnue de Louis XIV et insiste sur la passion que vouait le roi à l’art, notamment la danse et la musique. Que ce soit dans Le roi danse, Farinelli ou Le maître de musique, le réalisateur, fidèle à lui-même, offre des plans d’une beauté indéniable, des plans magnifiés par une musique exceptionnelle. L’histoire : Joachim Dallayrac, fameux chanteur, quitte définitivement la scène après une soirée triomphale, pour consacrer sa vie à former une unique élève, Sophie, jeune fille à la voix admirable. Sa compagne, Estelle, le suit, et l’apprentissage de Sophie, que Joachim veut parfait, commence. Il recueille bientôt un jeune voyou à la voix prometteuse. Il décide de les laisser participer à un grand concours de chant organisé par le prince Scotti, mécène richissime qui voue une haine farouche à Joachim. Avec José Van Dam, Anne Roussel et Philippe Volter. Auditorium de l’ESA, mardi 21 novembre à 20h30
Lady Vengeance,
de Park Chan-wook (2004)

Lady Vengeance est le troisième volet d’une « trilogie de la vengeance » initié par Park Chan-wook en 2002 avec Sympathy for Mr. Vengeance et poursuivi en 2004 avec Old Boy. Diplômé de philosophie, le cinéaste pense la violence comme processus rédempteur et offre une vraie analyse et méthode de leur rapport. Théorie sur la juste vengeance dans Sympathy for Mr. Vengeance (qui a le droit à la vengeance ?), sur la vengeance conditionnée dans Old Boy (le mal doit-il engendrer la vengeance ?), dans Lady Vengeance, il offre une vision pessimiste sur la rédemption, inaccessible pour son personnage. Il précise d’ailleurs dans une note de presse que Lady Vengeance « comprend son erreur (...) elle réalise que la violence n’a aucune vertu rédemptrice ». Chan-wook revient à...