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Actualités - Interview

TROIS questions À... Arslan Sinno, président du Rassemblement des propriétaires de minoteries

Q - Dans une économie de guerre, les minoteries sont dans le collimateur. Quel est l’état des lieux, aujourd’hui ? A. S. – «En stockant le pain, un produit périssable, les Libanais sont en train de priver d’autres citoyens de cette denrée alimentaire essentielle. Dans les circonstances ordinaires, la quantité de blé disponible aujourd’hui dans les silos et les minoteries, environ 60 000 tonnes, aurait suffi à la consommation locale pour une période de deux mois. Le Liban consomme entre 1 000 et 1 200 tonnes de blé par jour. D’autres quantités de blé local (ou durum) sont disponibles sur le marché, mais celles-ci ne sont pas adaptées à la production du pain libanais. Au cas où il serait difficile d’importer du blé, les boulangers devraient incorporer 30 % de blé local au mélange de la pâte destinée à la fabrication du pain. En temps normal, cette proportion n’est que de 10 %. La qualité du pain, cependant, ne serait pas la même que celle proposée en ce moment. Si l’on décide d’importer aujourd’hui du blé, il faudrait au moins un mois pour que ce blé soit livré aux minoteries. La procédure administrative à l’Office national des céréales est lente.» Q - Auriez-vous une proposition à faire dans les circonstances difficiles que traverse le pays ? A. S. – «Sur base des propos tenus par le président Jacques Chirac sur la création de corridors humanitaires, j’ai proposé aux instances françaises compétentes que certains dons français portent sur des quantités de blé. Le blé français est de bonne qualité et il n’est pas commercialisé au Liban en raison de son prix élevé. L’envoi de blé français au Liban serait une occasion pour familiariser les minotiers et les boulangeries à ce genre de blé. Vu le blocus, l’inspection des chargements de blé est relativement facile, aucune arme ou autres outils ne pouvant y être cachés. De plus, le transport du blé se fait de point à point, c’est-à-dire d’un port spécialisé vers un autre port spécialisé. Je propose également que le ministère de l’Économie effectue un recensement pointilleux des quantités de blé disponibles sur le marché pour être fixé sur les proportions des ingrédients du mélange destiné à la fabrication du pain libanais.» Q – Auriez-vous en tant que rassemblement de propriétaires de minoteries une stratégie pour le transport et la distribution ? De même auriez-vous une stratégie organisant la consommation ? A. S. – «On n’a pas de stratégie pour le transport et la distribution. On essaie simplement de motiver les ouvriers et les chauffeurs de camion en relevant leurs rémunérations. Le prix du mazout est par ailleurs passé de 600 à 900 dollars. Les coûts de production additionnels se sont répercutés sur le prix du pain, qui a augmenté d’une manière « raisonnable ». En ce qui concerne l’organisation de la consommation, c’est une question qui est du ressort du gouvernement. Un éventuel rationnement du pain créerait un marché noir parallèle.» Liliane MOKBEL
Q - Dans une économie de guerre, les minoteries sont dans le collimateur. Quel est l’état des lieux, aujourd’hui ?
A. S. – «En stockant le pain, un produit périssable, les Libanais sont en train de priver d’autres citoyens de cette denrée alimentaire essentielle. Dans les circonstances ordinaires, la quantité de blé disponible aujourd’hui dans les silos et les minoteries, environ 60 000 tonnes, aurait suffi à la consommation locale pour une période de deux mois. Le Liban consomme entre 1 000 et 1 200 tonnes de blé par jour. D’autres quantités de blé local (ou durum) sont disponibles sur le marché, mais celles-ci ne sont pas adaptées à la production du pain libanais. Au cas où il serait difficile d’importer du blé, les boulangers devraient incorporer 30 % de blé local au mélange de la pâte destinée à...