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Commémorations

Cinq ans après le 11 septembre 2001 aux États-Unis, les Américains ont commémoré dans le silence et l’émotion le souvenir de près de 3000 victimes des attentats. Il y a près d’un mois, c’était le 61e anniversaire de la catastrophe de Hiroshima, laquelle, en moins de 9 secondes, avait fait 200000 victimes. On commémore encore les victimes de la Shoah, celles du Rwanda, du Kosovo, de l’Afrique du Sud, etc. Qu’en est-il de toutes les victimes qui n’apparaissent pas dans les pages écrites des mémoires nationales et internationales? Sont-elles acculées à sombrer dans l’oubli si leur destin n’a pas été jugé «digne» de faire la une des journaux, des livres d’histoire, des discours de politiciens et d’experts? Il y a quelques jours, le 10 septembre, nous avons commémoré la disparition de mon beau-père, Gebran Badine, assassiné il y a deux ans en Irak suite à un kidnapping qui a « mal tourné». Gebran avait la double nationalité libanaise et canadienne. Le dossier de son meurtre, ainsi que celui de ses collègues, dont un couple de nouveaux mariés, fut bel et bien enterré. Nous avons été à l’oratoire Saint-Joseph (Montréal) et nous nous sommes recueillis dans la chapelle. Le silence faisait place à toute parole, laquelle ne pouvait exprimer l’avalanche d’émotions: tristesse, déni, rage, colère, résignation, nostalgie, et quelques sourires esquissés de temps à autre au souvenir d’agréables moments passés ensemble. Un lourd silence pesait sur nos âmes tourmentées par la guerre, l’exil et les massacres continus. Pourquoi toi? Pourquoi pas un faiseur de guerre? Gebran, tu nous manques énormément. Nous prononçons rarement ton nom. Le traumatisme qui a frappé les membres de la famille est loin d’être surmonté. L’histoire se rappellera-t-elle de toi? Toi, l’ardent défenseur de la liberté, l’indépendance, la démocratie, l’unité panarabe, le dialogue au quotidien au-delà des appartenances confessionnelles; le businessman accompli, le père, le mari, le frère et l’ami aimant, le beau-père attentionné? Tout comme le poète et philosophe Gibran Khalil Gibran, tu avais ton Liban lequel tu chérissais, avec sa beauté et ses dilemmes, son vide et son peuplé, sa mer et ses «collines qui s’élèvent avec prestance et magnificence vers le ciel azuré». La colline de Zaarour, tu rêvais d’en faire un havre de paix. Gebran, nous ne t’oublierons pas... Je n’oublierai jamais ton courage, ta ténacité et ton espoir en un meilleur lendemain. Je n’oublierai jamais ta joie de vivre et ton impétuosité. Ta mémoire restera gravée dans nos cœurs, chérie, honorée. Dr Pamela CHRABIEH-BADINE Université de Montréal
Cinq ans après le 11 septembre 2001 aux États-Unis, les Américains ont commémoré dans le silence et l’émotion le souvenir de près de 3000 victimes des attentats. Il y a près d’un mois, c’était le 61e anniversaire de la catastrophe de Hiroshima, laquelle, en moins de 9 secondes, avait fait 200000 victimes. On commémore encore les victimes de la Shoah, celles du Rwanda, du Kosovo, de l’Afrique du Sud, etc. Qu’en est-il de toutes les victimes qui n’apparaissent pas dans les pages écrites des mémoires nationales et internationales? Sont-elles acculées à sombrer dans l’oubli si leur destin n’a pas été jugé «digne» de faire la une des journaux, des livres d’histoire, des discours de politiciens et d’experts?
Il y a quelques jours, le 10 septembre, nous avons commémoré la disparition de mon beau-père,...