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Actualités - Opinion

Classe tous Rizk…

Mieux vaut tard que jamais, et il n’est jamais trop tard pour bien faire – surtout si c’est une sorte de mea culpa politique et public ; surtout si c’est immédiatement traduit en actes. Pas particulièrement sympathique, mais intelligent, et sans doute aucun très pragmatique, Charles Rizk est en guerre contre celui qui l’a ressuscité sur la scène politique en exigeant que lui soit confié, aux lendemains de l’assassinat de Rafic Hariri, le très prisé et hyperdélicat ministère de la Justice. Quiconque se met à dos, en politique, Émile Lahoud, est nécessairement, quelque part, quelqu’un de bien – a fortiori, donc, un homme qui n’hésite pas à se faire accuser de sarkozysme carabiné, de retournage intempestif de veste, de traître, etc. Qu’il ait été assuré d’un coup de pouce dans un éventuel prochain gouvernement, sachant pertinemment que le locataire de Baabda, s’il est toujours là, ne pensera pas à lui, ou qu’il ait pensé que son geste pourrait le rapprocher un peu de ce Baabda auquel, comme tout bon maronite et légitimement, il rêve, peu importe… Belle prise de conscience ou classique manœuvre, Charles Rizk a eu le bon sens de comprendre qu’il est impossible d’échapper à un tribunal international chargé de juger les assassins de Rafic Hariri – peut-être même qu’il a fini par se convaincre de l’urgence d’un tel avènement, d’une pareille assurance-vie, dans le processus de reconstruction du pays, dans la conception de son avenir. Et ce n’est pas parce qu’il a su s’entourer, qu’il a eu l’intuition qu’il fallait – écouter et entendre les meilleurs : Antoine Khair, Ralph Riachi, Chucri Sader – qu’il a moins de mérite à avoir pris le risque de se mettre à dos tout ce que le Liban compte comme (anciens et nouveaux) prosyriens. Aussi objectivement qu’il a été décrié, critiqué dans ces mêmes colonnes, un petit coup de chapeau et une bienvenue dans l’esprit 14 Mars s’imposent. Comme pour un de ses collègues, qui a toujours mis un point d’honneur à littéralement incarner, lorsqu’il occupait les locaux de l’Intérieur, les dérives totalitaires de la Syrie, et qui, en devenant reborn, en échappant par miracle à une mort pourtant certaine, a su se retrouver en paix avec lui-même, se retrouver tout court : Élias Murr. On ne juge pas un homme sur ses actes, répétait un homme d’exception, Édouard Honein, mais sur les conséquences de ses actes. En assurant aux quelques Libanais privilégiés, ceux-là qui se posent au-dessus, à côté et en travers de la Loi, ceux-là totalement décidés à replonger leur pays dans des affres de troubles, de désordre, d’émeutes, de fratricides et de viols de la démocratie, en leur assurant donc que l’armée s’opposera à tous ceux qui tenteront de paralyser ou de s’emparer par la force de n’importe laquelle des institutions libanaises, ce gendre idéal qu’est Élias Murr prend, encore plus que Charles Rizk, tous les risques. Il est d’ailleurs étonnant de voir que ce sont deux transfuges qui osent aujourd’hui le plus se comporter en… majorité. Plus que jamais, il est demandé aujourd’hui à Fouad Siniora et à son équipe de ne pas flancher. De prendre tous les risques, démocratiques, constitutionnels, d’autant que toutes les extrémités seront jugées bonnes pour faire avorter dans l’œuf le tribunal international : la pléthore de menaces, certes, mais aussi ces espèces de ruses de Sioux consistant à réussir à obtenir, par on ne sait quel moyen, un tiers de blocage pour ensuite démissionner de toutes les institutions possibles et imaginables, et bloquer tout le processus institutionnel du pays. Ce serait reculer pour mieux sauter : un tribunal à caractère international vaut bien mieux pour tous qu’une Cour spéciale annexe du TPI et qui ignorera totalement la loi et les revendications libanaises. Surtout qu’en ce pays, une chose, une seule, reste sûre : personne ne parviendra à annuler l’autre. Le dialogue ? Oui, mille fois oui, si cela peut servir à quelque chose, fût-ce de l’ordre de l’infime, et si cela les amuse. Les diktats ? Totalement has been. Malheureusement pour tous les nostalgiques, fussent-ils armés jusqu’aux dents. Pour eux, comme pour tout le monde, 2009 et un nouveau scrutin législatif ne sont plus très loin, et, quitte à annihiler l’autre, autant le faire proprement. Par les urnes. Ziyad MAKHOUL

Mieux vaut tard que jamais, et il n’est jamais trop tard pour bien faire – surtout si c’est une sorte de mea culpa politique et public ; surtout si c’est immédiatement traduit en actes. Pas particulièrement sympathique, mais intelligent, et sans doute aucun très pragmatique, Charles Rizk est en guerre contre celui qui l’a ressuscité sur la scène politique en exigeant que lui soit confié, aux lendemains de l’assassinat de Rafic Hariri, le très prisé et hyperdélicat ministère de la Justice. Quiconque se met à dos, en politique, Émile Lahoud, est nécessairement, quelque part, quelqu’un de bien – a fortiori, donc, un homme qui n’hésite pas à se faire accuser de sarkozysme carabiné, de retournage intempestif de veste, de traître, etc. Qu’il ait été assuré d’un coup de pouce dans un éventuel...