Le message du pape
Selon plusieurs cardinaux, l’actuel pape est l’homme le plus actif qu’ait connu le Vatican. Élu un 19 avril 2005, Benoît XVI, pape bavarois, était connu pour l’adoration de Dieu et son amour pour son voisin autrichien de Salzbourg, Mozart. Philosophe nourri de saint Augustin et d’un profond pessimisme sur l’homme et le monde, il accentue un rigorisme doctrinal, dénonce la contraception et l’homosexualité, et rappelle la règle du célibat des prêtres au cours du synode des évêques du 26 décembre 2005. En 2006, il définit sa politique étrangère quand, lors de la messe du Nouvel An, il appelle à un « sursaut de courage et de foi en Dieu et en l’homme pour choisir d’emprunter le chemin de la paix ». Il s’en est pris à ces menaces pour la paix que constituent le « terrorisme, le nihilisme et le fondamentalisme fanatique ». Le 10 janvier, lors de la cérémonie des vœux des 174 ambassadeurs accrédités auprès du Saint-Siège, il dénoncera encore une fois le terrorisme en déclarant que l’on ne peut s’abriter derrière le « bouclier » d’une religion. Le13 août, son thème fut : « Oui au dialogue entre les confessions, non à la confusion et à la dilution de l’identité chrétienne. » Et enfin, se voyant confronté à un dialogue de sourds, il abordera, et pour la première fois dans l’histoire de l’Église, le 14 septembre, les maladies mortelles de la religion et de la guerre sainte en puisant de l’histoire de Constantinople en particulier, un exemple pour prouver comment les chrétiens, qui étaient les plus forts, se sont dilués en Orient sous la menace de l’épée.
On ne peut donc qu’approuver les paroles du pape et remercier tous les chefs musulmans libanais qui ont su faire montre de vigilance et prouver encore une fois que le Liban restera un message exemplaire pour toute la région
Nazira A. SABBAGHA
Vainqueur, est-ce seulement ta victoire ?
Cela fait un moment que l’on entend parler d’un coup de poignard dans le dos qu’aurait reçu le Hezbollah. Des hommes politiques paraît-il et non des moindres, à la solde de l’impérialisme américain, auraient œuvré en secret à la défaite de la Résistance et (sic) souhaité voir camper Tsahal dans le centre-ville de Beyrouth. De même, cela fait un temps que les hauts dirigeants du Hezb réservent le terme « chourafa » aux seuls Libanais qui, à leurs yeux, n’ont jamais douté de la victoire finale et cela pour les différencier des « autres », responsables de tous les maux.
Bien que la décision de se battre ait été prise arbitrairement et unilatéralement par le Hezbollah, et bien que les représentants d’une grande partie de la population aient été délibérément ignorés – et, par conséquent, ceux qui les ont élus marginalisés alors que le Liban est toujours et jusqu’à nouvel ordre une démocratie parlementaire –, tous les Libanais, à divers degrés et de façons différentes, ont contribué à l’effort de guerre. Cette bataille de l’arrière, qui n’a rien à envier à celle qui se déroulait en première ligne, fut le témoignage d’une véritable union nationale en ce sens qu’elle fut menée par le peuple libanais tout entier, toutes religions et tous partis confondus. Cette cohésion parfaite de tout un peuple, qui a su mettre de côté ses différends pour œuvrer en vue d’un but commun, a permis cette victoire qu’aujourd’hui beaucoup qualifient de divine, mais qui est avant tout et surtout libanaise.
Eddy TOHMÉ
L’autre bataille
La célébration de la « victoire » du Hezbollah vendredi dernier avait un goût bien amer pour certains, nombreux, qui ont tout perdu dans cette guerre : leurs enfants, leurs biens, leur travail, leur avenir, leur espoir. Mais au fait, de quelle victoire s’agit-il ? Il suffit de comparer les acquis de cette guerre et son coût exorbitant pour voir que le Liban a perdu sur tous les plans. Même stratégiquement, le Hezbollah ne peut s’enorgueillir d’avoir gagné. Le voilà buté loin des frontières avec un arsenal de plus en plus injustifié face à une Finul renforcée, désormais garante de notre sécurité.
À ceux qui cherchent à disculper le Hezbollah de la responsabilité de cette guerre, pensez-vous vraiment qu’Israël aurait de toute manière attaqué le Liban si le Hezbollah avait accepté de livrer ses armes au gouvernement libanais ? À ceux qui polémiquent pour savoir si les troupes de la Finul sont là pour protéger Israël ou l’empêcher de nous agresser, votre débat est stérile : une force d’interposition est par définition une force qui sépare deux protagonistes pour les empêcher de s’agresser mutuellement. Il s’agit donc d’une force de protection pour tous.
À ceux qui appellent à une normalisation des relations avec la Syrie, pensez-vous vraiment que la Syrie a quitté le Liban avec les meilleures intentions ?
À ceux qui prétendent que les liens de l’Iran avec le Hezbollah sont essentiellement « d’ordre religieux », pensez-vous vraiment que l’aide financière et militaire octroyée par l’Iran est désintéressée et inconditionnée ?
Jad EL-HACHEM
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