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Actualités - Reportage

REPORTAGE L’indescriptible horreur à Beit Hanoun

Les cartables de Mohammad et Ahmad, 8 et 9 ans, étaient prêts pour l’école. Mais un obus d’artillerie israélien a plongé leur maison dans l’horreur. Les deux enfants de Beit Hanoun sont morts. Leurs lits sont couverts de sang. Outre les deux enfants, neuf membres de la famille Assamna ont été fauchés par les tirs israéliens. À Beit Hanoun, qui se remet à peine d’une meurtrière opération militaire, le bilan est de dix-huit tués et une quarantaine de blessés. Une façade de la maison est éventrée. « Ils dormaient tous. Les obus sont tombés dans les chambres. Toute ma famille est morte », hurle un oncle, Ibrahim Assamna, d’une voix déchirante. À 05h30 (03h30 GMT), alors que les habitants de la rue Hamad étaient en plein sommeil ou que d’autres venaient de se lever pour prier, au moins six obus d’artillerie sont tombés sur des immeubles d’habitation. Quatre femmes et enfants figurent parmi les victimes. Ibrahim se rendait à son travail quand la tuerie s’est produite. « Mes sept frères sont morts en martyrs », se lamente-t-il au bas des immeubles touchés, les pieds dans des flaques d’eau et de sang. Des morceaux de chair sont éparpillés au sol. « Je me rendais au travail. J’étais encore tout près de chez moi lorsque le premier obus est tombé. Je pensais que c’était un tir comme les autres. Il y en a eu tellement au cours des derniers jours. Mais ensuite, j’ai entendu cinq autres explosions », raconte l’homme en tremblant. « Je suis immédiatement revenu et j’ai vu des choses qu’on ne peut pas décrire : il y avait une mer de sang. Ce sont des criminels ! C’est un massacre ! crie-t-il. Tous mes enfants ont été blessés. Je ne sais pas encore si certains sont morts. » « Nous sommes tous épuisés depuis l’incursion israélienne. Quelqu’un m’a appelé et m’a dit : “Il y a eu un grand massacre dans ta famille” », raconte un autre membre de la famille Assamna, Saïd, 50 ans. En larmes, il lâche : « Nous n’avons pas pu transporter immédiatement les morts et les blessés à l’hôpital. Nos voitures ont été détruites dans l’opération israélienne. Les secours n’ont pu arriver que 30 minutes après. » « Ils ont commis un massacre de plus qui a un seul but : faire fuir tous les habitants de cette ville. Israël ne veut voir plus personne à Beit Hanoun et les tirs de roquettes ne sont qu’une excuse », poursuit l’homme, les habits rouges de sang. Akram, un frère des sept hommes de la famille Assamna frappée par la catastrophe, n’arrive presque pas à parler. Les yeux dans le vide, il dit dans un souffle : « Tout s’est arrêté dans mon esprit. J’ai vu la fille d’un des mes frères décapitée. L’un deux n’avait plus de main. » « Pourquoi ? » crie soudain, sur le pas de sa porte, une voisine, Zaala Abou Jarad, au milieu de la cohue provoquée par les dizaines de personnes agglutinées dans la rue Hamad dans le va-et-vient des ambulances. « J’ai 60 ans et je n’ai rien vu de pareil de toute ma vie », se lamente-t-elle. Pour Nabil, 38 ans, neveu d’un des hommes tués, ces morts ne font que renforcer ses convictions. Les gens de Beit Hanoun n’abandonneront jamais la résistance à l’occupation. « Nous continuerons à soutenir les combattants pour mettre fin à l’occupation », assure-t-il. Adel ZAANOUN (AFP)

Les cartables de Mohammad et Ahmad, 8 et 9 ans, étaient prêts pour l’école. Mais un obus d’artillerie israélien a plongé leur maison dans l’horreur. Les deux enfants de Beit Hanoun sont morts. Leurs lits sont couverts de sang. Outre les deux enfants, neuf membres de la famille Assamna ont été fauchés par les tirs israéliens. À Beit Hanoun, qui se remet à peine d’une meurtrière opération militaire, le bilan est de dix-huit tués et une quarantaine de blessés. Une façade de la maison est éventrée. « Ils dormaient tous. Les obus sont tombés dans les chambres. Toute ma famille est morte », hurle un oncle, Ibrahim Assamna, d’une voix déchirante. À 05h30 (03h30 GMT), alors que les habitants de la rue Hamad étaient en plein sommeil ou que d’autres venaient de se lever pour prier, au moins six obus...