L’Union européenne, Londres, Paris, Rome, Madrid, Moscou ont protesté contre la brutalité de l’attaque, illustrée par les images d’enfants blessés retransmises par les TV du monde entier et « déplorée » par les dirigeants israéliens eux-mêmes. « Israël a le droit de se défendre, mais pas au prix de vies innocentes. Toutes les parties doivent exercer la plus grande retenue, et se limiter à des actions proportionnées et en accord avec le droit humanitaire international », a estimé la Commission européenne, résumant le sentiment général. L’Union européenne a par ailleurs demandé aux Israéliens de cesser leurs opérations militaires après les bombardements sanglants, qu’elle a jugés « profondément choquants ». « Il est difficile de comprendre ce que cette action visait à faire et comment elle peut être justifiée », a déclaré la ministre britannique des Affaires étrangères, Margaret Beckett. « Le droit d’Israël à exercer sa défense ne peut être remis en cause, mais celui-ci doit s’exercer dans le respect du droit international humanitaire », a abondé le ministre français des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Le ministre italien des Affaires étrangères Massimo D’Alema a pour sa part condamné « une escalade de la violence » qui n’est « pas acceptable », et espéré « que l’on va reprendre la voie des négociations ». Le gouvernement espagnol, toujours « opposé à l’utilisation de la force pour trouver une solution au conflit israélo-palestinien », a souhaité faire part « de sa condamnation la plus énergique ». Moscou a de son côté appelé « les deux parties à mettre fin aux frappes dont les victimes sont des personnes totalement innocentes, et à prendre des mesures d’urgence pour stabiliser la situation et reprendre le dialogue politique ».
À Washington, la Maison-Blanche a dit hier « regretter profondément » la mort de 18 Palestiniens à Beit Hanoun et a appelé « toutes les parties » à la retenue
Une « punition collective », selon l’ONU
Par ailleurs, le rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme dans les territoires palestiniens, John Dugard, a dénoncé la passivité du Conseil de sécurité. L’offensive israélienne contre la bande de Gaza a constitué « une punition collective brutale contre un peuple, et non pas contre un gouvernement, et a cependant bien peu attiré l’attention de la communauté internationale », a dénoncé le rapporteur spécial.
Dans la région elle-même, la Ligue arabe a appelé à une réunion d’urgence des ministres des Affaires étrangères. Le roi Abdallah II de Jordanie a dénoncé le « massacre horrible commis par les forces israéliennes contre des victimes innocentes, dont des enfants ». La Syrie « suit avec une profonde inquiétude les informations sur l’agression barbare lancée par Israël contre la bande de Gaza, notamment le massacre sauvage perpétré ce matin à Beit Hanoun. Elle dénonce fermement le terrorisme d’État pratiqué par Israël », a indiqué le ministère des Affaires étrangères.
En Égypte, le guide suprême des Frères musulmans, Mohammad Mahdi Akef, a appelé hier les pays arabes et islamiques entretenant des relations avec l’État hébreu à les rompre et à renvoyer les ambassadeurs d’Israël.
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