Rechercher
Rechercher

Actualités

À l’ombre des chars Leclerc, les affaires reprennent

«J’ai vendu pour 300 dollars aujourd’hui un téléviseur et une antenne satellite » : Imad Roukain est satisfait de sa journée. Comme une dizaine d’autres Libanais, il a ouvert son commerce ambulant à l’ombre des chars Leclerc, aux portes de la base de Deir Kifa. Tout juste arrivés de Beyrouth, neuf chars Leclerc, fleurons de l’armée française, ont été stationnés là mercredi en attendant de rejoindre un emplacement mieux protégé de cette base du Liban-Sud qui accueille la plupart des Français. Dix mètres plus loin, sur le même parking provisoire, les marchands ambulants ont ouvert le coffre de leurs voitures regorgeant de trésors. Contrefaçons de montres, de parfums ou de lunettes de soleil, lecteurs MP3, rangers, téléphones portables, cartouches de cigarettes, keffiehs à carreaux rouges ou noirs... Un petit souk s’offre à la convoitise des militaires italiens, français et ghanéens de la base. Ici, une Rolex vaut 70 dollars avant marchandage. Mais la vedette incontestée du lieu est le « tattoo », un couteau kaki dissimulant des couverts, parfait pour déguster les rations de combat. On le trouve à 5 euros, une affaire, paraît-il. En cherchant un peu, on peut même dénicher d’authentiques bérets bleus de l’ONU et des tee-shirts marqués du sigle de la Finul. À quelques mètres de là, les équipages des Leclerc tuent le temps. Les « toiles moteurs », normalement déployées pour protéger les engins, font office de dais. Deux soldats ont tendu des hamacs entre les chars. Imad Roukain, patron de la Imad Roukain Electronic Company, reviendra demain avec son camion bringuebalant. « Je commence tout juste, et je ne sais pas ce que les Italiens, les Français ou les Ghanéens veulent », dit-il. Nul doute cependant qu’après avoir fait son « étude de marché », il saura répondre à la demande. « Les clés USB et les lecteurs MP3 partent bien », remarque-t-il déjà. Imad Roukain vend aussi des cartes téléphoniques, très prisées des soldats. « Elles coûtent 65 000 livres libanaises, soit environ 40 euros, ce qui permet de gagner 5 dollars », assure-t-il au terme d’un savant calcul. Le commerçant a son avis sur ses clients : « Les soldats sont de bons clients, ils achètent comptant, pas comme les Libanais. C’est bon pour le business. »

«J’ai vendu pour 300 dollars aujourd’hui un téléviseur et une antenne satellite » : Imad Roukain est satisfait de sa journée. Comme une dizaine d’autres Libanais, il a ouvert son commerce ambulant à l’ombre des chars Leclerc, aux portes de la base de Deir Kifa.
Tout juste arrivés de Beyrouth, neuf chars Leclerc, fleurons de l’armée française, ont été stationnés là mercredi en attendant de rejoindre un emplacement mieux protégé de cette base du Liban-Sud qui accueille la plupart des Français. Dix mètres plus loin, sur le même parking provisoire, les marchands ambulants ont ouvert le coffre de leurs voitures regorgeant de trésors.
Contrefaçons de montres, de parfums ou de lunettes de soleil, lecteurs MP3, rangers, téléphones portables, cartouches de cigarettes, keffiehs à carreaux rouges ou noirs... Un...