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Actualités - Chronologie

Le condor andin est de retour

Dans l’abri situé au pied de la montagne, en Patagonie argentine (Sud), tout le monde retient son souffle. Quatre jeunes condors s’avancent vers la porte qui leur rendra la liberté et chacun s’interroge sur ses chances de réussir son premier vol. Ces quatre condors, dont trois nés en captivité, ont été libérés la semaine dernière dans le cadre d’un programme international de sauvegarde du condor andin, dont l’espèce est très menacée. Située dans la province de Rio Negro (Sud-Est), la sierra de Paileman, qui signifie « le condor en paix » en langue indigène mapuche, a servi de cadre pour la cinquième fois depuis 2003 à la libération de ces condors afin qu’ils puissent occuper à nouveau une zone dont ils avaient disparu depuis plus de 170 ans. « Le condor est une espèce en voie d’extinction, car la cohabitation avec l’homme n’est pas bonne », explique Vanessa Astore, l’une des participantes du programme de conservation. Quand les condors ne sont pas tués, ils sont souvent empoisonnés ou victimes de la contrebande, comme c’est le cas de Piltri, une femelle de deux ans sauvée du trafic et libérée jeudi dernier, à l’issue d’une cérémonie mapuche. Le condor représente un animal sacré dans cette culture. Messager entre les hommes et Dieu, « son col blanc donne l’impression qu’il va disparaître dans le ciel. Pour nous, c’est le symbole qu’il va parler avec l’esprit », raconte Manuel Cayu, mapuche. Celui-ci conduit la cérémonie et s’adresse un instant au condor dans sa langue pour lui demander la venue des pluies. Ensuite, les quatre condors sortent de la plate-forme située sur le flanc de la montagne, espace fermé dans lequel ils étaient gardés depuis deux mois. Ils avancent timidement vers la porte pour leur premier envol. La plus vieille, Piltry la rescapée, retrouve vite ses repères, mais les trois jeunes condors sont moins téméraires. Ils déploient d’abord leurs ailes, peu assurés, et se laissent peu à peu porter par le vent. « Des treize qui ont été libérés jusqu’à présent dans cette région, ce sont ceux qui ont le mieux volé et de loin », s’enthousiasme Louis Jacome, directeur scientifique de la fondation bioandine et créateur du programme pour la conservation du condor andin. « Dans cinq mois, ils sauront parfaitement voler, mais nous continuerons à les suivre pendant un an » grâce au satellite. Ce système permet de savoir où les condors volent, dorment, afin de leur laisser de la nourriture si nécessaire et d’achever un processus de libération commencé au centre d’incubation artificiel du zoo de Buenos Aires. Des œufs de condors sont envoyés des zoos de tout le pays à la fondation bioandine et restent deux mois sous couveuse, avant d’être élevés par un couple de marionnettes représentant des condors en latex, ce qui leur permet de ne jamais avoir de contact avec des humains. Le succès du programme est attesté par la présence d’Équatoriens lors de la libération, désireux de reproduire l’expérience, et par la récente visite de M. Jacome au zoo d’Angers dans l’ouest de la France. « Mon seul regret est que nous n’avons pas encore réussi à réintroduire des condors adultes. Ils se perdent vite et sont retrouvés morts », confesse t-il. Avec ses trois mètres d’envergure, le condor est avec l’albatros l’un des plus grands oiseaux du monde. Il a une espérance de vie de 70 ans et peut parcourir 300 km par jour. Le projet condor, lancé notamment par le zoo de Buenos Aires et la fondation bioandine, date de 1991 mais s’est élargi dix ans plus tard au Chili. Les deux pays ne comptent plus que 2 500 condors, ce qui est peu au regard de l’immensité de la Cordillère des Andes qui les traverse. Après l’extinction du condor au Venezuela en 1965, une stratégie sud-américaine de conservation de l’espèce s’est mise en place et au total, 65 condors ont été libérés dans toute l’Amérique du Sud.
Dans l’abri situé au pied de la montagne, en Patagonie argentine (Sud), tout le monde retient son souffle. Quatre jeunes condors s’avancent vers la porte qui leur rendra la liberté et chacun s’interroge sur ses chances de réussir son premier vol.
Ces quatre condors, dont trois nés en captivité, ont été libérés la semaine dernière dans le cadre d’un programme international de sauvegarde du condor andin, dont l’espèce est très menacée.
Située dans la province de Rio Negro (Sud-Est), la sierra de Paileman, qui signifie « le condor en paix » en langue indigène mapuche, a servi de cadre pour la cinquième fois depuis 2003 à la libération de ces condors afin qu’ils puissent occuper à nouveau une zone dont ils avaient disparu depuis plus de 170 ans.
« Le condor est une espèce en voie d’extinction, car la...