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Actualités - Opinion

Pour de multiples causes, les appréhensions perdurent

L’été se termine-t-il vraiment le 21 septembre ? Les arbres encore feuillus, et surtout la chaleur, nous disent que non. Mais enfin, les conventions sont les conventions, et nous voici donc en automne. Va-t-il continuer à être aussi chaud, ou même le devenir encore plus ? Sur le plan de la situation, les risques restent marquants. Après Villepin, le président Chirac redit l’inquiétude française pour le Liban, qui traverserait selon lui une période probatoire de trois mois, et où le feu couve toujours, à l’en croire. Certains médias israéliens affirment, de leur côté, que l’armée israélienne a mis au point un plan d’attaque pour tirer vengeance du Hezbollah. Pour leur part, des alliés déterminés de la Syrie misent sur un échec des forces onusiennes dans la mission qui leur est impartie au Sud. Après quoi, on reviendrait sur le terrain à la situation d’avant. La question qui se pose est de savoir si le Liban, en attendant une paix globale, va pouvoir passer d’un état de cessation des hostilités à une trêve permanente, régie par la convention d’armistice de 1949. La réponse réside sans doute dans les trois mois que cite le président Chirac. Au cours, ou à l’issue, de ce test, on devrait savoir si le pays s’achemine vers la stabilité et le calme. Ou si, au contraire, il est en train de replonger dans l’anarchie, avec le péril d’un nouveau séisme. En tout cas, d’ici à la fin de l’année, plusieurs échéances importantes sont attendues. Il y a d’abord le rapport définitif de Serge Brammertz sur l’assassinat du président Rafic Hariri et de ses compagnons de sort. Parallèlement, on devrait être fixé sur le statut, la composition et les règles de jeu du tribunal à caractère international appelé à juger cette affaire. Le texte établi, fruit des contacts libano-onusiens, devra être approuvé par le Conseil des ministres, puis par la Chambre, en vue de désigner les juges libanais au sein de cette instance. L’écueil Il y a enfin, il y a surtout, la 1701. Plus précisément, son application complète, pour qu’elle ne connaisse pas le sort d’autres résolutions restées lettre morte. Cela implique la prise en charge effective par les 15 000 hommes de la Finul Plus de la région située au sud du Litani. Et l’établissement d’une zone exempte de toute autre présence armée que celle des réguliers libanais, après le retrait derrière la ligne bleue de l’occupant israélien. Il faudra de même serrer le verrou d’une surveillance aussi aérienne que maritime ou terrestre, pour empêcher l’infiltration d’armes à travers la frontière. Reste un point crucial : le désarmement des Palestiniens, du Hezbollah ou d’autres éléments, seule l’autorité étatique, appelée à faire valoir sa souveraineté sur l’ensemble du territoire, gardant le droit de violence comme on dit au sujet des armes. On ne peut omettre non plus le tracé des frontières, l’homologation de la libanité de Chebaa, les efforts à développer pour un échange de prisonniers entre le Hezbollah et Israël. Bien entendu, les adversaires de la 1701 s’activent ouvertement ou dans les coulisses pour la faire capoter. Ils tentent ainsi de renverser le gouvernement. En mettant en doute, ou même en menaçant la Finul qui, selon eux, outrepasserait ses prérogatives, notamment dans la surveillance maritime et aérienne concernant l’infiltration d’armes. Ils critiquent l’unification des renseignements officiels dans le domaine sécuritaire. C’est donc un travail de sape inquiétant auquel on assiste. Il faut cependant relever que le Hezbollah, pour sa part, après avoir volontairement livré la région au sud du Litani à l’armée et à la Finul, s’abstient de toute action pouvant donner prétexte à une agression israélienne. Mais Bachar el-Assad, quant à lui, prévient le Liban contre l’internationalisation et contre la transformation de la Finul en force assujettie à l’OTAN. Émile KHOURY

L’été se termine-t-il vraiment le 21 septembre ? Les arbres encore feuillus, et surtout la chaleur, nous disent que non. Mais enfin, les conventions sont les conventions, et nous voici donc en automne. Va-t-il continuer à être aussi chaud, ou même le devenir encore plus ? Sur le plan de la situation, les risques restent marquants. Après Villepin, le président Chirac redit l’inquiétude française pour le Liban, qui traverserait selon lui une période probatoire de trois mois, et où le feu couve toujours, à l’en croire. Certains médias israéliens affirment, de leur côté, que l’armée israélienne a mis au point un plan d’attaque pour tirer vengeance du Hezbollah. Pour leur part, des alliés déterminés de la Syrie misent sur un échec des forces onusiennes dans la mission qui leur est impartie au Sud. Après...