Les juifs américains se mobilisent pour lever des fonds en faveur d’Israël en ce temps de crise, une démarche critiquée par certains dans la communauté qui voudraient voir l’argent destiné aussi à la reconstruction du Liban.
La fédération des Communautés juives unies (UJC), qui réunit plus de 500 groupes, a lancé une campagne d’urgence, une des plus massives de son histoire, en vue de collecter 300 millions de dollars pour soutenir les personnes déplacées dans le nord d’Israël et reconstruire cette région.
« Comme cela a été le cas en 1948, 1967 et 1973, la communauté juive nord-américaine sera aux côtés de nos frères et sœurs », explique Robert Goldberg, président du conseil d’UJC, dont l’opération a démarré lundi dans une centaine de villes avec une intervention vidéo du Premier ministre israélien, Ehud Olmert.
Mais le mouvement ne fait pas l’unanimité. Pour le rabbin californien Michael Lerner, l’argent doit aller aussi au Liban.
Chaque don à cette campagne est « un vote pour la guerre », regrette le directeur de la revue juive de gauche Tikkun, qui revendique un tirage de 100 000 exemplaires, et prépare une collecte destinée aux deux pays : « Le seul moyen de construire la paix est de permettre un nouvel esprit d’ouverture entre juifs, Arabes, musulmans. »
« Bien des juifs dans ce pays sont contre cette guerre, assure M. Lerner. Ne vous méprenez pas : je suis partisan d’Israël. Mais je crois que son intérêt réside dans une réconciliation du cœur et un accord politique... Le bombardement du Liban et la destruction des infrastructures sont une tragédie moralement scandaleuse et stratégiquement autodestructrice. »
Pour David Myers, directeur du Centre des études juives à l’Université de Californie (UCLA), « les juifs, quoi qu’ils pensent de la politique israélienne, doivent aider à secourir toutes les victimes innocentes de cette guerre, des deux côtés ».
« Nous nous soucions avec passion du bien-être d’Israël, et un plan humanitaire plus large est dans son intérêt, continue M. Myers. Mais nous ne pouvons fermer les yeux sur l’incroyable dévastation au Liban. »
Au Comité juif américain, doyen des organisations juives, on pense cependant qu’un appel à des dons communs est « prématuré » : « Ce serait à étudier après un cessez-le-feu et un désarmement total du Hezbollah », dit son porte-parole, Kenneth Bandler.
« La priorité est d’aider les Israéliens, juifs, chrétiens, musulmans... Nous aidons les communautés arabes (en Israël), que le Hezbollah n’a pas l’air gêné de heurter », ajoute M. Bandler.
David Myers l’admet : sa mouvance représente une minorité parmi les organisations juives américaines. « En général les organisations adhèrent à la politique du gouvernement israélien », relève-t-il, un cas fréquent selon lui au sein des diasporas de toutes origines, souvent plus radicales et monolithiques que la population même du pays d’origine.
Mais « une majorité de juifs américains ne sont affiliés à aucune organisation », ajoute-t-il, espérant, à coups d’initiatives locales, convaincre de l’utilité d’un « plan Marshall » pour la région.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Les juifs américains se mobilisent pour lever des fonds en faveur d’Israël en ce temps de crise, une démarche critiquée par certains dans la communauté qui voudraient voir l’argent destiné aussi à la reconstruction du Liban.
La fédération des Communautés juives unies (UJC), qui réunit plus de 500 groupes, a lancé une campagne d’urgence, une des plus massives de son histoire, en vue de collecter 300 millions de dollars pour soutenir les personnes déplacées dans le nord d’Israël et reconstruire cette région.
« Comme cela a été le cas en 1948, 1967 et 1973, la communauté juive nord-américaine sera aux côtés de nos frères et sœurs », explique Robert Goldberg, président du conseil d’UJC, dont l’opération a démarré lundi dans une centaine de villes avec une intervention vidéo du Premier ministre...