Trouvez-vous, dans le marasme dans lequel nous baignons, ce Dieu que l’on malmène, que l’on émiette et que l’on s’approprie ?
On Lui invente des partis, et on mène en Son nom des parties et des joutes armées et verbales plus meurtrières les unes que les autres.
Du Liban, pays-message, que reste-t-il?
Les coupoles des églises et les minarets des mosquées qui se font concert seront-ils réduits à des vestiges destinés aux exclamations nostalgiques des touristes?
De part et d’autre, les passions se déchaînent, les menaces pleuvent, les défis se multiplient et les mémoires déversent leur rancœur. Mais de part et d’autre aussi, les voix raisonnables tentent de murmurer dans le vacarme pour calmer les fièvres incendiaires.
Durant les 33 jours du calvaire estival, les nerfs des Libanais ont été torturés, leur intelligence blessée à longueur de journée par des propos «débilitants» et mensongers, on ne nous servait que surenchère bon marché et produits nationalistes périmés.
Sommes-nous tombés aussi bas? Ce goût amer de défaite semble ne plus devoir nous quitter. On le mâche avec nos repas, on le broie avec notre peine de chaque jour et on sent la morsure de l’absence irrévocable quand on songe à tous ceux qui, cette fois, sont partis pour ne plus revenir.
Lorsque les leaders à l’écran se déchaînent, je ressens l’horreur d’appartenir à la même race. Est-ce cela que nous méritons vraiment? Est-ce le clash des civilisations promis par Huntington qui se déclenche chez nous? Sommes-nous destinés à être les pionniers en tout, même dans le fait d’abaisser le niveau du discours politique, nous qui avons donné au monde arabe et au monde tout court des hommes comme Riad el-Solh, Charles Malek, Michel Chiha, Ghassan Tuéni et tant d’autres. Heureux temps où il faisait bon être libanais!
Et quand l’héritier de saint Pierre relit l’histoire, Il nous replonge dans les vicissitudes de ce XIVe siècle qu’il a malheureusement visité... en matière de leçon. Il aurait mieux valu réciter celles, pleines de compassion et d’ouverture, de Jean-Paul II. Est-il interdit de s’interroger à ce propos sur l’infaillibilité du Saint-Père? Qui a vu les réactions aux caricatures du Prophète ou – pauvres de nous – d’une piètre émission satirique aurait tourné la langue 77 fois 7 fois, à la façon de Jésus le révolutionnaire...
Étonnés et désolés de l’impact des propos? L’histoire se répète... Car chez nous, l’étonnement est monnaie courante. Un commandant en chef de l’armée a voulu un jour chasser les Syriens du Liban; il a réussi à en chasser les Libanais à grands coups de balai – Libanais qu’on n’a plus jamais revus, et on s’est étonné des résultats de son action.
En juillet 2006, le Hezb de Dieu – encore Lui! – a voulu donner une leçon à l’État hébreu, et il a encore chassé beaucoup d’autres Libanais – Libanais qu’on ne reverra pas plus que les autres. Et on s’est étonné de l’ampleur de la réaction des Israéliens. Quoi? Un ennemi se comporte en ennemi? Bizarre…
Alors, entre Dieu et Ses hommes, faut-il que les quelques Libanais qui restent récitent leur dernière prière et reçoivent l’extrême-onction? Qui va la leur donner? (qu’Il me pardonne), Dieu n’est pas disponible... Il fait la guerre et Ses représentants chargent les armes...
Ghada Hawawini COSTANIAN
Trouvez-vous, dans le marasme dans lequel nous baignons, ce Dieu que l’on malmène, que l’on émiette et que l’on s’approprie ?
On Lui invente des partis, et on mène en Son nom des parties et des joutes armées et verbales plus meurtrières les unes que les autres.
Du Liban, pays-message, que reste-t-il?
Les coupoles des églises et les minarets des mosquées qui se font concert seront-ils réduits à des vestiges destinés aux exclamations nostalgiques des touristes?
De part et d’autre, les passions se déchaînent, les menaces pleuvent, les défis se multiplient et les mémoires déversent leur rancœur. Mais de part et d’autre aussi, les voix raisonnables tentent de murmurer dans le vacarme pour calmer les fièvres incendiaires.
Durant les 33 jours du calvaire estival, les nerfs des Libanais ont été torturés,...
Iran - USA - Liban : tout peut changer en quelques heures.
Restez informés pour seulement 10 $/mois au lieu de 21.5 $, pendant 1 an.
Abonnez-vous pour 1$ et accédez à une information indépendante.
Dans votre abonnement numérique : la version PDF du quotidien L’Orient-Le Jour, des newsletters réservées aux abonnés ainsi qu'un accès illimité à 3 médias en ligne : L’Orient-Le Jour, L’Orient Today et L’Orient Littéraire.