Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Pour rappel…

12 juillet-1er octobre : un chapitre est clos écrit en lettres écarlates, en lettres de sang. Une sortie de l’horreur, de l’humiliation, mais une entrée dans l’inconnu, une voie ouverte sur tous les scénarios, sur toutes les survenances. Une aventure, une occupation qui ont bouleversé les donnes politiques, qui ont jeté une lumière crue sur l’irresponsabilité des uns, la démagogie des autres, tous coupables de non-assistance à nation, à État en danger. Triste, bien triste est une république dont les serviteurs n’ont plus le sens de la mesure, dont les féaux confondent satire et diatribe politique, constat élémentaire et machination diabolique. Mais le couac ne se manifeste pas toujours au faîte de la pyramide, au sommet de l’édifice, il se vautre dans le proche entourage, dans la meute des béni-oui-oui qui déforment à outrance, intoxiquent à volonté. Des prétentions ridicules affichées sans vergogne, des gesticulations dérisoires sans queue ni tête. Triste, bien triste est la république qui ne tend l’oreille qu’à ceux qui la caressent dans le sens du poil. Hypocrite, toute en duplicité est la république dont les enfants se réconcilient le soir autour d’un iftar et sortent leurs armes le lendemain pour satisfaire à leurs propres fantasmes. Des flèches confessionnelles qu’on extrait de sous le boisseau, des lapalissades qu’on affuble de toutes les significations, qu’on plombe des plus funestes intentions. Spectacle autant pathétique que rocambolesque, autant fumeux que fumiste, une manipulation flagrante, incendiaire que les meilleures volontés du monde ne pourraient pas circonscrire : – Des victimes, longtemps oubliées, promues vedettes d’un jour à leur corps défendant, des déplacés anciens et nouveaux ballottés de rassemblements en contre-rassemblements, une sollicitation suspecte, une justice rendue au quart de tour. – Des dossiers qu’on ressort des placards, une fange nauséabonde qu’on remue avec délectation et, en arrière-plan, en arrière-pensée, de sordides récupérations confessionnelles, un déni de l’État de droit auquel tous se disent si profondément attachés. Triste, bien triste république dont les enfants étalent si effrontément leurs divisions, triste république qui prend le monde à témoin dans des règlements de comptes d’un autre âge. Une communauté internationale qui n’a que faire de ces élucubrations, de ces insultes à l’intelligence et qui s’investit à fond dans sa mission de paix, dans l’opération de reconstruction. Englués dans leurs misères quotidiennes, phagocytés par les politiciens nombrilistes, les Libanais en oublient l’essentiel: Français, Italiens, Espagnols, Belges, Allemands, Suisses, Polonais, Russes, et j’en oublie... ils sont tous là. Ils s’installent aux frontières, rassurent les populations des régions dévastées, assurent les aides, les soins d’urgence. Malaisiens, Indonésiens, Turcs, et j’en oublie encore, les suivront bientôt. Admirables Français qui, du Sud au Nord, de Damour au Akkar, reconstruisent, posent les ponts en un temps record, rétablissent les voies de communication, facilitent les retrouvailles. Non moins admirables Italiens, Espagnols et Belges rapidement intégrés au paysage sudiste, rapidement à pied d’œuvre. Grâce soit rendue à ces soldats de la paix pour le travail magnifique qu’ils effectuent, pour l’espoir qu’ils véhiculent, pour la confiance qu’ils réimplantent dans une terre labourée par les bombes, abreuvée de sang et de larmes. L’essentiel, une fois de plus, est là : au-delà de l’intoxication des esprits, au-delà de l’ingratitude des uns et des autres, du retour au discours confessionnel, des querelles de clocher, l’avenir du Liban se dessine au Sud à travers la protection internationale, à travers le blindage des frontières, un verrou qu’il n’est plus permis de faire sauter. Les milliers de Casques bleus n’ont pas été déployés au Sud et au large des côtes libanaises pour faire de la figuration. En sus des quinze mille soldats de l’armée libanaise, ils sont là pour nous protéger de l’ennemi extérieur, dans un contexte régional explosif, mais aussi et surtout pour nous protéger de nous-mêmes. Exaspérante république qui balbutie encore et n’arrive pas à se mettre au diapason de l’événement. Irritante république, dans toutes ses composantes, qui assiste presque en spectatrice aux bouleversements en cours, alors que c’est son destin même qui se décide. Étrange république, otage de ses contradictions, qui voit s’avancer vers elle une bouée de sauvetage, mais ne s’y agrippe pas, préférant encore la noyade au bras de fer périlleux avec ses détracteurs. Nagib AOUN
12 juillet-1er octobre : un chapitre est clos écrit en lettres écarlates, en lettres de sang. Une sortie de l’horreur, de l’humiliation, mais une entrée dans l’inconnu, une voie ouverte sur tous les scénarios, sur toutes les survenances. Une aventure, une occupation qui ont bouleversé les donnes politiques, qui ont jeté une lumière crue sur l’irresponsabilité des uns, la démagogie des autres, tous coupables de non-assistance à nation, à État en danger.
Triste, bien triste est une république dont les serviteurs n’ont plus le sens de la mesure, dont les féaux confondent satire et diatribe politique, constat élémentaire et machination diabolique. Mais le couac ne se manifeste pas toujours au faîte de la pyramide, au sommet de l’édifice, il se vautre dans le proche entourage, dans la meute des béni-oui-oui qui...