La guérilla colombienne a lancé un nouveau défi à la politique de sécurité du président Alvaro Uribe avec l’attaque la plus sanglante de l’année contre un poste de police du nord de la Colombie, qui a fait 30 morts dont 17 policiers mercredi. « Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat des déclarations guerrières d’Uribe. Je ne suis pas surpris car ce qui se passe rentre parfaitement dans une logique absurde de la confrontation », a déclaré à l’AFP Carlos Lozano, l’un des médiateurs qui cherchent à amener les deux parties à un accord humanitaire pour libérer les otages retenus par la guérilla. « Uribe a joué les durs en affirmant qu’il réglerait le conflit par la force et en insultant les chefs guérilleros. Aujourd’hui, ces derniers prouvent qu’ils peuvent lui infliger des revers militaires où ils veulent et quand ils veulent », a-t-il ajouté. L’assaut du poste de police intervient douze jours après l’explosion d’une voiture piégée dans le plus important complexe militaire du pays en plein centre de Bogota, faisant 21 blessés. À la suite de cet attentat attribué par le gouvernement aux Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC-guérilla marxiste), le chef de l’État a annoncé qu’il interrompait les négociations en cours avec la guérilla pour un échange humanitaire et qualifié les chefs de la rébellion de « lâches » et de « fantoches ».
L’attaque du poste de police mercredi « est une réponse au défi lancé par Uribe » à la suite de l’attentat contre le complexe militaire, estime Leon Valencia, un ancien guérillero démobilisé. Il prévoit une nouvelle offensive des FARC cette année, analogue à celle de l’an dernier où les rebelles ont lancé une centaine d’opérations entre octobre et décembre. L’assaut contre le poste de police de Tierradentro (Nord), un ancien fief des Autodéfenses unies de Colombie (AUC), les groupes paramilitaires d’extrême droite dont plus de 30 000 miliciens se sont récemment démobilisés dans la région, a totalement surpris les forces de l’ordre. Entre 350 et 500 guérilleros, selon les dernières estimations militaires, ont investi le village de Tierradentro sans provoquer la moindre réaction des autorités.
Mais plus grave encore, les familles de policiers tués ont affirmé hier que ces derniers avaient été informés dès mardi soir de l’imminence d’une attaque d’envergure de la guérilla. Mme Yolanda Pulecio, la mère d’Ingrid Betancourt, otage des FARC depuis février 2002, est effondrée. « La nouvelle attaque va donner encore plus d’arguments à Uribe pour refuser un accord humanitaire », a-t-elle déclaré. « Il faut séparer conflit armé et accord humanitaire, ce sont deux choses différentes », a-t-elle souligné. « Les otages ne doivent pas payer le prix de cette maudite guerre », conclut, pessimiste, la mère de l’otage franco-colombienne. Les FARC, la plus grande organisation guérilla du pays avec 17 000 hommes, réclament la libération de 500 rebelles incarcérés par le gouvernement contre celle de 58 otages, personnalités politiques et militaires dont trois Américains et Ingrid Betancourt, ex-candidate des Verts à l’élection présidentielle en Colombie, enlevée le 23 février 2002.
Jean-Luc PORTE (AFP)
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats La guérilla colombienne a lancé un nouveau défi à la politique de sécurité du président Alvaro Uribe avec l’attaque la plus sanglante de l’année contre un poste de police du nord de la Colombie, qui a fait 30 morts dont 17 policiers mercredi. « Ce que nous vivons aujourd’hui est le résultat des déclarations guerrières d’Uribe. Je ne suis pas surpris car ce qui se passe rentre parfaitement dans une logique absurde de la confrontation », a déclaré à l’AFP Carlos Lozano, l’un des médiateurs qui cherchent à amener les deux parties à un accord humanitaire pour libérer les otages retenus par la guérilla. « Uribe a joué les durs en affirmant qu’il réglerait le conflit par la force et en insultant les chefs guérilleros. Aujourd’hui, ces derniers prouvent qu’ils peuvent lui infliger des revers militaires...