Une fête pour les Bleus de 1998 et 2000 précédera le match amical France-Grèce demain : un choix paradoxal, alors que le match France-Grèce (0-1) du 25 juin 2004 avait soldé l’élimination des Français en quarts de finale de l’Euro 2004 de football dans une ambiance de fin de règne tragique.
Un but de Charisteas à la 65e minute au stade José Alvalade de Lisbonne avait précipité ce soir-là les champions d’Europe en titre dans le vide. Au regard des chiffres – 21 matches sans défaite avant ce quart de finale –, l’élimination française surprenait face à la Grèce, « petite » nation du football au palmarès inexistant (qui allait ensuite remporter le titre). Pas au vu des prestations de la bande à Zidane au Portugal, jamais séduisante depuis le début du tournoi portugais. Lors du premier tour, les Bleus de Jacques Santini n’avaient jamais convaincu, s’en sortant par miracle face à l’Angleterre (2-1) et la Croatie (2-2). Alors que seul Lizarazu avait expliqué publiquement ses doutes sur les chances françaises avant ce quart de finale, le revers du 25 juin levait le voile sur une équipe qui n’en était plus vraint meune, sans joie de jouer et sans âme.
Au fond du trou
« On n’a pas tous poussé dans le même sens, c’est une déception, confessait ainsi Zidane juste après la rencontre. On aurait pu jouer un peu différemment, mais il nous manquait de l’harmonie. Est-ce la fin d’un cycle ? On verra, ce soir, on a perdu tous ensemble. » Étrange tournure de phrase qui résonne aujourd’hui avec le « vivre ensemble, mourir ensemble » qui a cimenté le groupe tricolore lors de son épopée jusqu’en finale du Mondial 2006. Pour l’heure, la France est au fond du trou, ce 25 juin 2004, deux ans après une autre débâcle mémorable au premier tour du Mondial 2002 en Asie. « C’est sans doute la fin d’une génération, car, en 2006, il restera très peu de joueurs qui auront gagné en 1998 », résume alors Lilian Thuram, exprimant après la défaite contre les Grecs la lassitude des champions du monde 1998 et champions d’Europe 2000. Le mois de juillet qui va suivre va être celui des grands départs. Le cas du sélectionneur est vite réglé, puisque Jacques Santini a annoncé avant le début de l’Euro 2004 qu’il quitterait son poste pour aller entraîner le club anglais de Tottenham.
Séisme
Sans surprise, Marcel Desailly confirme le 4 juillet l’arrêt programmé de sa carrière internationale. Le 12 juillet, Raymond Domenech est nommé nouveau sélectionneur et fait le ménage dans l’encadrement, le départ de l’intendant « historique » Henri Émile étant notamment mal vécu pour les anciens. Et l’hémorragie continue. Thuram quitte le navire bleu le 27 juillet, suivi par Lizarazu le 5 août. Après ces premières secousses, survient le séisme quand Zidane annonce sa retraite internationale le 12 août 2004. Six jours plus tard, Domenech dirige son premier match à la tête de l’équipe de France (1-1 à Rennes en amical face à la Bosnie) et Barthez, dernier rescapé de la défense championne du monde 1998, paraît alors un peu perdu derrière le brassard de capitaine (hérité en l’absence de Vieira, blessé). Le « Divin chauve » se sentira moins seul un an plus tard, le 17 août 2005 avec les retours de « Zizou » et « Tutu » en équipe de France.
Mercredi soir, tous les joueurs des heures glorieuses de 1998 et 2000 (à l’exception de Guivarc’h, en vacances), retraités des Bleus (Zidane a raccroché définitivement cette fois) ou encore en activité, seront réunis pour tourner la page avec un son et lumière sur la pelouse du Stade de France. Puis Vieira devrait fêter sa 100e sélection à l’occasion de France-Grèce. Ironie de l’histoire, il était blessé le 25 juin 2004.
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Un but de Charisteas à la 65e minute au stade José Alvalade de Lisbonne avait précipité ce soir-là les champions d’Europe en titre dans le vide. Au regard des chiffres – 21 matches sans défaite avant ce quart de finale –, l’élimination française surprenait face à la Grèce, « petite » nation du football au palmarès inexistant (qui allait ensuite remporter le titre). Pas au vu des prestations de la bande à Zidane au Portugal, jamais séduisante depuis le début du tournoi portugais. Lors du premier tour, les Bleus de...