Kassem Chalhoub fait un décompte macabre, alors que le silence est tombé sur les ruines de l’abri où lui et sa famille avaient trouvé refuge à Cana. Ses proches sont tous morts dans le bombardement aérien le plus meurtrier depuis le début de l’offensive israélienne au Liban, rapporte Charles Levinson, de l’AFP.
« Mes cinq enfants sont morts. Ma femme est morte. Ma mère est morte », sanglote M. Chalhoub sur son lit d’hôpital à Tyr, où il a été transporté plusieurs heures après que les bombes de l’armée israélienne eurent frappé l’abri où il passait la nuit avec 60 autres personnes.
Il poursuit sa litanie : « Mes neveux sont morts. Mon oncle, du côté de mon père, mort, ses enfants, morts. Mon oncle, du côté de ma mère et ses enfants, tous morts. »
À environ 01h00 dimanche, le bombardement aérien a frappé le village endormi de Cana. Selon un témoin, 80 bombes ont explosé sur la bourgade et ses alentours entre le coucher et le lever du soleil. Et les deux missiles qui ont détruit l’abri où Kassem Chalhoub s’était installé ont tué plus de 50 personnes, dont de nombreux enfants.
La première chose dont je me souviens, c’est que l’explosion m’a fait dégringoler. « Ma tête s’est cognée contre le mur et j’ai entendu des cris », a poursuivi Kassem. « Ils m’appelaient tous. » Ils disaient : « Il faut arrêter le sang. » D’autres disaient : « Sors mon fils de sous les décombres. »
Kassem Chalhoub affirme qu’il a réussi à sortir trois blessés des gravats, mais les autres sont restés prisonniers de la gangue de béton et de terre qui les a recouverts. Quand les secouristes sont arrivés, il était trop tard : ils ont retiré des brèches de l’immeuble effondré, les corps sans vie pris dans un linceul de poussière et de sang.
Ceux qui ont trouvé la mort ici sont des femmes, des enfants et des infirmes, et deux familles en particulier ont été décimées, les Chalhoub et les Hachem. Leurs cadavres ont été extraits de leur sépulcre de béton tout au long de la journée de dimanche et transportés à la morgue de la ville de Tyr.
Lorsque le premier missile a touché le bâtiment, Rabab Chalhoub, une parente de Kassem, tenait son enfant de quatre ans sur ses genoux.
« J’étais allongée là, couverte de décombres », explique-t-elle, couchée sur son lit d’hôpital. Elle tend la main dans un geste d’infinie tendresse vers le berceau dans lequel repose son fils de quatre ans, le seul qu’elle a pu sauver. « Au début, je me suis libérée et ensuite j’ai dégagé mon fils et je l’ai donné à mon voisin. » « Mon mari me criait : « Je suis près de toi. » « J’ai essayé de le dégager des débris qui le couvraient. Il était paralysé. Deux garçons sont venus et l’ont emmené. »
Rabab n’a jamais retrouvé sa fille âgée de six ans. « J’ai commencé à chercher ma petite fille. J’essayais de la sauver. Je n’ai pas réussi. Je n’ai pas réussi à la trouver. Je l’ai laissée parce que j’avais peur qu’ils frappent le bâtiment à nouveau. »
Rabab est une des huit rescapés qui ont survécu à l’attaque et ont pu fuir, saignant de la tête, des membres fracturés, et serrant contre eux des enfants morts. Mais ils devront attendre des heures avant que l’aide n’arrive.
Les survivants ont affirmé qu’un torrent de missiles et de bombes a continué à pleuvoir jusqu’à l’aube. « Si Israël n’avait pas continué à nous bombarder, nous aurions pu sauver la moitié des enfants », poursuit Rabab.
Ils ont passé la nuit, soignant leurs blessures sous un arbre ou dans les maisons de leurs voisins, alors que les hélicoptères, des avions et des drones continuaient de survoler le village.
Ceux qui ont survécu laissent exploser leur colère. Hala Chalhoub, 24 ans, a réussi à s’enfuir avec une simple blessure à la tête. Ses deux filles, âgées de 1 et 3 ans, sont mortes. Elle a passé la nuit attendant l’aide, récitant des versets du Coran et jurant vengeance. « Les juifs sont lâches et ils paieront pour ce qu’ils ont fait », assure-t-elle sur son lit d’hôpital, une lueur de rage dans les yeux.
« Ils ne pourront pas défaire la Résistance. Ils le savent bien, ces animaux, et c’est pour cela qu’ils se vengent contre des civils innocents. »
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Kassem Chalhoub fait un décompte macabre, alors que le silence est tombé sur les ruines de l’abri où lui et sa famille avaient trouvé refuge à Cana. Ses proches sont tous morts dans le bombardement aérien le plus meurtrier depuis le début de l’offensive israélienne au Liban, rapporte Charles Levinson, de l’AFP.
« Mes cinq enfants sont morts. Ma femme est morte. Ma mère est morte », sanglote M. Chalhoub sur son lit d’hôpital à Tyr, où il a été transporté plusieurs heures après que les bombes de l’armée israélienne eurent frappé l’abri où il passait la nuit avec 60 autres personnes.
Il poursuit sa litanie : « Mes neveux sont morts. Mon oncle, du côté de mon père, mort, ses enfants, morts. Mon oncle, du côté de ma mère et ses enfants, tous morts. »
À environ 01h00 dimanche, le bombardement...