Démoralisée, Beyrouth voit ses rêves
de renaissance anéantis
le 03 août 2006 à 00h00
« Les beaux jours sont finis », soupire Chirine Salha. La jeune femme voit son pays sombrer de nouveau dans la violence, et se clore avec fracas la période de renaissance qu’a connue Beyrouth après la fin de la guerre.
« Les missiles ne nous tombent pas dessus, mais il n’y a plus ni travail, ni essence, ni électricité », constate Chirine, directrice financière de l’hôtel Phoenicia, un des plus beaux établissements de la ville, qui est aujourd’hui désert, rapporte Jailan Zayan de l’AFP.
Les files d’attente se sont formées aux stations-service, les commerces de luxe sont fermés, et les quelques magasins ouverts vivotent, alors que les commerçants jouent aux cartes en attendant un chaland qui se fait rare. « Nous étions si heureux de nous débarrasser des stigmates de la guerre », poursuit Chirine, qui a aménagé un abri dans la cave de son immeuble de Beyrouth avec des matelas, de l’eau, des conserves et des bougies, renouant avec les vieux réflexes d’une population qui a vécu la guerre. Youssef Kobeissi, un homme d’affaires de 50 ans, est resté au Liban durant toute la guerre, en changeant de maisons et même de villes au gré des événements. Mais cette fois, il n’a pas l’intention de bouger. « Nous sommes trop fatigués », dit-il.
Les parents de M. Kobeissi ont quitté leur localité d’Ansar pour venir se réfugier chez lui. « Nous vivons à 30 dans ma maison. Nous sommes habitués aux pénuries d’essence et d’électricité, mais ce sont les morts et les destructions que nous ne pouvons plus supporter. »
Nizar Attrisi, 33 ans, professeur d’économie à l’Université Saint-Joseph, sait qu’il ne peut pas se consoler de la fausse tranquillité qui règne à Beyrouth. « Nous ne pouvons plus regarder ces images à la télévision et dire que tout va bien, même si Beyrouth est épargnée », explique-t-il. Et il se raccroche à l’espoir de reprendre ses cours en septembre. « Nous ne savons pas ce que demain nous réserve. À chaque jour suffit sa peine », dit-il.
« Les beaux jours sont finis », soupire Chirine Salha. La jeune femme voit son pays sombrer de nouveau dans la violence, et se clore avec fracas la période de renaissance qu’a connue Beyrouth après la fin de la guerre.
« Les missiles ne nous tombent pas dessus, mais il n’y a plus ni travail, ni essence, ni électricité », constate Chirine, directrice financière de l’hôtel Phoenicia, un des plus beaux établissements de la ville, qui est aujourd’hui désert, rapporte Jailan Zayan de l’AFP.
Les files d’attente se sont formées aux stations-service, les commerces de luxe sont fermés, et les quelques magasins ouverts vivotent, alors que les commerçants jouent aux cartes en attendant un chaland qui se fait rare. « Nous étions si heureux de nous débarrasser des stigmates de la guerre », poursuit Chirine, qui a...
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