Jusqu’à la « revanche » prise le mois dernier sur l’Italie, les Bleus avaient eu tendance à se bercer des souvenirs glanés en Allemagne et n’étaient pas entrés de plain-pied dans les qualifications pour l’Euro 2008.
Samedi à Glasgow, une nouvelle ère commence.
« Ce match contre l’Écosse, a dit Domenech, c’est le premier vrai rendez-vous du championnat d’Europe. Avant, nous étions dans l’après-Coupe du monde. »
« Cette rencontre va être un vrai test et tous les ingrédients sont réunis pour cela : un combat physique mais aussi technique et un vrai public », a-t-il poursuivi.
Les Écossais ont réussi une entrée en matière parfaite dans cette campagne de qualification puisqu’ils sont leaders du groupe B à égalité de points avec la France mais bénéficient d’une meilleure différence de buts.
Une victoire à Hampden Park offrirait un avantage non négligeable aux vice-champions du monde dans le groupe le plus relevé de ces éliminatoires.
Outre les Écossais et les Italiens, les Bleus devront également affronter l’Ukraine, quart de finaliste du Mondial et candidat potentiel à l’une des deux places qualificatives.
Éviter le piège de 2002
Désireux que ses troupes ne s’endorment pas sur leurs lauriers, Domenech a fait savoir dès le début du rassemblement à Clairefontaine que la prime qui était donnée pour l’instant aux mondialistes allait être bientôt supprimée.
« Cette prime au Mondial ne durera pas éternellement », a prévenu le stratège français. « Il fallait dire à ceux qui ont disputé la Coupe du monde que je comptais encore sur eux. »
« Je leur ai donné un avantage (lors des trois derniers matches), mais celui-là ne durera pas », a-t-il promis.
L’exemple le plus flagrant est la présence dans la liste des 20 sélectionnés du Lyonnais Jérémy Touloulan, en concurrence directe avec son nouveau partenaire de club, Alou Diarra.
Diarra avait disputé une grande partie de la finale de Berlin, perdue face aux Italiens, mais il a été laissé à l’écart pour les deux prochaines sorties de l’équipe de France.
Domenech souhaite, en fait, éviter de tomber dans le piège qui s’était refermé sur Roger Lemerre en 2002 : cette prime offerte aux champions du monde et d’Europe avait participé au fiasco asiatique.
Dans le même temps, le sélectionneur ne peut se permettre de tout remettre en cause.
Le Mondial 2006 a redonné une identité aux Français et leur parcours inattendu a permis de gérer, pour l’instant, la retraite de Zinedine Zidane sans dommages apparents.
Le retour à un 4-4-2 sans meneur de jeu s’est opéré mieux que prévu.
« J’utilise ce qui marche ou ce que je pense qui peut marcher, a admis Domenech. Nous avons trouvé une façon de fonctionner et je ne vais pas casser les choses pour me faire plaisir. »
À court terme, il y a peu de changements à attendre, en particulier en défense, secteur qui continue de donner satisfaction.
Mais en appelant régulièrement des jeunes pour qu’ils goûtent à l’ambiance de l’équipe de France, Domenech prépare l’avenir et espère rappeler à ses anciens que rien n’est acquis.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats