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Actualités - Opinion

Les lecteurs ont voix au chapitre

Élargir notre espace commun Je pense créer un mouvement qui regroupe des Libanais, de vrais, des Libanais qui pensent à l’agriculteur du Akkar comme au chauffeur de taxi du Sud, au chiite de la banlieue comme au déplacé du Chouf, des Libanais qui se rendent compte des différences culturelles, sociales, de toutes les composantes de la société libanaise et qui cherchent à les minimiser pour élargir l’espace commun entre nous, cet espace qui ne cesse de se réduire. On a plus de points communs que le passeport libanais. Vous savez, à chaque fois que je lis un article, dans n’importe quel journal, je note le nom de l’écrivain et je me promets de l’appeler quand je rentrerai au Liban. Je suis une sorte de chasseur de tête de vrais Libanais. Au Liban, on a besoin d’une nouvelle renaissance parce qu’on est tombé très bas, sur le plan politique, culturel et surtout humain, et la renaissance se fait par l’élite qui n’a pas encore été contaminée par les maladies de notre société. J’ai envie de savoir vraiment combien on est à penser comme ça. 5 %, 10 % ? Ce serait bien de regrouper tous ces Libanais, pour commencer un travail de fond, pour essayer de trouver des remèdes à ces maladies sociales, communautaires, tribales, travailler pour nos enfants, repérer les gens comme nous et les pousser à se mêler à la société pour l’éduquer, lui ouvrir l’esprit, formuler une charte du Libanais et diffuser cette charte qui sera beaucoup plus sacrée que notre Constitution, une charte qui dépasse la religion, les communautés, les régions, les clans. Créons une nouvelle religion ; un nouveau dieu et qu’on appellera Liban, et qu’on placera au-dessus de toutes les religions et de tous les dieux. Majdi SAMMOURI Pour une dictature éclairée, plutôt démocratique Il nous faut une dictature éclairée, plutôt une dictature démocratique puisqu’au Liban on s’attache tellement au régime démocratique. Depuis 1943, on essaie d’installer un régime démocratique à l’occidentale. Mais malheureusement, échec après échec, jusqu’à ce jour, nous n’avons pas réussi à le faire. Pourquoi ? D’abord à cause de la présence de 18 communautés religieuses qui prêchent la coexistence pacifique, mais qui ne veulent pas sacrifier leurs intérêts en faveur de l’intérêt national, à l’image de l’individu libanais qui fait passer son propre intérêt avant l’intérêt de la nation. Ensuite parce que nous inventons des hérésies comme la « démocratie consensuelle » qui n’en est pas une. Enfin parce que nous ne sommes pas différents des autres peuples de la région où il n’y a de paix que dans les pays à régime dictatorial ou quasi dictatorial. Tout simplement parce que là où il y a la paix, il y a un chef dictateur qui l’impose quand la raison d’État, ou l’intérêt de la nation l’exige, outrepassant la volonté de son gouvernement ou son Parlement. Nous ne sommes pas encore suffisamment matures pour vivre une vraie démocratie. En 22 jours, le regretté Béchir Gemayel a fait trembler l’Administration rien qu’en haussant la voix, avant même de prendre les rênes du pouvoir ! C’est cela la dictature démocratique : non seulement un gouvernement fort, représentatif de tous les courants, un Parlement élu en vertu d’une nouvelle loi électorale équitable, mais aussi un président de la République avec des prérogatives étendues, « armé d’un bâton équidistant de toutes les communautés » et lui permettant de trancher. Michel BARDAWIL Histoire de mode Octobre 1926, il y a juste 80 ans. C’est à la suite d’un article publié simultanément dans le journal La Tribune de Chicago et par la revue locale al-Hareth et attribué à des stylistes d’origine libanaise sur les méfaits des robes longues et les microbes qu’elles pouvaient engendrer à cause de la saleté qu’elles captent dans les rues que naquit la mode de la jupe courte. Les jambes nues dévoilées pour la première fois au Liban eurent un effet dévastateur. En effet, la nature avant-gardiste de la femme libanaise la poussait à adopter cette mode. Les hommes étaient choqués de voir subitement Ève, qu’elle soit grosse ou mince, montrer ainsi une blancheur de peau inconnue jusqu’alors. Sans oublier que deux mois auparavant, la mode des cheveux courts s’était généralisée à Beyrouth. Et à ce propos, on pouvait lire dans L’Orient de 1926 : « Nos élégantes ne savent plus où donner de la tête. » Dans un article encore plus satirique, un autre compara ces jambes nues au nouveau Parlement élu. Enfin et dans le monde des innovations, on ne peut que rendre hommage durant cette période à Najla Kfoury, première femme à inaugurer une exposition de soierie et de travaux manuels en broderies et dentelles. Antoine SABBAGHA
Élargir notre espace commun

Je pense créer un mouvement qui regroupe des Libanais, de vrais, des Libanais qui pensent à l’agriculteur du Akkar comme au chauffeur de taxi du Sud, au chiite de la banlieue comme au déplacé du Chouf, des Libanais qui se rendent compte des différences culturelles, sociales, de toutes les composantes de la société libanaise et qui cherchent à les minimiser pour élargir l’espace commun entre nous, cet espace qui ne cesse de se réduire. On a plus de points communs que le passeport libanais. Vous savez, à chaque fois que je lis un article, dans n’importe quel journal, je note le nom de l’écrivain et je me promets de l’appeler quand je rentrerai au Liban. Je suis une sorte de chasseur de tête de vrais Libanais. Au Liban, on a besoin d’une nouvelle renaissance parce qu’on est tombé...