L’inqualifiable tuerie. Ce que cette guerre a révélé de façon éclatante, c’est le visage terroriste d’Israël. Celui de l’Irgoun, celui de Deir Yassine. Certes, l’étincelle qui a provoqué cet incendie est venue du Liban. Mais par l’ampleur de la riposte israélienne, on s’est très vite rendu compte qu’il s’agissait d’un plan d’agression plutôt que d’une réaction de défense. La politique israélienne est une politique de domination, de conquête, non de défense.
Mais quelle que soit la barbarie dont Israël a fait preuve, les civils devraient toujours être tenus à l’écart d’actions qui pourraient entraîner des représailles qui les affecteraient, prévoit la convention de Genève.
Cela dit, affirmons haut et fort qu’il n’y a pas d’issue à cette guerre. Nous sommes en présence d’un conflit stérile dont un pays tout entier est l’otage. Le Premier ministre israélien se fait des illusions : on ne brise pas une Résistance qui fait preuve d’autant de pugnacité que de mobilité. La seule issue du conflit est une issue négociée, et le seul plan de règlement viable est le plan en sept points approuvé par le gouvernement, qui commence par un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel et s’achève par l’extension de l’autorité de l’État au Liban-Sud.
D’ores et déjà, c’est aux retombées de cette guerre sur l’équilibre des forces internes au Liban qu’il faut accorder toute notre attention. C’est la tâche délicate qui va incomber au Premier ministre. Le salut réside dans l’intégration à l’État de la Résistance. Mais à quel prix, cela reste à discuter. Une chose est sûre, l’équilibre communautaire sur lequel repose le Liban n’en sera pas modifié, car cela signifierait le naufrage même du Liban.
Walid Joumblatt a affirmé craindre les retombées d’une « victoire » du Hezbollah sur le pluralisme et les libertés publiques. Comme lui, avec lui, on a le droit de poser certaines questions au Hezbollah, et d’en attendre des réponses claires. Ses forces sont-elles proportionnelles aux besoins « défensifs » du Liban ? Que veut exactement le Hezbollah ? Défendre le Liban ou détruire Israël ? Jusqu’où compte-t-il remonter dans la chaîne des causes et effets ? Cherche-t-il à inscrire le conflit dans une problématique sans autre solution qu’une défaite absolue ou une victoire absolue ? Ce serait se diriger droit vers un « combat final » qui ressemble à un suicide collectif.
Enfin, au sujet de la présence de Tarek Mitri à l’ONU. Homme de culture et de dialogue, il sait mieux que personne les enjeux culturels et religieux de l’affrontement en cours. Un affrontement qui, qu’on le reconnaisse ou non, est un choc entre deux cultures théocentriques, quel que soit le degré de sécularisation de la société israélienne. Qui mieux que le vrai Liban, « le Liban message de pluralisme », peut se poser en meilleur médiateur pour résoudre ce conflit au niveau non des armes, mais des valeurs ?
Fady NOUN
L’inqualifiable tuerie. Ce que cette guerre a révélé de façon éclatante, c’est le visage terroriste d’Israël. Celui de l’Irgoun, celui de Deir Yassine. Certes, l’étincelle qui a provoqué cet incendie est venue du Liban. Mais par l’ampleur de la riposte israélienne, on s’est très vite rendu compte qu’il s’agissait d’un plan d’agression plutôt que d’une réaction de défense. La politique israélienne est une politique de domination, de conquête, non de défense.
Mais quelle que soit la barbarie dont Israël a fait preuve, les civils devraient toujours être tenus à l’écart d’actions qui pourraient entraîner des représailles qui les affecteraient, prévoit la convention de Genève.
Cela dit, affirmons haut et fort qu’il n’y a pas d’issue à cette guerre. Nous sommes en présence d’un...
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