Il y a cinquante ans, en pleine guerre froide, le monde avait les yeux tournés vers la Hongrie où le peuple se soulevait contre la domination soviétique. L’insurrection, déclenchée le 23 octobre, est écrasée dans le sang deux semaines plus tard par les chars soviétiques.
– 14 février 1956 : XXe Congrès du PCUS à Moscou. Le « rapport secret » de Khrouchtchev révèle les crimes de Staline et est interprété en Hongrie comme une condamnation des méthodes de Matyas Rakosi, chef stalinien du PC hongrois.
– mars : réhabilitation de Laszlo Rajk, ancien ministre, pendu en 1949, principale victime des procès de 1949, orchestrés par Rakosi.
– juillet : Rakosi démissionne, remplacé par son second, le général Erno Gero. Des slogans hostiles à l’URSS et au gouvernement apparaissent. L’opposition, animée par les intellectuels du cercle Petofi (du nom du poète, héros de la révolution de 1848), réclame le retour au pouvoir du réformiste Imre Nagy, destitué en 1955.
– 6 octobre : manifestation de rue à l’appel du cercle Petofi et grève ouvrière à l’occasion de l’inhumation de Rajk. Cent mille personnes suivent le cercueil.
– 23 octobre : une manifestation étudiante à Budapest, soutenant la protestation antisoviétique en Pologne, se transforme en gigantesque rassemblement (100 000 personnes). Un discours de Gero, faisant l’éloge de l’URSS et traitant la foule de « populace », met le feu aux poudres. Les manifestants réclament le départ des troupes soviétiques, le retour de Nagy, des élections libres et la liberté d’opinion. Les affrontements durent toute la nuit.
– 24 octobre : combats de rue à Budapest puis en province entre soldats soviétiques et insurgés qui déboulonnent la statue de Staline. Nagy est désigné Premier ministre. Les manifestants s’emparent de l’immeuble de la radio.
– 25 octobre : la police ouvre le feu sur les manifestants place Kossuth, devant le Parlement, faisant de nombreuses victimes. Janos Kadar remplace Gero à la tête du parti.
– 27 octobre : Les troupes soviétiques commencent à évacuer Budapest. Des conseils ouvriers se créent à travers le pays.
– 28 octobre : Imre Nagy accepte la plupart des revendications des insurgés et ordonne un cessez-le-feu.
– 29 octobre : des centaines de membres de la police secrète AVH sont lynchés par la foule.
– 30 octobre : les troupes soviétiques évacuent Budapest. Un cessez-le feu est proclamé et l’AVH dissoute. Libération du primat de Hongrie, le cardinal Joszef Mindszenty, en prison depuis huit ans.
– 1er novembre : retour des forces soviétiques qui encerclent Budapest. Nagy dénonce le Pacte de Varsovie et proclame la neutralité de la Hongrie.
– 3 novembre : les chefs militaires hongrois sont arrêtés en pleines négociations avec les Soviétiques sur le retrait de leurs troupes.
– 4 novembre : l’Armée rouge, appuyée par 2 000 chars, occupe les points stratégiques. De nombreux insurgés sont mitraillés. Kadar, aux ordres de Moscou, forme un gouvernement. Nagy est arrêté.
La répression fait 2 800 morts et 12 000 blessés. 200 000 Hongrois se réfugient à l’Ouest, dont 180 000 en Autriche. Les chefs du soulèvement, dont Nagy, sont exécutés deux ans plus tard.
Il y a cinquante ans, en pleine guerre froide, le monde avait les yeux tournés vers la Hongrie où le peuple se soulevait contre la domination soviétique. L’insurrection, déclenchée le 23 octobre, est écrasée dans le sang deux semaines plus tard par les chars soviétiques.
– 14 février 1956 : XXe Congrès du PCUS à Moscou. Le « rapport secret » de Khrouchtchev révèle les crimes de Staline et est interprété en Hongrie comme une condamnation des méthodes de Matyas Rakosi, chef stalinien du PC hongrois.
– mars : réhabilitation de Laszlo Rajk, ancien ministre, pendu en 1949, principale victime des procès de 1949, orchestrés par Rakosi.
– juillet : Rakosi démissionne, remplacé par son second, le général Erno Gero. Des slogans hostiles à l’URSS et au gouvernement apparaissent. L’opposition, animée par les...
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