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Actualités - Chronologie

Lorsque l’acte de fumer rime avec dépendance

L’image du fumeur dans les sociétés occidentales s’est profondément modifiée en trente ans. Ce n’est plus celle de l’homme viril ou de la femme émancipée, mais d’un être devenu dépendant qui peine à en sortir, observent médecins et spécialistes du tabac. «Le tabac est en train de se ringardiser rapidement, y compris chez les jeunes», estime le professeur Gérard Dubois, président de l’Alliance contre le tabac (qui regroupe 34 associations). Cette évolution traduit des années de lutte des pouvoirs publics et des acteurs de santé pour mettre à terre l’image flatteuse du tabac bâtie par les fabricants de cigarettes. «En face de nous, il y a une industrie qui communique pour faire du tabac un produit glamour et de consommation courante», relève Philippe Lamoureux, directeur général de l’Inpes (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé). «La stratégie des pouvoirs publics consiste à dénormaliser le tabac, à diminuer son acceptabilité sociale», explique-t-il. Une action qui suscite parfois des interrogations. «En trente ans, on est passé pour le fumeur d’une image d’indépendance, de liberté, d’affirmation de soi à une image dévalorisée d’un pauvre type, sale, qui n’arrive pas à se contrôler», écrit le Dr Gérard Apfeldorfer, psychiatre, qui juge les pouvoirs publics un peu trop dirigistes. «Le fumeur qui essaie d’arrêter est en quête d’une restauration de l’estime de soi et d’une amélioration de son image sociale dans une société très normative et moralisante», ajoute-t-il. «Il ne s’agit en aucun cas d’une guerre contre les fumeurs. Je suis moi-même un ancien fumeur. Mais je veux qu’ils restent en vie», renchérit le Pr Bertrand Dautzenberg, président de l’Office français de prévention du tabagisme. Ce pneumologue, qui milite activement pour obtenir l’interdiction de fumer dans les lieux publics, considère que «les fumeurs sont accros à une drogue». «Dans les entreprises, les relations entre non-fumeurs et fumeurs se sont plutôt améliorées ces dernières années. Les premiers ont compris que les seconds avaient besoin d’être aidés», constate le Pr Dautzenberg, qui relève que 80% des fumeurs souhaitent arrêter. «Ce n’est pas un problème de vice ou de vertu. On ne combat pas les fumeurs, mais le tabac qui crée une forte dépendance et tue la moitié de ses consommateurs», déclare le Pr Dubois. «Les campagnes des pouvoirs publics évitent de stigmatiser les fumeurs. Il ne s’agit pas de les montrer du doigt», renchérit M. Lamoureux, de l’Inpes. Depuis 2002, les campagnes se sont montrées plus mordantes à l’égard du produit et des fabricants. «On a mis l’accent sur les composants toxiques de la cigarette, on a montré aux jeunes que l’industrie du tabac les manipulait – un argument qui a fait mouche. Aux jeunes filles, on a expliqué qu’elles risquaient de perdre leur potentiel de séduction», explique M. Lamoureux. Mais les acteurs de santé publique restent sur leurs gardes. «C’est vraiment une bataille perpétuelle entre nous et l’industrie du tabac qui cherche toujours des parades», considère M. Lamoureux. En dépit de la mobilisation des autorités sanitaires, le cinéma, la mode ou certains sports, comme la Formule 1, restent des moyens de communication indirects pour les fabricants. Une étude Ipsos publiée en 2003 montre que la présence du tabac persiste au cinéma, particulièrement dans les films français.
L’image du fumeur dans les sociétés occidentales s’est profondément modifiée en trente ans. Ce n’est plus celle de l’homme viril ou de la femme émancipée, mais d’un être devenu dépendant qui peine à en sortir, observent médecins et spécialistes du tabac.
«Le tabac est en train de se ringardiser rapidement, y compris chez les jeunes», estime le professeur Gérard Dubois, président de l’Alliance contre le tabac (qui regroupe 34 associations).
Cette évolution traduit des années de lutte des pouvoirs publics et des acteurs de santé pour mettre à terre l’image flatteuse du tabac bâtie par les fabricants de cigarettes.
«En face de nous, il y a une industrie qui communique pour faire du tabac un produit glamour et de consommation courante», relève Philippe Lamoureux, directeur général de l’Inpes...