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Actualités - Opinions

Les lecteurs ont voix au chapitre

Tout ça pour ça! Ainsi, Israël ne s’est nullement gêné de bombarder du nord au sud et de l’est à l’ouest le Liban et de donner ainsi une punition exemplaire à un pays tout entier, afin de liquider, sans y parvenir, les milices de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. Tout ça pour ça! est-on tenté de dire après le cessez-le-feu obtenu par la résolution 1701 de l’ONU: un millier de morts, des ponts et des routes détruits, comme des milliers de maisons, des réservoirs de pétrole éventrés produisant une marée noire identique en importance à celle de l’Erika et ce, sur cent cinquante kilomètres de côtes, des centrales électriques décapitées, des pistes d’aéroport défoncées et un million de Libanais exilés dans leur propre pays ou à l’étranger... Israël, pour se dédouaner d’un tel désastre, a prétexté que les miliciens chiites étaient disséminés partout dans la population libanaise. Et pour cause: ils sont de plein droit libanais! Comme de toute évidence le Mossad n’a pas fait correctement son travail de «repérage» en amont (sites du Hezbollah souterrains et éparpillement de sa population), cette guerre devenait inutile et perdue d’avance. La comptabilité humaine des militaires est exécrable et lorsque les gouvernements d’une démocratie pactisent avec eux et en viennent à se prendre à leur tour pour des guerriers, c’en est fini de la raison : la folie de destruction peut se révéler sans limites. Yves SIMON Écrivain, Paris La mauvaise approche Le pape est un théologien et un diplomate de renom. Je crois que des politiciens devraient observer un minimum de retenue et non s’attaquer à un homme d’Église en ôtant de leur contexte ses paroles. Critiquer l’islam est loin de figurer dans les intentions du Saint-Père. Au contraire, il a toujours prôné le rapprochement entre les religions. Pourquoi changerait-il de position à présent ? La visite du pape en Turquie est le plus clair exemple du rapprochement et des bons liens qu’il veut entretenir avec les musulmans. Critiquer n’est pas une façon de faire. Au contraire, accepter et essayer de dialoguer sans jugements ni avis tranchés serait plus raisonnable. Mais évidemment, dans ces cas, la raison ne parle pas et laisse place aux passions les plus folles, qui peuvent mener à des catastrophes. La religion est une pour tous. Ne pas respecter les convictions de l’autre est une façon de ne pas se respecter soi-même. Ce qu’a dit le pape est loin d’être une critique de l’islam. Si on replace la citation dans son contexte, on verra qu’on lui donne plus d’ampleur qu’elle ne mérite. J.-P. MOUBARAK La flamme qui s’éteint J’ai grandi dans un pays où subsistaient encore d’émouvantes traditions, comme la célébration de la fête de la Croix. Cette nuit-là, la montagne s’allumait de mille feux, comme cela avait eu lieu à l’époque, le seul et le plus rapide moyen de relayer à Constantinople la nouvelle de la découverte à Jérusalem de la croix par sainte Hélène, mère du roi Constantin. Le fait est historique. Depuis quelques années déjà, je guette en vain la moindre lueur. Rien. Pas même la lumière de quelques bougies, vite allumées. Vite éteintes. Les traditions se perdent. La foi aussi ? Alain PLISSON Un frère pas comme les autres Sleimane Frangié, le 18/9/2006 : « Je suis un ami du président Bachar el-Assad, je l’aime et le considère comme un frère. » M. Frangié, en premier, pourriez-vous vérifier si tous les Libanais considèrent Bachar el-Assad comme un frère ? - Un frère, M. Frangié, ça n’emprisonne pas ! - Un frère, M. Frangié, ça n’espionne pas ! - Un frère, M. Frangié, ça n’avilit pas ! - Un frère, M. Frangié, ça n’humilie pas ! - Un frère, M. Frangié, ça n’ôte pas la liberté ! - Un frère, M. Frangié, ça ne torture pas ! - Un frère, M. Frangié, ça ne traumatise pas ! - Un frère, M. Frangié, ça écoute, partage, aide, tolère, conseille, dialogue. M. Frangié, nous sommes en premier libanais. Par la suite, chacun peu avoir ses sympathies : syriennes, iraniennes, européennes, américaines, etc. Rappelez-vous, M. Frangié, quand Bachar el-Assad a été à Rome pour les funérailles de Jean-Paul II, n’avait-il pas salué le président israélien Katzav ? Personne, y compris vous-même, n’avait alors crié à la trahison ! Fallait-il pour ce geste le condamner à la peine capitale ? Halte à la surenchère, aux mensonges, à la haine, halte enfin à la barbarie ! N’êtes-vous pas fatigué de défendre toujours les autres ? L’hémorragie est galopante dans notre pays. S’il vous plaît, cessez d’encenser un État dont le retrait des troupes a été réclamé par un million et demi de personnes. Pitié enfin pour ce peuple que plus personne ne respecte. Raymonde AYOUB
Tout ça pour ça!

Ainsi, Israël ne s’est nullement gêné de bombarder du nord au sud et de l’est à l’ouest le Liban et de donner ainsi une punition exemplaire à un pays tout entier, afin de liquider, sans y parvenir, les milices de Hassan Nasrallah, chef du Hezbollah. Tout ça pour ça! est-on tenté de dire après le cessez-le-feu obtenu par la résolution 1701 de l’ONU: un millier de morts, des ponts et des routes détruits, comme des milliers de maisons, des réservoirs de pétrole éventrés produisant une marée noire identique en importance à celle de l’Erika et ce, sur cent cinquante kilomètres de côtes, des centrales électriques décapitées, des pistes d’aéroport défoncées et un million de Libanais exilés dans leur propre pays ou à l’étranger... Israël, pour se dédouaner d’un tel désastre, a...