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Sur la route frontalière, la paix reste un concept lointain

Du port de Naqoura à la ville martyrisée de Bint Jbeil, sur les 50 km longeant la frontière libano-israélienne, la paix reste un concept lointain, une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, constate Anne Chaon, de l’AFP. Seuls quelques véhicules de l’ONU s’aventurent sur les dix premiers kilomètres au sortir de Naqoura, qui abrite la Finul. Le village de Alma el-Chaab semble assoupi et presque intact, à l’exception des cratères qui éventrent le bitume. La progression est lente. Quelques virages avant el-Dhaira, un char israélien est posté en vigie au sommet d’une colline surplombant la route et plus loin, une chenille d’un tank israélien reste abandonnée sur un chemin de terre, broyé par le passage d’un convoi. Hormis la présence, très ponctuelle, des Casques bleus ghanéens de la Finul qui patrouillent dans ce secteur, les collines et les champs sont livrés à eux-mêmes. Nombre de maisons gardent les volets tirés. À mi-parcours, dans les faubourgs de Aïta el-Chaab, une quinzaine de personnes assises sous un arbre attendent le minibus qui doit les ramener à Beyrouth. « Nous repartons après avoir assisté à un enterrement. Ici, nous n’avons plus de maison », confie Jamil Srour. Le cœur de Aïta el-Chaab n’est que chaos. Des dizaines de voitures, rôties ou ensevelies sous des amas de béton, bordent la rue principale. De la mosquée à l’entrée ne subsiste que le minaret. Un édile, Ali Srour, fait ses comptes : « Nous avons perdu la moitié des 1 150 logements de la ville. Ceux qui reviennent ne peuvent rester. Ils n’ont ni maison, ni eau, ni électricité, rien à manger. » Enfin presque. Les gens considèrent trop grasses les rations de riz au poulet offertes par le Qatar. « Ils feraient mieux de donner 2 000 dollars par famille pour redémarrer », lance-t-il. Le village de Aïn Ebel et sa Vierge Marie ont échappé au pire. « Les combattants du Hezbollah tiraient depuis nos rues », lance Fadwa, heureuse de retrouver sa terrasse et ses pommes vertes, même sans eau ni électricité. Trois kilomètres plus loin, l’enfer s’est déchaîné sur Bint Jbeil. De cette localité ne subsiste même plus une silhouette. La rue principale est à plat, ses commerces soufflés, des obus dans les cours et un missile de 75 kg en travers du trottoir. Les rues adjacentes sont barrées par des tonnes de gravats.
Du port de Naqoura à la ville martyrisée de Bint Jbeil, sur les 50 km longeant la frontière libano-israélienne, la paix reste un concept lointain, une semaine après l’entrée en vigueur du cessez-le-feu, constate Anne Chaon, de l’AFP. Seuls quelques véhicules de l’ONU s’aventurent sur les dix premiers kilomètres au sortir de Naqoura, qui abrite la Finul.
Le village de Alma el-Chaab semble assoupi et presque intact, à l’exception des cratères qui éventrent le bitume. La progression est lente. Quelques virages avant el-Dhaira, un char israélien est posté en vigie au sommet d’une colline surplombant la route et plus loin, une chenille d’un tank israélien reste abandonnée sur un chemin de terre, broyé par le passage d’un convoi.
Hormis la présence, très ponctuelle, des Casques bleus ghanéens de la Finul...