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Les alliés incontournables

Le Liban est aujourd’hui le théâtre d’une opposition classique entre pro et antioccidentaux proches d’une force régionale, à savoir l’Iran. Et comme souvent dans ce genre d’opposition, les anti accusent les pro de vendre le pays aux Américains et de fermer l’œil sur leurs crimes dans la région, alors que les pro parlent de relance économique essentielle au pays. Il est donc primordial de savoir doser nos relations avec l’Occident et en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne pendant cette période ultrasensible par laquelle passe notre pays. Dans ce contexte, la visite récente au Liban du Premier ministre britannique Tony Blair est une erreur puisqu’elle a permis aux antioccidentaux de notre pays de critiquer le gouvernement et à sa tête M. Siniora. Cette visite fait voler en éclats, aux yeux d’une grande partie des Libanais, tout le travail diplomatique, long et pénible qu’a réalisé ce grand homme d’État pendant un mois et demi. Faut-il toujours rappeler que Blair a été un des artisans de la guerre en Irak, qu’il est un ami d’Israël et des États-Unis, qu’il a refusé d’appeler à un cessez-le-feu immédiat pendant la dernière guerre et qu’à ce titre, il est fort impopulaire au Liban? Mais la question qui se pose aux antioccidentaux est celle de savoir ce que doit faire le gouvernement libanais. Rien de plus facile que de rompre les relations diplomatiques avec les alliés d’Israël, en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne, de renvoyer leurs ambassadeurs et de les critiquer ouvertement. Il peut même leur déclarer la guerre s’il en a envie. Mais après? Qui va nous aider à reconstruire? À rebâtir notre économie? Peut-on vraiment se passer de ces deux grands États? Y a-t-il un pays au monde qui peut se prêter à ce jeu sans en pâtir? Tous les pays qui ont essayé en savent quelque chose. La difficulté est donc de garder des relations aussi bonnes que possible et de les utiliser pour le bien de notre pays. Par exemple, si M. Siniora n’avait pas de bonnes relations avec l’Occident, ce qu’on appelle aujourd’hui la guerre de juillet aurait bien pu devenir la guerre de l’an 2006, ou même des deux-trois ans. Imaginez que, sous le seul prétexte de la présence d’une organisation, soi-disant terroriste, sur notre territoire, Israël a détruit des centaines de ponts, de routes et d’habitations. Qu’aurait fait cet ennemi si l’Occident avait qualifié notre gouvernement de terroriste? Il est donc impératif de garder intactes nos relations avec les États-Unis et ses alliés, car des liens étroits avec des pays comme l’Iran, la Syrie, Cuba et le Venezuela ne suffisent pas. Cela dit, la récente visite de Blair à Beyrouth reste quand même inacceptable. Le moment choisi était déjà inopportun, car la guerre vient à peine de prendre fin, que le contexte national est mauvais actuellement, l’opposition ayant demandé pour la centième fois en un an la démission du cabinet. Cette visite est très inopportune pour Blair lui-même, contesté au sein de son propre pays, et qui a promis de passer la main d’ici à un an. En tout cas, cette visite aurait dû être discutée avec Amal et le Hezbollah pour éviter toute coupure, comme ce fut malheureusement le cas, et qu’elle ravive chez les familles des victimes le sentiment d’avoir été trahies par les forces du 14 Mars et leurs représentants au sein du gouvernement. Khalil CHEHADÉ
Le Liban est aujourd’hui le théâtre d’une opposition classique entre pro et antioccidentaux proches d’une force régionale, à savoir l’Iran. Et comme souvent dans ce genre d’opposition, les anti accusent les pro de vendre le pays aux Américains et de fermer l’œil sur leurs crimes dans la région, alors que les pro parlent de relance économique essentielle au pays. Il est donc primordial de savoir doser nos relations avec l’Occident et en particulier les États-Unis et la Grande-Bretagne pendant cette période ultrasensible par laquelle passe notre pays. Dans ce contexte, la visite récente au Liban du Premier ministre britannique Tony Blair est une erreur puisqu’elle a permis aux antioccidentaux de notre pays de critiquer le gouvernement et à sa tête M. Siniora. Cette visite fait voler en éclats, aux yeux d’une...